26 juillet 2019 - 15:55 |

La Chronique Matières premières agricoles au 25 juillet 2019

Cette fin de semaine est dominée par la Banque centrale européenne (BCE) et les propos de son président Mario Dragui qui considère "que le risque d'une récession est plutôt faible, tout compte fait", mais qui n'a pas laissé entrevoir aux marchés les signes attendus d'un assouplissement tous azimuts, notamment monétaire. En Allemagne, le moral des entrepreneurs se dégrade encore alors qu'aux Etats-Unis, le chômage continue de baisser et les commandes de biens d'équipements augmentent. Hier soir, l'euro a gagné 0,13% face au dollar qui, de façon générale, a terminé en baisse par rapport à un panier de monnaies. Les cours du pétrole sont en hausse sur fond de tensions persistantes au Moyen Orient et de fortes baisses des stocks de bruts américains. Le Brent a terminé à $ 54 et le WTI à $ 56,25 le baril.

CACAO - CAFÉ - CAOUTCHOUC - COTON - HUILE DE PALME - RIZ - SUCRE

CACAO

Le cacao a clôturé hier soir en hausse sur la semaine, à £ 1 843 la tonne contre £ 1 836 en fin de semaine dernière, tandis que New York perdait sur les quatre jours de cotation, à $ 2 434 contre $ 2467 vendredi dernier

Une actualité cacaoyère dominée, cette semaine encore, par les interrogations quant à la façon dont la Côte d'Ivoire et le Ghana vont organiser et maintenir leur nouveau schéma de prix, mais aussi par la reprise des ventes sur la campagne 2020/21 et les commentaires de l'information qui a filtré du Conseil du café-cacao (CCC) selon laquelle le prix garanti minimum serait de FCFA 800 au lieu des FCFA 750 actuels au démarrage de la campagne 2019/20, début octobre. Une semaine aussi où les marchés du cacao sont restés sur leur optimisme des excellents chiffres de broyages en Asie, en Amérique du Nord et en Côte d'Ivoire mais non en Europe ( lire Les broyages de cacao grimpent partout sauf en Europe).

Mais le marché a aussi, sans aucun doute, pris bonne note de la lettre envoyée le 16 juillet par les sénateurs américains Ron Wyden et Sherrod Brown au secrétaire du ministère de la sécurité intérieure (US Department of Homeland Security) appelant l'administration à appliquer les lois pour lutter contre le travail des enfants dans la filière cacao (lire nos informations). Cette lettre faisait suite à un reportage du Washington Postdécrivant ce travail des enfants dans la production de cacao importé par d'importantes multinationales américaines pour fabriquer du chocolat. Les sénateurs pointent du doigt la Côte d'Ivoire d'où les Etats-Unis ont importé pour $ 608 millions de fèves en 2018."Etant donné la prévalence du travail forcé des enfants dans le secteur cacaoyer ivoirien, il est clair qu'au moins une partie, sinon une part significative de ces imports, a été produite par des enfants forcés de travailler", peut-on lire dans la lettre. Les sénateurs veulent qu'on bloque aux frontières ce cacao et, le cas échéant, qu'on entame des enquêtes criminelles. Rappelons qu'en 2015, ces deux sénateurs avaient été à l'origine de l'amendement sur ce travail forcé.

Sinon, en Côte d'Ivoire, les arrivages de fèves aux ports ont atteint 2,1 Mt entre le 1er octobre et le 21 juillet, selon els chiffres donnés par les exportateurs. Ceci représente une hausse de 9% par rapport aux volumes sur la même période la campagne dernière.

Côté entreprise, c'est au tour de Cadbury de lancer ses barres de chocolats avec 30% moins de sucre. C'est le fruit de travaux de recherche initiés il y a trois ans car il s'agissait de réduire le sucre, préserver le goût sans ajouter d'édulcorants artificiels. De son côté, Nestlé annonçait en fin de semaine dernière lancer un nouveau chocolat constitué de chocolat noir à 70 % sans sucre raffiné ajouté et en utilisant la pulpe dans la cabosse (lire Nestlé lance son chocolat sans sucre).

