27 septembre 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Tendance résolument haussière pour le cacao


(26/09/2013)

CACAO. Sur le marché à terme de Londres, le cacao sur l’échéance mars a atteint en milieu de séance £ 1 665 la tonne. La tendance continue donc à être résolument haussière face à un déficit mondial qui serait de l’ordre de 150 000 t et ce, sans compter la hausse des broyages, note un trader.
Hier, à 5 jours de l’ouverture officielle de la campagne 2013/14, mardi 1er octobre, les plus importants producteurs de cacao en Côte d’Ivoire et au Ghana ont commencé à mettre en vente par anticipation des fèves de la campagne 2014/15. Un démarrage beaucoup plus tôt que l’année dernière ce qui, selon les observateurs, serait lié aux cours internationaux actuellement très élevés. « Je crois qu’ils ont vendu tout ce qu’il pouvait sur 2013/14. Donc s’ils veulent profiter des cours élevés, quels choix ont-ils ? Ils doivent aller davantage sur le terme », note un négociant.
Quant au beurre de cacao, il s’est échangé cette semaine avec un différentiel au plus haut en 5 ans, face à une demande des chocolatiers qui ne semble pas s’assouvir et des broyeurs de fèves qui ne veulent pas se défaire de leurs stocks, espérant des cours encore plus hauts. Pourquoi un tel envol du beurre de cacao ? Car les chocolatiers ont retardé au maximum leurs achats et maintenant ils se trouvent à court de marchandises. Le ratio beurre fève est maintenant de l’ordre de 2,75.
Lundi 22 septembre, les arrivages de cacao aux ports ivoiriens avaient atteint 1,424 000 t depuis le démarrage de la campagne en octobre 2012, selon les estimations d‘exportateurs rapportées par Reuters, soit en hausse par rapport aux 1 401 000 t recensées à pareille époque l’année dernière.
Le Ghana, quant à lui, à boucler son financement de campagne vendredi dernier, signant un prêt syndiqué de $ 1,2 milliard. Le consortium bancaire est mené par la Société Générale. Cette somme devrait permettre au Cocobod d’acheter 830 000 t de fèves aux planteurs cette campagne 2013/14.

CAFE. Les cours de l’Arabica coté sur le marché à terme de New York ont baissé à $ 1,1565 la livre, soit au-dessus de son plus bas en quatre ans et demi, à $ 1,1395, atteint en début de mois. Dans certains pays, le prix serait tombé en dessous des coûts de production, ce qui inquiète nombre d’analystes.
Quant au Robusta, la perspective d’une importante récolte vietnamienne pèse sur les cours du marché à terme de Londres. « Certains parlent de 30 millions de sacs de 60 kilos », note un trader. Les premiers grains de la campagne 2013/14 ont été proposés à la vente au Vietnam ;, mais visiblement n’auraient pas trouvé preneurs, les acheteurs attendant de voir comment la situation évolue notamment à l‘égard des abattements fiscaux.
La situation a également été calme en Indonésie s’agissant du Robusta, nombre de torréfacteurs locaux étant déjà bien couverts. Quant aux acheteurs étrangers, ils s’attendent à ce que la prime sur les Indonésie baisse lorsque le café vietnamien arrivera sur le marché en novembre.
En Amérique centrale, Colombie, Pérou et République dominicaine, les exportations de café ont augmenté de 7,7% en août par rapport à un an auparavant.
En Afrique, aux ventes aux enchères de café de Nairobi mardi, le prix le plus élevé pour le AA a atteint $ 405 le sac de 50 kilos contre $ 372 la vente la semaine précédente. L’AB s’est vendu à $ 221-138 le sac contre $ 257-142 auparavant. Au total 10 836 sacs ont été offerts à la vente et 3 465 ont trouvé preneurs à un prix moyen de $ 168,30 le sac, contre 11 818 sacs présentés la semaine précédente, 3 330 ayant été vendus au prix moyen de $ 178,43 le sac.
Aux ventes aux enchères de Tanzanie mardi, les prix ont baissé, suivant en cela la tendance du marché à terme de New York. Le Tanzania Coffee Board a annoncé que 31 577 sacs de 60 kg avaient été offerts à la vente, 28 782 sacs trouvant preneurs alors que lors de la vente précédente, sur les 17 913 sacs proposés 15 547 sacs avaient été achetés. Globalement, les prix ont baissé de $ 6,30 pour un sac de 50 kg d’Arabica doux, les Robusta baissant de $ 1,45 les 50 kg. Ceci dit, les Arabica se sont vendus à $ 10,62 au dessus de New York et les Robusta en prime de $ 17,53 sur Londres.
Au Cameroun, les exportations de Robusta ont baissé de 52%, à 13 516 t, sur la campagne 2012/13 qui s’est achevée fin août par rapport à la précédente, selon l’Office national café cacao (ONCC). En revanche, les exportations d’Arabica ont légèrement progressé, atteignant 2 513 t contre 2 002 t.

