27 février 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Forte correction des marchés, seuls le cacao et le café sont épargnés


(25/02/2011) À l’exception du café et du cacao, les cours des softs commodities sont en net repli cette semaine. Une correction importante après de fortes hausses. Ils ont été sous la pression d’un mouvement de vente. Les troubles politiques au Moyen-Orient et en Afrique du Nord ont agité les marchés financiers et provoqué une hausse du brut, qui a dépassé les $110 le baril. La flambée de l’or noir fait craindre un ralentissement de l’économie et donc de la consommation de matières premières. Néanmoins, aucun changement sur les fondamentaux où globalement l’offre est restreinte, à l’exception du cacao.

CACAO Les cours du cacao ont encore accentué leur gain cette semaine clôturant vendredi à un plus haut de 32 ans à $3639 la tonne à New York. Au cœur cette hausse la situation politique en Côte d’Ivoire où l’on a assisté cette semaine à très fort regain de violence avec plusieurs dizaines de morts dans des affrontements entre les deux camps rivaux avec en toile de fond les craintes d’une guerre civile. En outre, la fermeture de plusieurs banques, parmi les plus importantes, complique la situation dont le financement de l’achat des fèves.
Le cacao ne manque pas. Les arrivées aux ports s’élèvent à 1 012 140 tonnes au 20 février, contre 845 592 tonnes sur la même période en 2010, selon les chiffres de la Bourse du café et du cacao. Mais, mercredi Alassane Ouattara a étendu au 10 mars la suspension des exportations de fèves. Initialement, elle portait sur un mois à partir du 24 janvier. Jusqu ‘à présent les industriels du chocolat puisent dans leurs stocks et ne sont donc pas touchés par l’interdiction. Mais la situation ne pourra pas durer éternellement soulignent-ils. Ils craignent aussi l’impact financier d’une hausse durable des prix. Des prix élevés qui incitent les producteurs des pays, comme le Ghana, à vendre davantage. Les achats déclarés au Cocobod ont atteint 693 047 tonnes au 10 février, soit 40,2% de plus que sur la même période en 2010.

CAFE La faiblesse de stocks mondiaux pèse toujours sur les cours du café. A New York, mercredi l’Arabica a atteint 278,40 cents la livre, du jamais vu depuis 1977. Vendredi, il se stabilisait en clôturant à 266,10 cents. Les stocks tant dans les pays producteurs, que les pays consommateurs sont historiquement bas. Selon l’Organisation internationale du café (ICO), ils assureraient que 3 à 4 mois de consommation dans les pays consommateurs.
Cette semaine, plusieurs pays d’Amérique latine ont annoncé des perspectives plus encourageantes pour les prochaines récoltes. La Colombie, après trois récoltes successives réduites qui ont alimenté la hausse de New York, devrait atteindre au moins 9 millions de sacs (Ms) de 60 kilos en 2011, mais ce niveau reste en dessous de celui de 2008 (11,1 Ms). Au Mexique, la production 2010/11 devrait se stabiliser à 4,2 Ms, après des craintes d’une baisse en raison de conditions météorologiques défavorables. De même le Costa Rica a revu à la baisse l’impact des fortes pluies d’octobre estimant que sa production serait comprise entre 1,55 et 1,57 Ms, en hausse de 5,4% par rapport à 2009/10.
Au Cameroun les exportations d’Arabica et de Robusta ont atteint 48 168 tonnes en 2010, soit 32% de plus qu’en 2010 (44 966 tonnes) selon le National Cocoa and Coffee Board (NCCB).

CAOUTCHOUC A Tokyo, les prises de bénéfices ont fait chuter le marché cette semaine, le contrat d’août clôturant à 475 yens ($5,80). Néanmoins, le resserrement de l’offre sur le marché physique et la robustesse des cours du pétrole soutiennent le marché.
Selon l’Association of Naturel Rubber Producing Countries, la production de caoutchouc naturel devrait augmenter de 8% en 2011 à 10,06 millions de tonnes, stimulée par les prix élevés et des conditions météorologiques plus favorables. Les exportations de ses pays membres, représentant environ 90% de la production mondiale, devraient progresser de 5,7% à 7,77 millions de tonnes en 2011.

COTON Le coton est redescendu de son piédestal cette semaine accusant 4 jours de pertes pour remonter, mais dans des volumes limités et sous l’effet des fonds, vendredi de 3,5% à $1,9134 la livre pour le contrat de mars.
Selon l’USDA, la Chine devrait continuer à alimenter la demande mondiale en coton en 2011/12. Il prévoit que ses importations seront en hausse de 20% à 18 millions de balles (soit plus de 3 millions de balles supplémentaires). Un bond considérable et ce en dépit d’une augmentation de 13,3% de sa production L’augmentation anticipée de la production mondiale en 2011/12 à 127,5 millions de balles, en hausse de 11%,, sera en mesure de répondre à la demande de la Chine. Les exportations devraient progresser de 10% à 42 millions de balles.
Au Cameroun, avec la forte hausse des prix, la Sodecoton estime que la production de coton pourrait atteindre 160 000 tonnes en 2010/11, soit 45% de plus qu’en 2009/10 (110 000 tonnes).

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont rebondi vendredi en Malaisie après une forte chute. Ils clôturaient à 3 515 ringgits. La veille les cours avaient atteint leur plus bas niveau depuis le 29 novembre avec des échanges records à 48 704 lots de 25 tonnes chacun sous la pression des ventes des raffineurs et des fonds. Les traders estimaient que les premiers acheteurs mondiaux d’huile de palme, l’Inde et la Chine, pourraient renter sur le marché car les prix sont attractifs et l’huile de palme a réduit sa prime par rapport à son concurrent l’huile de soja. Néanmoins, d’autres analyses estiment que les pressions à la vente devraient se poursuivre dans les prochains jours. La demande pour l’huile de palme est plus faible, les statistiques d’Interlek Testing et de SGS montrent un recul, respectivement de 8,2% et 6%, des exportations sur la période du 1 au 25 février.

THE Les prix du thé au Kenya ont légèrement augmenté cette semaine aux enchères avec la forte reprise de la demande en provenance d’Egypte, le principal acheteur du thé kenyan, et une demande soutenue du Pakistan. La plupart du thé offert a été acheté sans aucune enchère, signe d’une forte demande souligne Peter Kimanga, tea manager à Global Tea and Commodities Kenya.
Les prix pourraient grimper dans les semaines à venir en raison de la sécheresse qui serait susceptible de réduire les volumes à venir. D’ores et déjà, le Kenya Tea Board (KTB) a annoncé le 24 février que la production de thé au Kenya avait chuté de 4,5%, un record, en janvier à 35,9 millions de kilos par rapport à janvier 2010 et les exportations ont reculé de 14% à 33,6 millions de kilos. Les troubles en Egypte ont été a principale cause de la chute de 3% des ventes aux enchères en janvier (22 millions de kilos).
Au Burundi les revenus d’exportation du thé ont bondi de 109% à $1,9 million en janvier par rapport à janvier 2010. « Il est vrai que les quantités de thé vendues en janvier sont hautes, mais la qualité de notre thé à propulser à la fois les prix et les revenus » a déclaré Remy Ndayininahaze, le chef des exportations à l’Office du thé du Burundi (OTB). Les volumes ont crû de près de 82% à 593 tonnes (326 tonnes en janvier 2010). Le prix moyen à l’exportation a été de $3,20 le kilo contre $2,78 le kilo en janvier 2010.

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