26 mai 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Les cours du pétrole et le dollar soutiennent les produits agricoles

(26/05/2011) Deux séances consécutives de hausse pour les commodities avec un cours du pétrole qui est retourné au dessus de $100 le baril. L’indice Reuters-Jefferies a gagné 1,6%. L’accès de faiblesse du dollar a également soutenu les marchés. Cacao, café, sucre, caoutchouc, coton huile de palme, thé … se sont tous appréciés.

CACAO A l’instar des autres commodities, le cacao a terminé en hausse mercredi, le contrat de juillet gagnant $78 à $2 962 la tonne à New York et £ 48 à £ 1 867 la tonne à Londres. Mais avec la reprise graduelle des exportations ivoiriennes, les fondamentaux sont plutôt baissiers. La Commerzbank envisage un prix de £ 1 800 la tonne à la fin de l’année 2011.
Les arrivées de cacao dans les ports de Côte-d’Ivoire à 1 068 918 tonnes au 15 mai sont en hausse de 13% par rapport à la campagne 2009/10 (946 644 tonnes) et ce en dépit de la contrebande vers le Ghana, selon les chiffres de la Bourse du Cacao et du Café (BCC). Au 22 mai, les exportateurs esitment que les arrivées atteindraient 1 093 000 tonnes. «Nous avons vu beaucoup plus de fèves dans les ports que ce qu nous avions prévu, car il y a beaucoup de cacao disponibles ” a indiqué un directeur d’une société d’exportation basée à Abidjan. Ajoutant ”Nous ne sommes pas trop inquiets sur la quantité, mais sur la qualité pourrait poser un problème. Les chargements sont arrivés avec de la moisissure en raison de l’humidité.” Un autre exportateur, basé à Abidjan, souligne que une forte demande de fèves en provenance des sociétés locales de broyages, dont la capacité totale est de 521 000 tonnes de fèves.

CAFÉ Le marché s’est calmé en fluctuation variant entre 259 et 268cents avec des volumes diminuant régulièrement. L’activité est très réduite en Arabica et globalement faible en Robusta. Néanmoins, les différentiels en Robusta continuent à flamber aux origines particulièrement en Indonésie. « L’ambiance est plutôt à la baisse des cours, les stocks s’accumulent en Europe et aux Etats Unis. Difficile de se positionner, la “wait and see attitude” est très en vogue » souligne un courtier. Les estimations de la récolte du Brésil restent autour de 44 millions de sacs, ce qui est peu. _ « Mais, le marché a peut être déjà anticiper ces chiffres, qui s’ils s’avéraient exacts entraîneraient un déficit, pour autant que la consommation ne baisse pas »_ajoute t’il.
L’organisation internationale du café (OIC) a estimé que la demande mondiale ne devrait pas être affectée par le doublemment des prix du café sur les 12 derniers mois et donc continuer sa progression, notamment grace à l’amélioration du niveau de vie en Asie. La consommation mondiale a grimpé de 2,4% en 2010 pour atteindre un niveau record à 134 millions de sacs de 60 kg. L’OIC voit cette tendance se poursuivre malgré la hausse des cours. La croissance de la demande en Chine, où le café est principalement consommé dans des restaurants ou des chaînes spécialisées, ne devrait pas ralentir. Même constat pour la consommation en Inde, même si certains mélanges privilégient désormais leRobusta au détriment de l’Arabica, plus onéreux. Dans les marchés déjà matures, comme l’Allemagne, les hausses de prix ont été limitées par la concurrence féroce qui oppose les distributeurs, ce qui soutient également la demande.
En Ouganda, les bonnes conditions climatiques devraient permettre de doper la récolte du café au cours des six derniers mois de la saison 2010/2011 (octobre-septembre) et de compenser les faibles rendements au premier semestre, estime l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA). L’Ouganda a exporté pour 1,5 millions de sacs de 60 kg de café dans les sept premiers mois de cette campagne.

CAOUTCHOUC Les cours à termes sur le marché de Tokyo ont atteint un plus haut d’un mois jeudi portés par la hausse des prix du pétrole ainsi que celle du caoutchouc sur le marché de Shanghai. La hausse a toutefois été limitée par la prise des bénéfices. Le contrat de référence nouvellement lancé sur le Tokyo Commodity Exchange pour la livraison novembre a augmenté de 2,5 yens pour s’établir à 391,4 yens ($4,773 ) le kilo. Le contrat pour livraison septembre à Shanghai a progressé de 395 yuans pour clôturer à 32 690 yuans la tonne.
L’Association of natural rubber producing countries (ANRPC) a revu pour la deuxième fois à la baisse ses prévisions de production mondiale de caoutchouc naturel à 9,936 millions de tonnes (Mt) en 2011. Néanmoins, elle progresse tout de même de 4,9% par rapport à 2010 (9,47 Mt). La révision est consécutive à une production anticipée moindre en Indonésie (2,891 Mt contre 2,972 Mt dans la précédente estimation) et aux Philippines (107 000 tonnes contre 114 000 tonnes).

CÉRÉALES Tant à Chicago qu’à Paris, les cours des céréales sont toujours orientés à la hausse sur fonds de mauvaises conditions météorologiques de chaque côté de l’Atlantique. Les pluies excessives retardent les semis de maïs, soja et blé de printemps aux Etats-Unis pouvant réduire les rendements, tandis que les récoltes de blé souffrent de la sécheresse dans le nord de l’Europe et en Chine. L’entrée de la Russie sur le marché du blé pourrait donner un peu de souffle, le pays table sur une production de 55 millions de tonnes (Mt) cette année et pourrait disposer d’un surplus exportable de 15 Mt . Elle pourrait lever son interdiction au 1er juillet.