CEREALES. La production mondiale de blé serait de 693 millions de tonnes (Mt), selon le Conseil international des céréales (CIC) qui a révisé à la hausse ses prévisions antérieures. En effet, les récoltes européennes et nord-africaines ont été meilleures que prévues. Alors qu’on attendait une récolte de 5 Mt au Maroc, elle serait en définitive beaucoup plus élevée, à 7 Mt ; elle n’était que de 3,9 Mt en 2012/13.
La consommation mondiale de blé est estimée à 687 Mt, en légère baisse par rapport aux 688 Mt initialement anticipées, mais bien au dessus des 673 Mt de la campagne dernière. Les stocks s’élèveraient à 180 Mt fin 2013/14 contre une prévision précédente de 176 Mt.
Quant au maïs, la production mondiale a été révisée en baisse de 2 Mt à 943 Mt, les belles perspectives de récolte en Ukraine (28 Mt contre 24 millions anticipées) étant plus que compensées par une médiocrité anticipée dans l’UE et la Chine (-4 Mt à 210 Mt).
En Afrique du sud, le gouvernement a légèrement révisé à la hausse aujourd’hui ses prévisions de récolte, à 11,722 Mt sur 2013 contre 11,513 Mt. Ceci devrait comprendre 5,58 Mt de maïs blanc et 6,142 Mt de maïs jaune, selon le Comité gouvernemental d’estimation des récoltes.

COTON L a Chine et encore la Chine. Cette semaine, la confirmation que la production chinoise s’inscrit en recul a fait monter les cours à New York sur trois jours, clôturant jeudi à 85,47 cents la livre pour le contrat de décembre. Avec une moindre superficie et des conditions météorologiques défavorables, la production chinoise devrait baisser de 5,1% à 6, 315 millions de tonnes (Mt), selon le ministère de l’Agriculture. A noter que la National Development and Reform Commission (NDRC) a indiqué vendredi que les quotas d’importation à très bas tarifs pour les céréales et le coton étaient pour 2014 identiques à ceux fixés pour 2013. Ainsi, ce quota pour le coton est de 894 000 tonnes.
La baisse anticipée de la production en Chine, e retard accumulé aux Etats-Unis dans le développement des cotonniers en raison d’un début de saison sec, les pluies importantes qui s’abattent dans le Gujarat en Inde, autant de craintes sur les récoltes de l’hémisphère Nord qui ont soutenus les cours à New York cette semaine souligne un courtier. Et ajoute t’il, qui devrait les maintenir jusqu’à décembre autour de 86 cents la livre.
Une baisse de la production en Chine, qui, en dépit de la hausse de celle du Brésil et de la Turquie, qui a conduit Cotlook à réduire de 149 000 tonnes ses prévisions de la production mondiale en 2013/14 à 25,54 Mt contre 25,689 MT en août. Avec une légère hausse de la consommation en Inde, les stocks mondiaux baisseront à 1,839 Mt contre 1,948 Mt (estimation d’août). Pour Cotlook, la production chinoise s’élèverait à 7 Mt.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont terminé la semaine en hausse, après trois séances consécutives de baisse, permettant de réaliser le premier gain hebdomadaire, certes faible (0,5%), depuis trois semaines. La baisse du ringgit a suscité un regain d’intérêt des acheteurs tandis que les investisseurs se détournent de l’huile de palme avec la perspective d’une offre abondante dans les prochains mois. La hausse à venir de la production incite les gouvernements de Malaisie et d’Indonésie à encourager la consommation domestique d’huile de palme pour le biodiesel dans l’espoir d’alléger les stocks. La consommation d’huile de palme en Indonésie est attendue en hausse de 5,9% en 2014, tirée par une politique volontariste d’augmenter la part de l’huile de palme dans le biodiesel de 7,5% à 10%, selon le président de l’Indonesian Palm Oil Board, Derom Bangun. La Malaisie étudierait la mise en place d’une politique semblable, mais sans donner aujourd’hui plus de détails. Actuellement la part de l’huile de palme dans le biodiesel est de 5%.

