26 juin 2019 - 11:18 |

Les exportations agricoles des pays africains ont doublé en 10 ans

Dans sa Revue annuelle de l’efficacité du développement (RAED) consacrée à l'intégration de l'Afrique pour cette édition 2019, la Banque africaine de développement (BAD) souligne que "malgré quelques réalisations marquantes, le commerce intra-africain reste faible. Les obstacles aux échanges — notamment le coût élevé du commerce transfrontalier — restent importants. Des efforts notables ont été déployés pour améliorer la connectivité des infrastructures et créer des environnements politiques propices aux entreprises, et les communautés économiques régionales continuent de promouvoir l’harmonisation institutionnelle, mais des progrès restent à faire dans de nombreux domaines."

La productivité agricole atteint $ 1692 par travailleur

La balance commerciale agricole nette de l’Afrique s'est largement améliorée tout en demeurant largement négative, passant de $ -38,9 milliards en 2015 à -24,8 milliards en 2018. "Au cours des dix dernières années, les exportations agricoles des pays africains ont presque doublé", souligne l'institution qui regrette, toutefois, que "malgré cela, le déficit commercial des pays à faible revenu a légèrement augmenté."

Si les rendements des cultures en Afrique ont connu une tendance à la hausse ces dernières années, en 2018, les rendements céréaliers moyens sont descendus à 1,5 tonne par hectare, soit en dessous des niveaux de 2015. "Cela est probablement dû à la sécheresse, la menace du légionnaire d’automne et l’indisponibilité de variétés améliorées." D'autre part, "la productivité agricole a atteint $ 1692 par travailleur, contre $ 1544 en 2015, mais elle reste inférieure à l’objectif."

La part de l’Afrique dans la valeur marchande des principaux produits transformés a légèrement augmenté, passant de 10,3 % en 2015 à 11 % en 2018. La consommation d’engrais est restée constante depuis 2015, à 25 kg par hectare.

Pour sa part, la BAD annonce avoir fourni 1,7 million de tonnes d’intrants agricoles (engrais, semences, etc.), contre 600 000 t en 2015. En matière de gestion de l'eau pour l'agriculture, la BAD souligne avoir  apporté une gestion améliorée de l’eau sur 20 900 ha.

"Les investissements dans la recherche agricole et dans les politiques de promotion de l’innovation technologique demeurent insuffisants", constate l'institution.

La lutte contre le changement climatique s'intensifie à la BAD

Et la BAD de mettre en avant les projets qu'elle a mis en œuvre à cet égard, notamment dans le cadre de son programme Nourrir l’Afrique, "l’un de nos High 5", rappelle-t-elle. "En 2018, 19 millions de personnes ont bénéficié d’une amélioration de l’agriculture grâce à nos projets, soit bien au-delà de notre objectif de 6,3 millions. Sur ce total, on compte 9,3 millions de femmes, soit trois fois plus que notre objectif." Mais, déplore-t-elle, "la lenteur de l’adoption des nouvelles technologies agricoles a freiné nos activités destinées à améliorer la gestion de l’eau et à moderniser les techniques agricoles."

Soulignant l'importance du développement de l’infrastructure rurale, l'institution fait remarquer que "Grâce à nos projets, 3400 km de routes de desserte ont été construits ou réhabilités, contre 800 km en 2015, soit plus du double de notre objectif, fixé à 1500 km."

L'Afrique a de beaux jours devant elle, souligne le rapport. "Au cours des cinq prochaines années, l’Afrique devrait connaître sa croissance la plus rapide à ce jour. En 2019, parmi les pays au monde dont la croissance sera la plus rapide, près de la moitié sont en Afrique". Mais il faut s'atteler à des défis majeurs dont les 23,9 millions de réfugiés recensés sur le continent mais aussi le changement climatique : 80% des pays du monde les plus vulnérables se trouvent en Afrique. La BAD souligne qu'en 2018, la part de la lutte contre le changement climatique dans ses opérations du financement a augmenté, passant de 15 % en 2015 à 32 %.

Secteurs: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +