27 mars 2015 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi (26 mars 2015)

L’évolution du dollar continue d’impacter plusieurs matières premières.

CACAO

L'affaiblissement persistant de la livre sterling face au dollar a eu raison du cacao qui, jeudi soir, a terminé en baisse de £ 11 la tonne à £ 1 940 la tonne. A New York, il a perdu $ 26, clôturant à $ 2 760 la tonne.

En Côte d'Ivoire, les autorités ont décidé de laisser inchangé le prix garanti au planteur pour la campagne intermédiaire qui démarre en avril et se prolonge jusqu'à fin septembre. Il est donc de FCFA 850 le kilo.

En Indonésie, n°3 mondial, la production annuelle oscillerait entre 400 000 et 450 000 t ces trois prochaines années, a déclaré Saurabh Suri, directeur général du cacao chez Olam International, à l'occasion d'une conférence café cacao qui s'est tenue à Jakarta mardi. Certes, si des conditions climatiques défavorables intervenaient, la production pourrait baisser à 350 000 t. Le chiffre de 450 000 t pour cette campagne est également celui donné par le président de l'Indonesia Cocoa Board, Soetanto Abdoellah. D'autre part, il estime que les importations de fèves en Indonésie passeraient de 76 000 t en 2013/14 à 120 000 t en 2014/15.

La sécheresse au Nigeria devrait provoquer une baisse de 50 000 t de la récolte intermédiaire, a annoncé mercredi Sayina Riman, patron du secteur privé cacaoyer, la Cocoa Association of Nigeria, en marge de la réunion de l'Organisation internationale du cacao (ICCO) qui se tient cette semaine à Abidjan. Ainsi, la récolte ne serait que de 300 000 t pour 2014/15 (octobre à septembre) contre 350 000 t la campagne dernière, rapporte l'agence Reuters (voir nos informations).

CAFÉ

 On annonce une récolte en baisse au Brésil ce qui a fait grimper de 4% le cours de l'Arabica sur le marché à terme de New York mercredi. Selon INTL FCStone, la production brésilienne en 2015 serait de 44 à 45,5 millions de sacs de 60 kilos (Ms) contre 48-49 Ms la campagne dernière. La production d'Arabica serait de 32,5 à 33,5 Ms et le Robusta entre 11,5 et 12 Ms.

Le Robusta qui a terminé la séance jeudi à $ 1 816 la tonne, sans grand changement. Dans les pays producteurs, le Vietnam a peu exporté cette semaine car les prix domestiques étaient plus attrayants que ceux à l'export. Quant à l'Indonésie, l'offre de produit physique est actuellement limitée, la nouvelle récolte principale ne devant démarrer que le mois prochain. Ceci dit, les prix indonésiens demeurent en-deçà des prix vietnamiens malgré une prévision de récolte plus petite suite à la sécheresse.

CAOUTCHOUC

La faiblesse du dollar vis-à-vis du yen a entraîné les cours à la hausse en début de semaine, touchant mardi un plus haut de trois semaines. Toutefois, avec la  prise des bénéfices, ils se sont contractés et demeurent sous la pression du ralentissement observé en Chine. En effet, les importations chinoises de caoutchouc naturel ont chuté de 7,3% en février par rapport à février 2014 pour s’établir à 177 204 tonnes selon les statistiques douanières. Sur les deux premiers mois de l’année, c’est un recul de 26,2% à 394 528 tonnes. L’activité du secteur manufacturier en Chine est tombée à son plus bas niveau depuis 11 mois en mars, selon la première estimation de l’indice flash HSBC-Marklt qui a reculé à 49,2 soit à  en dessous de 50 montrant une contraction de l’activité.

Les exportations de caoutchouc du Vietnam ont progressé de 32% sur les trois premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2014 atteignant 196 000 tonnes. Toutefois, les revenus d’exportation chutent de 6,6% à $279 millions, le prix moyen à l’export s’abaissant de 31% sur les deux premiers mois de l’année à $ 1420 la tonne.

COTON

Les prix du coton ont consolidé les gains réalisés la semaine dernière au dessus de 62 cents la livre pour le contrat de mai.  Lundi, ils ont même atteint un plus haut de trois semaines à 64,55 cents la livre éloignant certains acheteurs du marché. L’évolution du dollar demeure déterminante.

Les producteurs de coton en Chine pourraient réduire de 20% la superficie plantée cette année suite au changement de politique du gouvernement et la baisse des subventions pour de nombreux producteurs l'an dernier, selon une enquête demandée par la réserve de l'Etat. La superficie de coton serait ramenée à 3,4 millions d'hectares, soit un recul 20,1 % par rapport à l’an dernier selon l'enquête. Une baisse des superficies qui va conduire une réduction significative de la production mais qui ne devrait pas avoir d’impact sur la demande d’importation de la Chine. L’Empire du Milieu maintient des quotas d’importation au strict minimum exigé par l’OMC et d’autre part, les réserves, évaluées à environ 12 millions de tonnes, pourrait pallier à tout déficit sur le marché. L’objectif est d’ailleurs clairement affiché de réduire ces énormes stocks.

Si l’enquête ne donnait pas d’estimation sur la production, de nombreux observateurs estiment que la production en 2015/16 devrait être inférieure d’’un cinquième à la récolte de 2014/15. "La plupart des observateurs du marché estiment que la nouvelle récolte en Chine s’établira entre 5 et  5,4 Mt", indiquait le négociant  Reinhart la semaine dernière. Ajoutant, cette année, elle est estimée à environ 6,3 Mt.

Au Burkina Faso, des membres de l’ Union nationale des producteurs de coton du Burkina (UNPCB) ont manifesté à Bobo Dioulasso pour la troisième fois depuis janvier pour réclamer la démission de Karim Traoré, actuel président de l’UNPCB, accusé de malversations financières.

