26 juillet 2009 - 12:53 |

La CEMAC touchée par la chute des cours du pétrole, du bois et des produits de base

Des déficits budgétaires insoutenables, mais des réserves de change confortables, selon le FMI

(25/07/09) Le Fonds monétaire international (FMI) a publié le 22 juillet une note sur « La crise financière internationale et la récession mondiale : impact sur la région de la CEMAC et considérations stratégiques ». Nous reprenons ci-dessous certains éléments, la note est consultable sur le site Web du FMI (1).

« La crise financière mondiale a eu peu d’effets directs sur la région CEMAC, les banques de la région ayant des connexions limitées avec le marché mondial. Mais la récession mondiale qui en résulte a de vives répercussions directes et indirectes, posant de sérieuses difficultés aux décideurs économiques de la région.

« Le principal impact de la crise actuelle sur les pays de la CEMAC tient à la chute des cours
internationaux du pétrole. Au printemps 2009, les cours du brut ont chuté d’environ
100 dollars par rapport au niveau record atteint en 2008. Eu égard à cette chute des cours, et
d’après les projections faites lors de la présente étude, les recettes budgétaires globales tirées du pétrole dans la région CEMAC en 2009 devraient se contracter de plus de 67 par rapport à juillet dernier. Conjuguée à la baisse des volumes d’exportation et des prix du bois et des autres produits de base, la valeur totale des exportations devrait désormais atteindre moins de la moitié des projections antérieures. Le taux de croissance hors pétrole dans la région devrait diminuer de moitié pour s’établir à 2,5 .

« Ce sont la Guinée équatoriale, le Gabon et le Tchad qui verront leurs soldes budgétaires se dégrader le plus, tandis que le solde budgétaire global du Cameroun et celui de la République du Congo ne subiront qu’une dégradation modérée et que la RCA s’attend à ce que le sien reste inchangé.

« La politique budgétaire à moyen terme doit être guidée par des impératifs de stabilité
budgétaire et extérieure. La stabilité extérieure ne semble pas compromise, en particulier, les réserves de change communes de la région semblent largement suffisantes, mais l’on prévoit que tous les pays de la CEMAC afficheront des déficits budgétaires insoutenables, d’où la nécessité d’assainir les finances publiques à moyen terme. En revanche, la politique budgétaire à moyen terme doit viser à amortir l’impact de la récession mondiale sur l’économie intérieure et à protéger les groupes les plus vulnérables. Puisque les ressources financières disponibles semblent suffisantes, les pouvoirs publics devraient prendre des mesures temporaires de relance budgétaire si elles sont compatibles avec la nécessité d’un rééquilibrage budgétaire à moyen terme.

«  La République du Congo et la Guinée équatoriale ont des dépôts intérieurs considérables, tandis que le Gabon, le Tchad et le Cameroun ont relativement peu d’épargne.

« Les besoins de balance des paiements résultant des pertes à l’exportation pourraient peser lourdement sur les réserves de la BEAC. Le solde extérieur courant de la région, qui devrait, d’après les projections, passer d’un excédent de plus de 1,1 trillion de FCFA en 2008 à un déficit de presque 2 trillions de FCFA en 2009.
« A moins que les cours pétroliers ne s’effondrent à nouveau, le taux de couverture des réserves de la région de la CEMAC resterait, d’après les estimations, plus que suffisant au vu des programmes de dépenses publiques actuels.

« Le franc CFA étant arrimé à l’euro, les pays de la région n’ont guère de latitude pour mener
une politique monétaire indépendante
. Toutefois, la limitation de facto du contrôle des
opérations en capital confère aux autorités monétaires une certaine marge de manœuvre pour
influer sur le marché à travers les fluctuations des taux d’intérêt. En outre, le développement
rapide du futur marché obligataire régional améliorerait les possibilités de financement du
secteur public. Entre-temps, les sombres perspectives de l’économie mondiale et des marchés
financiers rendent d’autant plus urgente la nécessité de renforcer le contrôle bancaire.

(1) Site du FMI : www.imf.org ; lien pour la note :http://www.imf.org/external/french/pubs/ft/spn/2009/spn0920f.pdf

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