26 août 2019 - 14:40 |

La Banque mondiale relance son initiative d’agriculture intelligente face au climat au Burkina

Lundi dernier, la Banque mondiale a tenu au Burkina Faso un atelier de lancement de l’élaboration d’un plan d’investissement sur l’agriculture intelligente face au climat. Ceci fait suite à une initiative de la Banque annoncé en 2017 (Profil pays l’Agriculture intelligente face au climat - AIC), mais qui n'avait pas pu démarrer par manque de financements, rapporte lefaso.net.

 

Le plan vise à développer des projets de développement agricole qui permettront à la fois d’accroître la productivité, la résilience et l’atténuer les effets de la variabilité et du changement climatique, a souligné le représentant résident par intérim de la Banque mondiale, Christophe Rockmore. Pendant six mois, a-t-il précisé, le projet sera élaboré et devrait permettrede proposer quelque chose de concret à l’Etat burkinabè et aux partenaires techniques et financiers pour une transition agricole qui prend en compte les variabilités et le changement climatique.

 

Car, a souligné le secrétaire général du ministère de l’Agriculture, Lamourdia Thiombiano, les saisons sont de plus en plus précoces au Burkina Faso, avec des poches de sécheresse.

"Tout au long de mes déplacements dans la commune de Sapouy et ses 49 villages, dans la région du Centre-Ouest, j’ai rencontré des agriculteurs qui connaissent mieux que quiconque les effets conjugués du réchauffement climatique et de l’irrégularité des précipitations. Avec le temps et l’extension des terres productives, mais aussi la surexploitation et le surpâturage, la pression foncière s’est accrue. Faute de gouvernance solide, la concurrence pour le sol a fini par définir les relations entre propriétaires terriens, migrants, agriculteurs et éleveurs — avec, à la clé, des tensions accrues au sein de la communauté", rapporte sur son blog Maria Sarraf, responsable du pôle environnement, ressources naturelles et économie bleue pour l’Afrique de l’Ouest, à la Banque mondiale. "Au Burkina Faso, plus de 9 millions d’hectares de terres productives sont déjà dégradés, avec une progression attendue de 400 000 hectares chaque année (FAO)."

 

Ceci dit, des initiatives intéressantes sont soulignées par Maria Sarraf comme un biodigesteur qui permet de produire du combustible et de l’énergie à partir d’un mélange de bouse de vache et d’eau, ainsi que du compost. En outre, "chaque appareil peut permettre d’épargner 0,33 hectare de forêts par an."

 

D'autre part, dans le cadre de la gestion intégrée des paysages et de la gestion décentralisée des forêts et espaces boisés, "les habitants eux-mêmes cartographient ensemble les terres et les usages concurrentiels, conçoivent des systèmes de cogestion et décident des modes de restauration des sols pour améliorer la productivité, les revenus et la sécurité alimentaire et énergétique".

 

Toujours à Sapouy, des zones de pâturage, des points d’eau et des stations de vaccination ont été créés par la population locale pour limiter le surpâturage et accroître la production animalière.

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