CAFÉ

Le café a baissé sur la période sous revue, terminant hier soir à $ 1,0065 la livre (lb) d'Arabica à New York contre $ 1,073 en fin de semaine dernière, et le Robusta à $ 1 358 la tonne contre $ 1 419.

En Asie cette semaine, ce n'est pas l'euphorie ! Au Vietnam, on est toujours sur une fin de campagne jusqu'au démarrage de la prochaine, début octobre. Les producteurs dans les Central Highlands ont reçu environ 33 000 dongs ($ 1,43) pour leur kilo de café alors qu'on leur en proposait 34 500 à 35 000 dongs la semaine dernière.

Quant à l'Indonésie, la prime pour du Grade 4, 80 défauts, est de $ 150 la tonne, en baisse sur la semaine dernière puisqu'elle se situait dans une fourchette allant de $ 150 à $ 180. Cette baisse s'explique par le recul des cours mondiaux à Londres et parce que le marché trouve le café indonésien trop cher. Les volumes de transaction sont relativement faibles.

La menace de gelées dans les régions caféières au Brésil s'estompe, laissant le marché face à la perspective d'une offre, cette année encore, abondante.

En Europe aussi on a beaucoup de café ! Les stocks dans les ports d'Anvers, Hambourg, Gênes, Le Havre, Tristes et Barcelone, ont augmenté de 0,8% au mois de mai, selon la Fédération européenne du café.

Côté entreprises, le plus grand réseau de services alimentaires aux Philippines, Jollibee Foods (valeur marché $ 5,5 milliards), est en train d'acheter l'américain Coffee Bean & Tea Leaf (CBTL) pour $ 100 millions, dans le cadre d'une stratégie de déploiement de ses activités. CBTL a 1 189 magasins aux Etats-Unis, en Asie du Sud-Est et au Moyen-Orient mais il perd de l'argent.

CAOUTCHOUC

Nouveau rebond du marché du caoutchouc cette semaine avec une clôture à 188,7 yens ($1,737) le kilo contre 185,1 yens vendredi dernier sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom) tandis que sur le marché de Shanghai partis de 10 685 yuans la tonne les cours ont atteint jeudi 10 860 yuans ($1 578,84). Les cours sur le Tocom ont gagné 2,6 yens jeudi avec la sécheresse annoncée en Thaïlande et la propagation d’une maladie en Indonésie qui réduira la production (voir ci-dessous). Toutefois estime Tang Xiaonan, analyste chez JLC Network Technology Co Ltd "le marché spécule sur des informations faisant état de sécheresse en Thaïlande et de maladies en Indonésie. Mais en réalité, la sécheresse a principalement touché les régions du nord de la Thaïlande, qui ne constituent pas une base de production importante de caoutchouc, alors que la maladie en Indonésie ne s'est pas produite en un jour. C'est donc simplement une spéculation".

Autres facteurs de hausse, de meilleures ventes automobiles aux Etats-Unis en juin ainsi que des prix du pétrole plutôt haussiers avec la montée des tensions avec l’Iran et la forte baisse des stocks de brut américain. Et puis, la reprise des pourparlers entre la Chine et les Etats-Unis.

En Indonésie, la propagation de la maladie Leptospharia (Pertalopsios spp) dans les plantations de caoutchouc va réduire de 15% la production en 2019, selon une déclaration du directeur général des plantations du ministère de l'Agriculture, Kasdi Subagyono. En 2018, la production a atteint 3,76 millions de tonnes (Mt). La maladie a touché environ 381 900 hectares de plantations – sur environ 3,66 millions hectares- dans les principales provinces North Sumatra, South Sumatra, Bangka Belitung, West Kalimantan, Central Kalimantan et East Kalimantan. Sa propagation massive est liée à la diminution de la résilience des plantes en raison du mauvais entretien des agriculteurs dans leurs plantations à la suite de la chute du prix du caoutchouc sur une longue période a estimé le directeur. L’Association indonésienne du caoutchouc (Gapkindo) estime que les exportations totales de caoutchouc naturel diminueront de 450 000 à 540 000 tonnes selon son président Moenarji Soedargo, qui a précisé que la baisse dépendra de la consommation intérieure. Les exportations ont totalisé 2,95 Mt en 2018, selon Gapkindo. Rappelons que l’Indonésie a accepté de réduire ses exportations de caoutchouc naturel de 98 000 tonnes pendant quatre mois à partir d’avril afin dans le cadre d’un accord conclu avec les principaux producteurs de caoutchouc, la Thaïlande et la Malaisie, visant à réduire de 240 000 tonnes les exportations afin de stimuler les prix.