HUILE DE PALME

Les gains réalisés en début de semaine, notamment en raison de la hausse des cours du pétrole, ont été effacés avec l’appréciation du ringgit et une demande des grands acheteurs toujours atone.

Pour la première fois depuis plusieurs années, les exportations d’huile de palme de la Malaisie pourraient baisser en 2015/16 (saison qui démarre en octobre) à 17,9 millions de tonnes,  selon le bureau du Département américain de l’Agriculture (USDA) basé à Kuala Lumpur. En effet depuis 1997/98, la croissance des exportations a été quasiment ininterrompue jusqu’en 2012/13, passant de 11 Mt au record de 18,5 Mt. La faible baisse envisagée pour 2015/16 serait consécutive à la stagnation des rendements des plantations et à l’accroissement de l’utilisation  domestique de l’huile de palme pour la fabrication du biodiesel. En outre la concurrence avec l’Indonésie devrait se poursuivre. Tant la Malaisie que l’Indonésie devraient  rétablir leur taxe à l’exportation le mois prochain.

Pour l’Indonésie, le bureau de Jakarta de l’USDA estime que les stocks d’huile de palme devraient atteindre un record en 2015/16 à 3,574 Mt, grimpant de 63%. Anticipant une  hausse de la production indonésienne de 2 Mt pour atteindre un record de 35 Mt, l’USDA affiche son scepticisme sur les plans pour stimuler l’utilisation de l’huile de palme pour fabriquer du biodiesel.  Et ce même en dépit de l’accroissement, le mois dernier, de la subvention sur le biodiesel qui est passé de 1 500 roupies par livre à 4 000 roupies. Parallèlement, les exportations ne devraient progresser que de 200 000 tonnes pour atteindre 22,7 Mt.

RIZ

Évolution contrastée des cours en Asie avec d’un côté une stabilité au Vietnam grâce à des embarquements vers les Philippines et des achats chinois, tandis qu’en Thaïlande, les prix s’affaiblissement avec une offre croissante face à une demande faible.

Alors que la récolte bat son plein avec environ 50% du riz récolté,  les achats de la Chine de riz vietnamien (blanc et parfumé) ont soutenus les prix ainsi que le plan de stockage gouvernemental. Le Viet5% s’échangeait entre $365-$375 la tonne contre $360-$380 la semaine dernière. Le Vietnam qui a aussi démarré ses embarquements de riz vers les Philippines suite à l’accord conclu pour la vente de 300 000 tonnes qui s’échelonnera jusqu’au 30 avril. Toutefois, les Africains ont réduit leur achat au Vietnam, se tournant vers le Pakistan et l’Inde, où le riz était moins cher. Le Vietnam a exporté 750 000 tonnes de riz entre le 1er janvier et le 15 mars, en baisse de 28% par rapport à la même période en 2014.

Les prix en Thaïlande ont reculé, le Thaï 5% se situant à $397 la tonne $403 la tonne (la semaine dernière), avec des stocks importants, les acheteurs réduisant leur achat car le riz est toujours disponible sur demande. En outre, le marché était exceptionnellement calme avec l’absence de la demande africaine.

SUCRE

C'est la dégringolade pour le sucre, le roux testant cette semaine ses plus bas en six ans sur le marché à terme de New York, tandis que le dollar continue à se renforcer face aux autres devises. Pourtant, l'offre mondiale en sucre ne cesse de croître face à une demande léthargique : l'Organisation internationale du sucre (OIS) a annoncé mardi que la campagne 2015/16 (octobre/septembre) serait déficitaire de 2 Mt, selon ses calculs.

En outre, le marché a été très déçu de la lenteur avec laquelle la Chine donne son feu vert pour les licences d'importation du sucre. En février, le géant asiatique aurait importé 124 000 t de sucre, en baisse de 24% par rapport à février 2014 et moitié moins que ce à quoi l'industrie s'attendait. Il est certain que Pékin subit une forte pression de la part de ses industries sucrières locales qui se voient obliger d'acheter du sucre de canne local au prix fort ce qui réduit leur compétitivité face au sucre brésilien ou encore thaïlandais importé.

Rappelons que la Chine a importé quelque 3,5 millions de tonnes (Mt) de sucre en 2014, obligeant les autorités à prendre des mesures et à instaurer un nouveau système de licence à l'import. Ceci dit, sur les deux premiers mois de l'année, les importations auraient encore progressé de 12,6%, à 509 261 t, ce qui a conduit les industries à militer pour de mesures encore plus draconiennes à l'import. Mais sur le seul mois de février, ces importations ont baissé de 26,7% à 120 000 t.

Cette volonté chinoise de réduire les importations intervient alors qu'on annonce une production de sucre en baisse cette année, à 10,5-11 Mt contre 12 Mt en 2014. Ceci fait suite, d'une part, à un plus faible prix d'achat fixe au planteur de canne, d'autre part aux typhons et enfin à une utilisation plus restreinte d'engrais.

Jeudi soir, le sucre a clôturé à 12,34 cents la livre après être tombé à 12,32 cents en cours de séance; il avait terminé encore plus bas, à 12,31 cents mercredi soir. Le Brésil a voulu profiter de la chute du real face au dollar et s'est porté à la vente, ce qui a encore pesé sur le marché. Quant au sucre blanc, coté à Londres, il a terminé également en baisse, à $ 363,20 la tonne.

Le Kenya pourra, une année encore, imposer des restrictions à ses importations de sucre afin de redynamiser son industrie locale, a décidé le Common Market for Eastern and Southern Africa (Comesa). L'industrie sucrière locale souffre de coûts élevés de production et tente d'accroître sa production qui est de 600 000 t face à une consommation de 800 000 t (voir nos informations).

 

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