RIZLa Thaïlande, qui a renouvelé pour cette année son plan d’intervention d’achat de riz à un prix supérieur pour soutenir ses producteurs, doit chercher des financements supplémentaires. Elle devrait dépenser 270 milliards de bath ( $8,6 milliards) pour le maintien de son plan d’intervention cette année. Depuis son démarrage, en octobre 2011, cette politique de soutien à coûter quelque $667 milliards de bath. Une politique coûteuse à tout point de vue. Les exportations ont chuté de 36% cette année à 2,27 Mt, par rapport à la même période en 2012 (3,56 Mt). En outre, les exportateurs thaïlandais développent leur contact avec le s usiniers du Cambodge afin de disposer d’offres de riz moins chères pour l’exportation. Nous développons des réseaux au Cambodge, en renforçant nos contacts avec des usiniers locaux pour s’assurer que nous aurons plusieurs types de grain à prix compétitif pour l’exportation » a déclaré le président d’honneur de la Thai Rice Exportater Association, Charoen Laothamatas. Cette semaine, le riz 5% de brisure de Thaïlande se situait à $435 la tonne contre $425 la semaine dernière. Au Cambodge la même qualité est à $400 la tonne. Un différentiel qui devrait booster cette année les exportations cambodgiennes.
Au Vietnam les prix à l’exportation ont légèrement augmenté cette semaine après un plus bas de trois ans atteint ce mois-ci, le 5% de brisures se situant entre $360 et $365 la tonne. Si les prix demeurent attractifs, la demande est faible. De janvier à septembre 2013, les exportations de riz du Vietnam ont chuté de 12,3% par rapport à la même période en 2012. Elles s’établiraient à 5,48 Mt. En valeur, elles diminuent de 14,6% à $2,41 milliards.
La National Development and Reform Commission (NDRC) a maintenu inchangé en 2014 le quota d’importation de riz à faible droit de douane, soit 5,3 Mt.

SUCRE. Le sucre roux sur le marché à terme de New York a légèrement baissé après avoir atteint mercredi 18,19 cents la livre, son plus haut depuis le mois de mars. Au Brésil, la cadence de la récolte commence à ralentir après avoir atteint un pic, les pluies freinant le processus de récolte et réduisant la teneur en sucre de la canne. Les raffineries de sucre dans le Centre-Sud du pays ont réduit de 8% leur production sucrière la première quinzaine de septembre. Ceci dit, une plus faible productivité brésilienne ne changera en rien la perspective d’un excédent mondial important car de nombreuses autres régions à travers le monde, comme la Thaïlande, l’Amérique Centrale ou encore l’Onde, sont en hausse.
La production européenne de sucre devrait baisser de 7% en 2013/14, à 16,01 millions de tonnes (Mt) a annoncé aujourd’hui la Commission européenne. La France, en tête de peloton, produirait 4,3 Mt suivie de l’Allemagne avec 3,5 Mt et la Pologne avec 1,4 Mt.
AuMozambique, les exportations ont atteint $117 millions en 2012, soit 29,6% de plus qu’en 211, selon l’IPEX Export Promotion Institute.

THÉ Pour la deuxième semaine consécutive, le prix moyen aux ventes aux enchères hebdomadaires de Mombasa, au Kenya, a progressé atteignant $4,03 le kilo contre $ 3,91 le kilo contre $ 3,82 la semaine précédente, selon Africa Tea Brokers (ATB). Les Best BP1 se sont vendus à $3,4-4,65 le kilo contre $3,40-4,41 le kilo la semaine dernière et les Brighter Pekoe Fanning Ones (PF1s) ont oscillé dans une fourchette allant de $2,25-$2,90 contre $ 2,27-2,82. Quelque 117 377paquets ont été mis en vente avec 23,49% d’invendus contre 119 356 paquets la semaine dernière.

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