26 mai 2008 - 12:40 |

Perspective d'une production record de céréales en 2008/09

mais les prix devraient demeurer sous tension, selon la FAO

(26/05/08) Les récoltes mondiales de céréales seront exceptionnelles cette année mais elles ne suffiront sans doute pas à protéger les pays les plus pauvres d’une facture alimentaire quatre fois plus élevée qu’au début de la décennie, annonce jeudi l’Organisation de l’Onu pour l’alimentation et l’agriculture (FAO).
Des ensemencements en hausse couplés à de bonnes conditions climatiques vont permettre une hausse de 8,7% de la récolte de blé par rapport à l’année dernière, une perspective qui a favorisé une baisse de 50% de sa valeur depuis le mois de février, rapporte la FAO. En revanche, pour le riz, denrée de base de plus de la moitié de la planète, l’offre ne parvient pas à répondre à la demande et les pays qui dépendent des importations pourraient voir leur facture s’alourdir de 40% cette année, comme ce fut le cas en 2007.
“La hausse soutenue des dépenses liées à l’importation de nourriture (des pays pauvres) est très inquiétante”, écrit la FAO dans ses dernières “Perspectives de l’alimentation”, ajoutant que “le panier annuel d’importations alimentaires de ces pays pourrait coûter quatre fois plus cher qu’en 2000”. Les cours internationaux de la plupart des denrées agricoles de base ont commencé à baisser, mais il est peu probable qu’ils retombent aux bas niveaux des années précédentes, précise le rapport.
L’indice FAO des prix alimentaires est demeuré stable depuis février 2008, mais la moyenne des quatre premiers mois de l’année reste encore supérieure de 53 à la même période de l’année dernière.
Au total, la production mondiale de céréales devrait grimper de 3,8
, pour atteindre un record de 2,2 milliards de tonnes, en particulier grâce aux bonnes récoltes de blé. Cette année, les Etats-Unis vont produire 16% de plus de blé qu’en 2007, ce qui sera la récolte la plus féconde depuis 1996. L’Union européenne, où a été suspendue l’application de la législation sur la jachère, devrait quant à elle bénéficier d’une récolte de blé en hausse de 13%.
La hausse continue de la demande, les coûts élevés et la nécessité de reconstituer les stocks empêcheront toutefois les prix de s’effondrer.
La récolte de riz devrait quant à elle croître de 2,3% cette année et, contrairement à ce qui s’était produit l’année dernière, la production de riz sera supérieure à sa consommation. Mais les interdictions d’exporter en vigueur dans certains pays qui veulent garantir l’approvisionnement de leur marché, signifient qu’il n’y aura sans doute pas suffisamment de riz disponible sur les marchés internationaux pour faire baisser les cours de la céréale, qui a grimpé de 71% lors des quatre premiers mois de l’année.
“La pression pourrait se relâcher considérablement si l’Inde, qui s’apprête à effectuer une deuxième récolte exceptionnelle, venait à lever les freins à l’exportation”, estime la FAO.
La hausse globale du prix des récoltes observée l’année dernière alimentée par une conjonction de facteurs, dont l’accroissement de la demande en provenance des pays émergents, la croissance des surfaces consacrées aux biocarburants et l’effet de la hausse du prix du pétrole, à la fois sur le coût de la production et sur celui de la distribution. Selon la FAO, les quantités de blé utilisées pour produire des carburants vont augmenter de 40% cette année. Sur un total de 98 millions de tonnes utilisées pour les biocarburants, le maïs représente 92 millions de tonnes, dont 79 millions seront transformées en éthanol aux Etats-Unis.

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