27 septembre 2010 - 10:31 |

Les scientifiques se penchent sur le niébé

Une culture « parfaite » pour l’Afrique

(27/09/2010) La Cinquième conférence mondiale de la recherche sur le niébé s’est ouverte ce jour à Dakar et se déroulera jusqu’au 1er octobre 2010. Organisée par l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA) en coopération avec le Dry Grain Pulses Collaborative Research Support Programme (Pulse-CRSP), l’Université de Purdue aux Etats-Unis et l’Institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA), elle a pour thème « Améliorer les conditions de vie dans la chaîne de valeur du Niébé à travers les avancées scientifiques ».
«Il est difficile d’imaginer une culture plus parfaite, en particulier pour l’Afrique, où la production alimentaire traîne derrière la croissance démographique, la demande de produits de l’élevage est en plein essor, et le changement climatique apporte de nouvelles tensions aux conditions de croissance déjà difficiles,” a estime Christian Fatokun, un producteur de niébé à l’Institut international d’agriculture tropicale (IITA),
Selon un communiqué de l’IITA, le niébé, ou haricot à œil noir, est l’une des plus anciennes cultures du monde. Il est actuellement cultivé sur 10 millions d’hectares, principalement en Afrique centrale et occidentale, mais aussi en Inde, en Australie, en Amérique du Nord, et dans certaines parties de l’Europe. Le niébé est précieux pour sa teneur élevée en protéines (les graines contiennent environ 25 % de protéines), les feuilles et les tiges qui servent en particulier de fourrage nutritifs aux vaches et autres animaux de ferme, et le fait que ses racines fournissent de l’azote aux sols épuisés. Pour beaucoup en Afrique, la culture est une source essentielle de nourriture pendant la période «de vache maigre» – la fin de la saison des pluies, lorsque la nourriture peut devenir extrêmement rare dans les régions semi-arides de l’Afrique sub-saharienne.
Les nombreuses qualités du niébé sont en train d’être redécouvertes pour un certain nombre de raisons. L’une est le potentiel de la richesse du niébé en protéines pour aider à satisfaire les besoins alimentaires des pays en voie de développement ayant des difficultés alimentaires, particulièrement en Afrique, où plus de 200 millions de personnes restent sous-alimentés.
Le niébé fournit des rendements élevés, même dans des conditions chaudes et sèches, et les scientifiques mettent au point des variétés de plus en plus résistantes. Etant donné l’impact du changement climatique en Afrique subsaharienne, il est à craindre que la production actuelle de produits de base telles que le maïs et le riz baisse, ou même s’effondre dans certaines zones, ce qui nécessite que les cultures que l’on appelle les “cultures prêt à climat,” telle que le niébé, viennent combler le vide.
En outre, le niébé peut être utilisé comme aliment de haute qualité et bon marché pour les animaux. Aujourd’hui, les experts du bétail sont attirés par le niébé dans leur recherche d’approches durables pour répondre à la demande croissante pour la viande et le lait dans les pays en développement.
Les scientifiques de l’IITA et l’Institut International de recherche pour l’élevage (ILRI) estiment que de nouvelles variétés de niébé “à double usage” sélectionnées pour satisfaire aux besoins nutritionnels à la fois humains et animales peuvent être génératrices de $299 millions à $1,1 milliard en 2020, compte tenu de leur potentiel de stimuler à la fois la production animale et de réduire la faim.
Lors de la conférence, les nombreux scientifiques présents devraient notamment faire état de la recherche sur la production de niébé. Par exemple, des chercheurs de l’IITA et de l’Université de Californie-Riverside présenteront l’utilisation d’outils de pointe et les techniques d’analyse du génome d’une sonde ADN du niébé pour les aspects génétiques dans le cadre de la sécheresse et résistance aux maladies. Seront aussi abordés les derniers développement pour la création d’un niebé transgénique, conçu pour repousser les assauts d’une chenille connue sous le nom de Maruca ou foreuse des gousses de haricots qui ont l’habitude de détruire des champs entiers ou encore pour se prémunir des infestations de protection pendant le stockage.
L’une des raisons pour laquelle le niébé n’est pas aussi largement cultivées comme le maïs ou le riz est que le stockage de pois secs est compliquée par un coléoptère minuscule brun rougeâtre, la
bruche du niébé, qui se reproduit rapidement dans des sacs de céréales traditionnelles et rend la
nourriture immangeable. Au Sénégal, les scientifiques de l’Université de Purdue aux Etats-Unis et l’Institut national de recherche agricole du Niger feront un rapport sur l’effort de diffuser une technologie de stockage simple pour les agriculteurs africains, qui comprend un sac en plastique à trois couches qui isole l’oxygène nécessaire à alimenter une explosion de la population des charançons.

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