26 septembre 2018 - 13:58 |

Les banques pourraient baisser la dette de SAF-Cacao pour aider au rachat

Les banques en Côte d'Ivoire seraient disposées à proposer aux deux éventuels candidats à la reprise de l'exportateur de cacao en faillite SAF-Cacao  un rabais sur la dette de l'entreprise. La décision devrait être mise au vote lundi prochain, rapporte Reuters.

Rappelons que la dette de SAF-Cacao atteint FCFA 160 milliards (€ 243,2 millions), ce qui pèse lourdement sur les banques déjà fortement mises à mal par les nombreuses défaillances des exportateurs locaux lorsque les cours mondiaux de la fève ont chuté durant la campagne 2016/17. De nombreux acteurs locaux de la filière avaient alors fait faillite. Dans cetet dette du groupe cacaoyer figurent quelque FCFA 80 milliards dus à l'Etat au titre d'arriérés de paiment du droit unique de sortie (DUS).

SAF-Cacao, 4ème exportateur ivoirien de fèves derrière Barry Callebaut Olam et Cargill, pèse lourd dans la filière ivoirienne, sa filiale exportatrice Cipexi et son transformateur Choco-Ivoire achetant entre 150 000 et 200 000 tonnes (t) de cacao chaque campagne sur une production nationale de quelque 1,1 à 1,2 Mt. Cependant, les avoirs totaux de SAF-Cacao (100 000 m2 d'entrepôts, usines, etc.) ne pèseraient que quelque FCFA 80 milliards. Pas assez pour couvrir les dettes.

De leur côté, les banques ont menacé de ne pas pré-financer la campagne 2018/19 qui devrait s'ouvrir le 1er octobre, soit lundi, si une solution n'est pas trouvée.

" Nous avons au moins deux acheteurs… qui pourraient racheter le groupe avec ses actifs et passifs, mais ils nous ont demandé une décote sur la dette et un échelonnement des remboursements s'ils finalisent l'acquisition", a expliqué à Reuters le directeur d'une des banques impliquées.

La sévérité du président Ouattara

Faut-il tant en faire ? Le chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara, ne semble pas partager cet avis et, surtout, il en a appelé hier à la responsabilité des banques.

"Tout le monde dit que pour Saf Cacao, s’il n’y a pas de mesures spéciales, il y aura une faillite du système bancaire. Mais, il n’est pas question de faire quoi que ce soit pour arranger les choses entre guillemets pour une entreprise qui a été mal gérée et qui a fait de la spéculation", a-t-il déclaré mardi lors du forum économique de la Confédéraytion générale des entreprises de Côte d'Ivoire (CGECI). 

"Je veux être très clair là-dessus et dire que les banques doivent être responsables pour faciliter l’industrialisation des PME, mais également faire en sorte que le secteur privé en général puisse être dans de meilleures conditions de compétitivité", a poursuivi Alassane Ouattara qui, rappelons-le, a été directeur général adjoint du très orthodoxe Fonds monétaire international (FMI). En outre, suite à l'assainissement du secteur bancaire qui a suivi la crise, les établissements ont eu largeemnt le temps de provisionner.

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