Côté entreprise, le groupe pneumatique Michelin a publié hier ses résultats sur le 1er semestre 2019 avec résultat net de €844 millions, contre €917 millions  à la même période de l'an dernier. Le résultat opérationnel des secteurs a progressé de 8%, à €1,43 milliard d'euros, tandis que le chiffre d'affaires a atteint €11,78 milliards, contre €10,6 milliards  au premier semestre 2018.Sur la période, les volumes ont reculé de 0,9%, en raison "principalement d'une forte baisse de la demande de pneumatiques à la Première monte Tourisme camionnette, mais également d'un ralentissement des marchés de Remplacement, aussi bien en Tourisme qu'en Poids lourd, alors que la forte croissance dans les activités minières est compensée par le retournement des marchés agricoles" indique le groupe. Par ailleurs, le groupe a renouvelé son partenariat pour une durée de quatre ans avec WWF France en faveur d'un marché du caoutchouc naturel durable et le développement d'un projet pilote en Indonésie. Ce projet en Indonésie vise à préserver et à restaurer la forêt tout en développant des plantations d'hévéas responsables, tant pour les communautés locales que pour les écosystèmes indique le groupe (lire Michelin se lance dans la reforestation et les cultures vivrières). Ce partenariat a contribué également à la naissance en mars 2019 de la Plateforme Internationale pour un Caoutchouc Naturel Durable dont le Groupe Michelin et le WWF sont membres fondateurs (lire Lancement d’une plate-forme mondiale pour le caoutchouc naturel durable).

COTON

Eclaircie sur le marché du coton cette semaine mais le climat demeure lourd avec une absence de demande, des récoltes qui s’annoncent abondantes et une longue guerre tarifaire sino-américaine. En outre, les spéculateurs, qui ont grandement contribué à la chute des cours du coton, ont une position vendeuse record. « L’orientation du marché tient à un fil. Une nouvelle, positive ou négative, donnera le ton et fera flamber le marché ou l’enverra vers des plus bas historique», estime un négociant.

L’embellie est venue d’une avancée dans les pourparlers entre Washington et Beijing, les négociateurs des deux pays devant se rencontrer la semaine prochaine. Les cours ont atteint 64,19 cents à la clôture contre 63,07 cents vendredi dernier.

Dans ces dernières prévisions, Cotlook a révisé à la baisse ses estimations tant de la production que de la consommation mondiale de coton en 2019/20. Ainsi, avec une diminution de la récolte américaine et des pays de la Zone France, la production mondiale s’établirait à 26,730 millions de tonnes (Mt), soit 166 000 tonnes de moins que dans son estimation de juin. Du côté de la consommation, la baisse est plus conséquente avec une forte chute en Chine et dans une moindre mesure au Bangladesh, aux Etats-Unis et au Vietnam. La consommation mondiale a ainsi réajustée avec 390 000 tonnes de moins à 25,911Mt. «L'augmentation projetée des stocks mondiaux d'ici au 31 juillet 2020 est maintenant placée à 819 000 tonnes, contre 595 000 il y a un mois » indique Cotlook. 