COTON Pour la deuxième séance consécutive, les cours du coton sont en progression avec en toile de fonds les inquiétudes sur le niveau de la prochaine récolte aux Etats-Unis. Les conditions météorologiques ne sont pas optimales pour les semis avec d’un côté la sécheresse dans l’ouest du Texas ainsi que dans le sud de la Géorgie et les inondations dans le Mississipi. «Nous pouvons nous permettre d’avoir un problème dans une région, mais pas dans eux et certainement pas dans trois, pendant la période de semis » indique Sharon Johnson, analyste senior à Penson Futures. Ainsi, le prix de la nouvelle récolte, le contrat de décembre, a progressé de 5,59 cents à 131,135 cents la livre mercredi. Cette semaine l’écart entre la nouvelle récolte et l’ancienne a été réduit et l’activité était plus dense avec un volume d’échange de 20 112 lots mardi, supérieur à la moyenne des 30 jours après avoir chuté de 70% en dessous de la norme lundi. Sur le marché physique, la demande est toujours absente.
Morgan Stanley a revu mercredi légèrement à la hausse ses prévisions de prix du coton : pour 2011/12, elle prévoit 143 cents la livre , 100 cents pour 2011/12 et 80 cents la livre pour 2012/13.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme se sont propulsé jeudi s à un plus haut de sept semaines. Une deuxième séance consécutive de hausse qui fait suite aux statistiques d’Interlek Testing Services et de la Société générale de surveillance (SGS) montrant une forte hausse des exportations d’huile de palme, respectivement plus 23,4% et plus 16,5%, sur la période du 1er au 25 mai, confirmant la perception du marché d’une solide reprise des exportations et de la demande. L’huile de palme est aussi soutenue par le marché des grains, qui progresse sous l’influence des mauvaises conditions climatiques pour le blé, le maïs et le soja.

RIZ La demande des acheteurs a apporté un certain au prix du riz sur les marchés asiatiques évitant qu’ils chutent significativement au moment où l’offre est en hausse chez les deux premiers exportateurs mondiaux, la Thaïlande et le Vietnam. Le Thaï 100% B a été offert à $490 la tonne, contre $ 500 la semaine dernière et le Vietnam 5% de brisure à $460-465contre $465-475 tandis que le Viet 25% se maintenait à $430 la tonne. Environ 10 navires ont été chargés au port de Bangkok pour un total de 200 000 tonnes de riz, principalement du riz étuvé en direction de l’Afrique. De même, 15 navires ont quitté les ports vietnamiens la semaine dernière avec 156 363 tonnes à destination des pays asiatiques et africains.
Les yeux sont aussi rivés sur l’Inde, qui pourrait revenir sur sont interdiction d’exporter du riz non basmati, en vigueur depuis octobre 2007. Les stocks de riz en Inde ont progressé à 27,8 millions de tonnes (Mt) et le pays anticipe de produire 102 Mt de riz en 2010/11 (juillet-juin). Si les exportations reprenaient, elles pousseraient les prix vers le bas.
L’International Rice Research Institute (IRRI) a estimé mardi que le prix mondial du riz devrait demeurer stable autour ds niveaux actuel en 2012 en raison d’une amélioration de la production et des stocks abondants. ”Si nous avons un temps normal … alors nous devrions être en mesure de produire 460 millions de tonnes (riz usiné) pour 2011-12.” a estimé Samarendu Mohanty économiste senior à l’ IRRI.

THÉ Les prix du thé de qualité supérieure sur le marché aux enchères au Kenya ont brisé cette semaine une série de deux semaines de prix en baisse en progressant légèrement pour s’établir à $3,28 le kilo en moyenne, contre $3,17 la semaine dernière.
Sur la 4 premiers mois de 2011, la production de thé au Kenya totalise 116,6 millions de kilos, soit 20,9% de moins que sur la même période en 2010. Ainsi, le Tea Board of Kenya estime que la production en 2011 ne pourrait s’établir qu’à 360 millions de kilos en 2011 contre 399 millions en 2010.
Les recettes d’exportation de thé du Burundi ont augmenté de 22 en avril par rapport au même mois l’an dernier, en partie en raison de la hausse des volumes de vente, a indiqué mercredi l’Office du thé du Burundi (OTB). Elles s’élèvent à $1,37 millions pour 531 163 kilos vendus, contre $1,12 millions et 428 061 kilos en avril 2010. Néanmoins, le prix moyen à l’exportation moyen a chuté à $2,58 contre $ 2,62 en avril 2010. Remy Ndayininahaze de l’OBT a attribué cette baisse des prix à la crise politique en cours dans les pays arabes comme la Libye, le Yémen et la Syrie. Pour l’ensemble de l’année 2011, l’OBT estime que la production atteindra 9 000 tonnes contre 8 016 tonnes en 2010.
Au Sri Lanka, la production de thé a chuté de 5,6
en avril à 28,5 millions de kg contre 30,2 millions kg dans le même mois l’an dernier. Mais la production sur les quatre premiers mois a augmenté de 2 %t à 106,3 millions de kilos. HD Hemarathne, directeur général du Sri Lanka Tea Board, estime que la production en 2011 devrait atteindre un nouveau record dépassant celle de 2010 à 329,4 millions de kilos.

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