27 septembre 2019 - 20:01 |

La Chronique Matières Premières Agricoles au 26 septembre 2019

La semaine a été marquée par la procédure d’impeachment à l’encontre du président Trump dont l’impact potentiel n’est pas à sous-estimer sur les marchés même si elle semble avoir peu de chances d’aboutir. Donald Trump qui souffle toujours le froid et le chaud dans ses relations commerciales avec la Chine. Avec la reprise de la production en Arabie Saoudite, les prix du pétrole sont orientés à la baisse. Côté monnaie le dollar sort renforcé.

 

CACAO - CAFÉ - CAOUTCHOUC - COTON - HUILE DE PALME - RIZ - SUCRE

CACAO

Le cacao s’est encore apprécié cette semaine terminant hier soir à Londres à £ 1 885 la tonne, parti de £ 1 866 vendredi dernier, tandis qu'à New York, il passait de $ 2 451 à $ 2 505. Le cacao a fortement rebondi après avoir atteint un bas à $2 165 la tonne en août dernier mais les perspectives de gains supplémentaires semblent limitées à mesure que les perspectives d’offre s’améliorent.

A quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne 2019/20 et de la fixation du prix minimum au producteur en Côte d’Ivoire, la récolte de cacao a démarré plus tôt que d’habitude. Si es pluies ont été inférieures à la moyenne la semaine dernière dans la plupart des régions productrices,  les conditions de croissance dans les plantations semblent bonnes. Selon des sources du Conseil ivoirien du café et du cacao, le nouveau prix à la production, qui doit être officiellement annoncé lundi, devrait augmenter passant de FCFA 700 ($1,30) le kilo à FCFA 825 ($1,4) le kilo. Une hausse espérée par les acheteurs de cacao qui stockent depuis six semaines de grandes quantités de fèves en brousse. Les volumes stockés habituels à cette période de l’année seraient beaucoup plus importants cette année, entre 90 000 et 100 000 tonnes contre 40 000 à 50 000 tonnes l’année dernière. Une situation qui inquiète les exportateurs car cela pourrait nuire à la qualité.

La récolte principale de cacao 2019/20 se situerait entre 1,65 et 1,7 million de tonnes (Mt) selon un sondage réalisé par Reuters. Elle serait donc d’un un niveau comparable à celui de 1,66 Mt en 2018/19. Quant aux arrivées dans les ports d’Abidjan et de San Pedro, elles ont ont totalisé 2,144 Mt (1er octobre-22 septembre), soit 10,7% de plus que sur la même période en 2018/19, selon les estimations des exportateurs.

Au Ghana, le Cocobod et le conglomérat chinois Genertec ont conclu un PPP pour construire une usine de transformation de fèves de cacao d’un coût de $100 millions à Sefwi Wiawo (Lire : Ghana-Chine : PPP pour une usine de transformation de cacao).

Côté entreprise, Cargill a investit $5 millions dans son usine de Mouscron en Belgique pour produire un chocolat à teneur réduite en sucre et ainsi répondre à la demande des consommateurs. Selon une étude réalisée par Cargill sur les tendances mondiales en matière d’aliments et de boissons en 2019, 54% des consommateurs sont prêts à payer davantage pour du chocolat sans sucre ou avec teneur en sucre réduite. De son côté, Barry Callebaut va prochainement commencer à construire une chocolaterie de €45 millions dans la ville serbe de Novi Sadn selon un communiqué gouvernemental.

CAFÉ

Les cafés ont relativement peu bougé cette semaine. Parti de $ 1 310 la tonne vendredi dernier à Londres, le Robusta a terminé hier soir à $ 1 314.  L'Arabica, quant à lui, est remonté au dessus de la barre du dollar, à $1,0085 cents la livre hier soir contre $ 98,75 cents la livre vendredi dernier.

"Nous restons optimistes pour l’Arabica car la baisse des stocks certifiés, conjuguée à l'incertitude sur les cultures d'Arabica lavé 2019/20, soutiendra probablement le marché", a déclaré Rabobank dans une note. De son côté Marex Spectron anticipe un déficit d’Arabica d’environ 5 millions de sacs en 2019/20. " À mesure que la campagne avancera, les rabais appliqués aux stocks certifiés augmenteront, ce qui les rendra encore plus compétitifs. Nous prévoyons que le stock total baissera entre 0,5 - 1,0 million de sacs d'ici l'été prochain " a-t-il précisé.

Le président colombien Ivan Duque, a appelé en marge de l’assemblée générale de l’ONU et après s'être entretenu avec des représentants de 30 pays producteurs de café, dont le Brésil, le Vietnam, le Mexique, le Honduras, le Guatemala et l'Indonésie, les acheteurs de café à réduire l'écart de revenus avec les agriculteurs, alors que les producteurs continuent de se débattre face à des prix bas. "Je vous invite à poursuivre l'engagement d'adopter dans nos pays cette vision de la durabilité dans toute la chaîne, à commencer par la durabilité et la protection des petits producteurs", a-t-il déclaré. Quelques jours auparavant les torréfacteurs et les négociants en café s’étaient engagés dans la déclaration dite de Londres à assurer la durabilité économique du secteur mondial du café (Lire : Crise du café : les torréfacteurs et négociants s’engagent en faveur de la durabilité).