En Inde, tandis que de nombreux analystes s’interrogeaient sur les estimations de la récolte indienne, jugées trop généreuses, notamment celles réalisées par le département américain de l’Agriculture (USDA), la diminution des pluies de la mousson pourrait la réduire. En effet, les pluies de mousson ont été inférieures de 35% à la moyenne durant la semaine se terminant mercredi, avec des pluies peu abondantes dans le centre, l'ouest et le nord du pays, selon le bureau de la météorologie. Les précipitations ont été réduites de 67% dans la région centrale du Madhya Pradesh, le plus gros producteur de soja au cours de la semaine, alors que ‘au Gujarat, l'un des principaux Etats producteurs de coton, a enregistré 47% de moins, selon les données du département météorologique indien (IMD). Dans l’ensemble, l’Inde a reçu 19% de moins de précipitations que la moyenne depuis le début de la saison de la mousson, le 1er juin.

HUILE DE PALME

Rebond sur le marché de l’huile de palme. Après quatre séances consécutives de hausse, les cours ont clôturé jeudi à 2,058 ringgits ($500,36) la tonne sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange contre 1 972 ringgits la tonne vendredi dernier. Une hausse consécutive à la vigueur de l’huile de soja, en lien avec la reprise des négociations sino-américaines.

Toutefois, la demande n’est toujours pas au rendez-vous. Les exportations d’huile de palme de Malaisie ont diminué de 4,3% entre le 1er et le 25 juillet par rapport à la même période en juin selon AmSpec Agri Malausia. Mais Intertek Testing Services estime qu’elles ont progressé de 0,7%. Néanmoins, un soutien pourrait venir de l’Inde, le premier importateur mondial d'huile comestible devrait en effet augmenter ses achats. Les importations indiennes d'huile comestible devraient augmenter de 7,3% en 2019/20 pour atteindre un niveau record, car les faibles pluies de mousson réduisent les rendements d'oléagineux semés en été, tels que le soja et l'arachide, estime Govindbhai Patel, directeur général de la société de négoce G.G. Société de recherche Patel & Nikhil. L'insuffisance de la production d'oléagineux obligera l'Inde à importer jusqu'à 16,1 millions de tonnes (Mt) d'huiles comestibles au cours de la nouvelle campagne de commercialisation, à compter du 1er novembre, contre 15 Mt cette année, estime Govindbhai Patel. Depuis le 1 er juin, les pluies de mousson en Inde sont inférieures de 18% à la moyenne. En particulier, les pluies dans l'État de Gujarat, dans l'ouest du pays, qui est le plus gros producteur d'arachide et de coton, ont diminué de 46% depuis le début de la saison de mousson, ce qui a nui à la croissance des cultures. "Les dégâts pourraient être limités s'il pleuvait dans les prochains jours", a-t-il déclaré, ajoutant que les rendements de soja pourraient chuter de 20% et ceux d'arachides de 30% en raison de la sécheresse des dernières semaines.

L'Inde importe plus des deux tiers de ses besoins en huile comestible, contre un tiers il y a deux décennies, la production locale n’étant pas suffisante pour répondre à la demande croissante de la troisième plus grande économie d'Asie. L'huile de palme représente environ les deux tiers des importations totales. Alors que la baisse de la production d'oléagineux d'été devient plus certaine, les raffineurs indiens vont commencer à augmenter leurs importations d'huile alimentaire au cours des prochains mois, en particulier pour les festivals. Les importations mensuelles d'huile comestible pourraient atteindre 1,3 Mt dans les mois à venir, contre 1,15 Mt en moyenne pour le mois de juin, a-t-il précisé. L'Inde importe principalement de l'huile de palme d'Indonésie et de Malaisie et de l'huile de soja d'Argentine et du Brésil. Elle achète également de l'huile de tournesol d'Ukraine et de l'huile de canola du Canada. Au cours de la campagne de commercialisation en cours se terminant le 31 octobre, les importations indiennes d'huile de palme pourraient augmenter de 10,3% par rapport à l'année précédente pour atteindre 9,6 Mt, a déclaré Govindbhai Patel. Le pays pourrait importer 2,4 millions de tonnes d'huile de tournesol et 3 millions de tonnesd'huile de soja au cours de la campagne de commercialisation en cours.

