27 janvier 2020 - 10:35 |

Le Togo intègre les éco-villages dans sa politique d’électrification rurale

Le Togo emprunte un virage remarquable -et de plus en plus remarqué- centré sur les énergies renouvelables. Le mois dernier, le pays est devenu membre du réseau mondial des éco-villages (GEN) après la signature d’un mémorandum à la Cop25 à Madrid (Espagne), souligne Agridigitale. Une nouvelle qui semble plus ou moins être passé inaperçue mais qui confirme la voix tracée par le pays depuis quelques années déjà. Deux éco-villages existent déjà au Togo, 5 autres sont en cours de réalisation et le gouvernement espère faire grimper ce nombre à 500.

Comme bon nombre de pays ouest-africain, le Togo est confronté aux problèmes environnementaux majeures et la dégradation de ses ressources naturelles qui nuisent considérablement à la productivité agricole. Ce contexte a conduit le gouvernement togolais en collaboration avec le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à promouvoir des eco-villages qui mettent en avant le développement durable et luttent contre le changement climatique.

Les deux éco-villages du pays se nomment Ando-kpomey (préfecture de l’Avé) et Donomadé (préfecture de Yoto), ils sont situés géographiquement proche du littorale et depuis leur participation au projet ils ont vu leur production agricole, l’élevage des ovins et des caprins, ainsi que la production de miel, renforcées. Ces deux villages bénéficient de l’appui du PNUD qui a permis de mettre en valeur des sources en eaux potables et de construire des mini-centrales solaires. Dans le village de Donomadé, l’énergie solaire permet d’électrifier le village et réaliser d’autres activités. D’un point de vue agricole, les habitants ont pu améliorer la culture de soja et de piment, l’élevage a bénéficié de géniteurs performants et de produits vétérinaire de qualité. La Ferme Modèle de Donomadé (FeMoDo) a été construite et possède un étang piscicole de 2 200 poissons, ainsi que des cultures d’ananas, des légumes, etc.

« À part ces deux communautés, nous en avons cinq autres qui sont en train d’être mis en place à Zanve dans les Lacs ; Klotchomé dans les plateaux ; Nassiète à Dapaong ; Srika dans la Kara et Doufouli dans la centrale pour en faire sept au total d’ici 2022 », peut-on lire. Ainsi, le nouveau membre du réseau mondial des éco-villages intègre une organisation expérimentée forte de 6 000 éco-villages de 114 pays répartis sur chaque continent.

Les éco-villages du Togo sont au centre d’un vaste projet d’électrification rurale du pays

Depuis 2017, le Togo multiplie les grands chantiers au sein de l’initiative CIZO -qui signifie « éclairer » en mina- il s’agit d’un programme présidentiel qui a pour objectif l’accès à l’énergie des populations rurales. Cette initiative a pu être réalisée grâce à une multiplication de partenariats public-privés qui permet d’obtenir de nombreux financements de la part de géants du secteur tels que le britannique Bboxx depuis décembre 2017, le français EDF (qui obtient 50 % de Bboxx en octobre 2018), ainsi que le togolais Soleva et le japonais Mitsubishi, depuis juin et juillet 2019 respectivement.

En 2018, le gouvernement décline son ambition par le biais de la stratégie nationale d’électrification 2018-2030, qui témoigne d’une part une volonté de donner l’accès à l’énergie à l’ensemble de la population à l’échéance 2030, et d’autre part, que les énergies renouvelables représentent 50 % du bouquet énergétique national. Et l’action du gouvernement n’a pas tardé…

En effet, l’année a été très riche pour le pays, si bien qu’à l’issu de ces 12 mois, le Togo est gratifié de la meilleure performance africaine en termes de promotion des investissements d’après le Financial Times. Parmi les grands moments qui ont marqué l’année, on retient que :

  • En janvier 2019, le Togo a adopté un cadre juridique pour la production, la distribution et la commercialisation des énergies renouvelables, souligne Togofirst, afin d’augmenter la capacité en énergie électrique du pays tout en réduisant sa dépendance énergétique.
  • En février, le Fond Vert -via la BOAD- aide les pays de l’Uemoa grâce à une enveloppe de € 100 millions destinées à assurer la transition énergétique de ces pays en faveur des énergies renouvelables.
  • En mars, le pays instaure une subvention mensuelle de 40 % en faveur des ménages en possession de kits solaires CIZO pour une durée de 36 mois. De son côté Bboxx lève € 6 millions avec le suédois Trine pour accélérer l’installation de système solaire à destination de 200 000 personnes (Lire : Le fournisseur de kits solaires BBOXX lève 6 millions d’euros). Toujours en mars, la start-up togolaise Kya Energy Group est nommée pour former 3000 techniciens à la maintenant des kits solaires du programme CIZO. C’est à ce moment également qu’une entente est trouvée pour la création d’une nouvelle centrale solaire photovoltaïque de 30 MW à Blitta, au centre du pays.
  • Mi-avril, la Banque mondiale finance 19 pays d’Afrique de l’Ouest et du Sahel à hauteur de $ 224,7 millions pour intensifier le déploiement d’électricité hors réseau.
  • En juin, l’Union européenne s’accorde avec la Banque africaine de développement pour appuyer le projet d’électrification rurale du gouvernement à travers la création d’un nouveau plan d’investissement. L’impacte est telle que même Ecobank, fondée au Togo rappelons-le, s’équipe en août alimente partiellement son siège grâce à des installations solaires. Fin juin, la Banque ouest-africaine de développement (BOAD) met en place deux facilités de crédits au profit des pays membres de l’Uemoa dans le cadre du Projet régional d’électrification hors réseau (Rogep). Deux lignes de crédits sont créées, l’une de la Banque mondiale et l’Association internationale de développement (IDA) de FCFA 79,96 milliards ($ 134 millions), et l’autre relève d’une subvention du Fonds pour les technologies propres d’un montant de FCFA 39,19 milliards ($ 65,8 millions).
  • Enfin en décembre, la BAD octroie FCFA 9 milliards au Togo en faveur du Projet d’appui au volet social du programme Cizo d’électrification rurale du Togo (PRAVOST) et à l’exécution du Plan national de développement 2018-2022.
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