En Indonésie, la production d'huile de palme devrait probablement baisser à 4,54 millions de tonnes (Mt) en juin contre 4,6 Mt en mai selon une enquête réalisée par Reuters auprès de deux groupes du secteur de l'huile de palme et d'une société nationale de recherche sur l'huile de palme. Quant aux exportations, elles devraient rester stables à 2,80 Mt en juin, tandis que la consommation intérieure augmentait à 1,6 Mt contre 1,5 Mt en mai. Enfin, à la fin du mois de juin, les stocks nationaux d'huile de palme sont estimés à 2,95 Mt, selon l'enquête.

En Russie, la Douma a voté pour l'amendement visant à supprimer le taux de TVA préférentiel pour l'huile de palme (10%) et à le porter à 20% en troisième et dernière lecture (lire notre Chronique de la semaine dernière). Selon les données fournies par le chef du comité du budget et des impôts, Andrei Makarov, la suppression des avantages de la TVA sur l'huile de palme donnera au budget entre 4,5 et 5 milliards de roubles ($71,2 à 79,2 millions).Ces fonds viendront soutenir la filière locale laitière.

RIZ

Les conditions de sécheresse en Thaïlande ont alimenté les craintes d’une baisse de l'offre alors même qu'un baht fort maintenait les prix à l'exportation de la variété thaïlandaise plus élevés que ceux de ses concurrents asiatiques cette semaine.

En Thaïlande, les prix du riz du Thaï 5% ont baissé pour se situer entre $390 -$ 395 la tonne contre $401-$402 la semaine dernière. En dépit de cette baisse, ils situent à un niveau plus élevé que ses concurrents. La demande de riz thaïlandais est restée stable cette semaine.

Dans le même temps, une sécheresse dans plus d'une douzaine de provinces a alimenté les inquiétudes concernant les approvisionnements. Le département de Météorologie a signalé que les précipitations dans les principales régions rizicoles étaient les plus basses depuis 10 ans. Le gouvernement thaïlandais a demandé aux agriculteurs des zones touchées par la sécheresse de retarder les semis de riz, le pompage de l'eau des réservoirs pour l'irrigation constituant une menace pour l’approvisionnement domestique.

Les exportateurs de riz de la Thaïlande ont abaissé leur objectif d'exportation annuelle de 9,5 millions de tonnes (Mt) à 9 Mt après une forte baisse au premier semestre en raison de la fermeté du bath et de l’abondance des stocks mondiaux. Les exportations de riz de la Thaïlande de janvier à juin ont chuté de 19,6% par rapport à la même période de l'année dernière, a déclaré l'Association des exportateurs de riz thaïlandais. Le nouvel objectif de 9Mt est inférieur d'environ 20% aux 11,23 Mt exportées par le deuxième exportateur mondial après l’inde en 2018. La Thaïlande perd des parts de marché au profit de son rival, le Vietnam, en raison de la hausse du baht thaïlandais, la devise la plus performante de l’Asie, qui avait atteint ce mois-ci son plus haut niveau depuis plus de six ans. Le Viet 5% se négocie entre $374-$377 la tonne contre $401-$402 pour le Thaï 5%. La Thaïlande a également été confrontée à la concurrence de la Chine, premier importateur mondial de riz et troisième acheteur de la Thaïlande l'an dernier, qui a presque doublé ses exportations de riz au premier semestre de 2019 par rapport à il y a un an, a déclaré Chookiat Ophaswongse, président honoraire du groupe. La Chine vend des stocks de "vieux riz", qui sont destinés aux marchés africains auparavant dominés par la Thaïlande. Un accord de gouvernement à gouvernement que la Thaïlande a conclu en 2015 avec le négociant chinois public COFCO est également bloqué en raison de l'abondante offre de riz de la Chine. À la fin de 2018, la Thaïlande avait fourni 700 000 tonnes de riz à la Chine dans le cadre de l'accord portant sur 1 million de tonnes de grain. Depuis lors, il n'y a pas eu de nouvelles commandes, a déclaré Chookiat Ophaswongse.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% se sont appréciés à $381-$384 la tonne contre $374-$377 la semaine dernière, alors que les prix du paddy ont bondi et que la demande des acheteurs en Asie et en Afrique était modérée. Les exportations de riz blanc ont presque cessé, tandis que les expéditions de la variété étuvée ont fortement chuté en raison de la hausse des prix du paddy, a déclaré un exportateur basé à Kakinada, dans le sud de l'État d'Andhra Pradesh. Dans le même temps, les pluies de mousson inférieures à la moyenne ont suscité des inquiétudes quant à la production de cultures semées en été.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% sont restés inchangés à $350 la tonne. "La demande de riz vietnamien reste modérée, la plupart des nouvelles commandes venant des Philippines et de la Malaisie", a déclaré négociant à Ho Chi Minh-Ville. Les négociants estiment que les livraisons du Vietnam en juillet pourraient chuter de manière significative. Les données préliminaires ont montré que 194 400 tonnes seraient chargées dans les ports de Ho Chi Minh Ville en juillet, contre 311 700 tonnes en juin.

L’agence de promotion du commerce (Vietrade) et l’association alimentaire vietnamienne organiseront un voyage aux États-Unis et au Mexique avec 21 entreprises opérant dans le secteur du riz à la fin du mois de juillet pour développer les marchés et réduire leur dépendance aux marchés traditionnels. En outre, de nombreux programmes de promotion du commerce ont été lancés aux Philippines, à Singapour, en Côte d'Ivoire, à Hong Kong et en Afrique du Sud pour stimuler les exportations de riz vietnamien vers ces marchés.

Au Bangladesh, des inondations ont submergé plus de 50 000 hectares de rizières, selon une évaluation préliminaire réalisée par le ministère de l'Agriculture. Si la situation se confirme, ceci pourrait constitué un coup dur pour le pays au moment où les agriculteurs ne sont pas en mesure de garantir des prix équitables pour leurs produits tandis qu’aucune transaction à l’exportation est en vue.

SUCRE

Le sucre roux a regrimpé au-dessus des 12 cents la livre (lb) mercredi pour la première fois en une semaine, terminant hier soir pilepoil à 12 cents sur le marché de New York contre 11,59 cents vendredi dernier. Le roux a également gagné du terrain, se hissant au-dessus des $ 320, pour terminer lui aussi sur le marqueur de $ 320 parti de $ 315,70 la tonne.

Des prix soutenus notamment par la situation au Brésil. Dans la région sucrière du centre-sud, les broyages de canne à sucre ont baissé de 9,53% sur les quinze premiers jours de juillet par rapport à la même période l'année dernière, à 40,90 Mt, tandis que la production de sucre a chuté de 19%, à 1,94 Mt, selon les chiffres du groupe industriel Unica. En effet, quelque 400 000 ha de canne ont été impactés par le gel qui, par ailleurs, a retardé la récolte dans plusieurs régions de production. D'ailleurs, la production d'éthanol à partir de la canne a, elle aussi, régressé à 2,16 milliards de litres, soit 9,86% de moins que l'année dernière.

La situation en Inde a aussi contribué à la fermeté -relative- des cours : les niveaux pluviométriques sont de 35% inférieurs aux moyennes de ces dernières années.

Selon un sondage de 13 analystes interrogés par Reuters, les cours mondiaux du sucre devraient grimper d'ici la fin de l'année sur fond de déficit mondiaux. Le roux pourrait gagner jusqu'à 15% pour se situer à 13,80 c/lb et le blanc à $ 350 la tonne, soit 10% de mieux qu'actuellement. En effet, on passerait d'un excédent de 2,5 Mt en 2018/19 à un déficit de 2,95 Mt, estiment-ils. Le facteur essentiel de ce déficit est la baisse de production attendue en Inde, à 28,5 Mt en 2019/20 contre 33 Mt en 2018/19. A ceci s'ajoutent des projections qui voient toujours une très forte utilisation de la canne pour fabriquer de l'éthanol au Brésil ; selon les sondés, 35,95% de la canne irait à la filière sucre en 2019/20, un niveau assez semblable à celui de cette campagne (35,2%), mais largement moins qu'en 2017/18 (46,5%) et qu'en 2016/17 (46,3%).

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