L’Ouganda via Uganda Coffee Development Authority (UCDA)a signé avec l’entreprise publique chinoise Yunnan Coffee Exchange (YCE), qui a pour mission de promouvoir le développement de l'industrie du café en Chine,  un accord de coopération pour accroître les exportations mais aussi pour développer l’industrie du café en Ouganda. YCE collaborera avec UCDA pour harmoniser les spécifications de classement du café et promouvoir les cafés ougandais en Chine. Cao Ronggen à la tête de la délégation de l’YCE a déclaré qu'une fois que le café ougandais respecterait les normes requises et serait produit dans les bonnes quantités, il sera échangé sur le marché boursier chinois qui sera lancé l'année prochaine. YCE et UCDA ont également convenu de tirer parti des financements prévus dans le cadre du Forum sur la coopération sino-africaine et de l'accès préférentiel au marché chinois afin d'accroître les exportations de café.

CAOUTCHOUC

Les cours du caoutchouc sont globalement inchangés cette semaine clôturant jeudi à Tokyo à 166,3 yens ($1,53891) le kilo contre 166,7 yens vendredi dernier. Sur le marché de Shanghai, ils sont en retrait passant de 11 870 yuans la tonne à 11 730 yuans ($1 647) à la clôture hier. "Les prix du caoutchouc sont en baisse en raison de l'inquiétude suscitée par la demande de pneumatiques. Les stocks élevés de caoutchouc et l'incertitude politique croissante ont également limité la reprise des prix" indique Ho Kheng Ann de Phillip Futures. Ajoutant "Les faibles perspectives économiques continuent également de faire pression sur les prix du caoutchouc". En particulier, la demande de la Chine reste faible.

COTON

Une certaine inertie règne sur le marché du coton avec un faible volume de ventes. Les cours sont globalement inchangés même s’ils ont alterné hausse et baisse. Hier, ils ont clôturé à 60,28 cents la livre contre 60,82 cents vendredi dernier. Si les achats de soja et de porc américain de Chine reprennent, ce qui n’est le cas du coton.

Les prévisions de la production et de la consommation mondiale de coton pour la campagne 2019/20 ont été revues en septembre à la baisse par Cotlook. La baisse de la production aux Etats-Unis, au Pakistan et dans les pays de la zone franc n’a été que partiellement compensée par les augmentations en Inde et en Turquie. Ainsi la production mondiale recule de 148 000 tonnes à 25,531 millions de tonnes (Mt). Côté consommation, elle a été réduite de 104 000 tonnes à 25,615 Mt avec des baisses notamment en Inde, aux Etats-Unis, en Indonésie et au Brésil.

En Inde, les négociants indiens ont du mal à signer des contrats d'exportation pour la nouvelle campagne car les prix locaux sont supérieurs aux prix mondiaux après que New Delhi a relevé le prix d'achat minimum pour soutenir les agriculteurs, a déclaré Arun Sekhsaria, directeur général de l'exportateur D.D. Cotton à Reuters. La baisse des exportations du premier producteur mondial de coton lors de la saison 2019/20 à compter du 1er octobre pourrait soutenir les prix mondiaux et aider les concurrents tels que les États-Unis et le Brésil à augmenter les cargaisons destinées aux principaux acheteurs asiatiques comme le Vietnam, le Bangladesh et le Pakistan. Le coton indien est proposé aux acheteurs du Bangladesh et du Vietnam aux environs de 77 cents la livre (embarquement novembre/décembre), contre environ 70 cents pour les envois des États-Unis et du Brésil, ont annoncé des négociants en marge d'une conférence. L’Inde a relevé le prix minimum d’achat du coton brut de 38% en deux ans, le portant à 5 550 roupies indiennes pour 100 kilos. Généralement à cette période, les négociants ont signé des contrats d’exportation pour environ 800 000 balles, mais cette année, ils n’ont réussi qu’à vendre environ 300 000 balles, a déclaré un distributeur basé à Mumbai.

La production de coton de l'Inde pour la saison 2019/20 devrait grimper de 20% par rapport à l'an dernier, pour atteindre 37,5 millions de balles, son plus haut niveau en cinq ans. Afin de soutenir les prix locaux, la Cotton Corporation of India (CCI) pourrait acheter jusqu’à dix millions de balles (de 170 kilos) de coton aux agriculteurs lors de la campagne 2019/20 (Lire : L’Inde à la rescousse pour relever les prix du coton).

Le Nigeria ambitionne de développer la production de coton dans le cadre de sa politique de relance de son industrie textile et de vêtement. A l’appui du Anchor Borrowers Programme, géré par la Banque centrale du Nigeria (CBN), l’ambition est de porter d’ici à trois ans la production à 450 000 tonnes de coton contre environ 300 000 tonnes attendues pour cette campagne. Le programme devrait concerner 300 000 agriculteurs dans 26 des 36 Etats du pays. Le gouverneur du CBN, Godwin Emefiele, a précisé que quelque 6 000 tonnes de semences améliorées avaient été importées auxquelles s’ajoutent 2 000 tonnes produites localement. En outre, une vingtaine d’usines d’égrenage dans les Etats de Borno, Gombe, Kano, Katsina, Kebbi, Niger et Zamfara ont été identifiées pour traiter le coton.

HUILE DE PALME

Les cours de l’huile de palme ont glissé cette semaine sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange passant de 2 224 ringgits la tonne vendredi dernier à 2 169 ringgits ($518,81) la tonne à la clôture hier, affectés par la faiblesse du complexe des huiles végétales et de la demande. Du 1er au 25 septembre, les exportations de Malaisie ont chuté d’environ 20% selon Amspec Agri Malaysia et SGS. Toutefois, les cours ont gagné 1% jeudi avec des prévisions haussières affichées lors d’une conférence en Inde. En effet, les prix de l'huile de palme brute en Europe devrait atteindre $620 la tonne, soit $570 FAB d'ici le deuxième trimestre de 2020, parallèlement à la diminution des stocks, a estimé James Fry, président de LMC International. Un autre analyste estime que les importations de l’Inde devrait progresser (voir ci-dessous). En outre, la Malaisie a annoncé l’exonération des droits à l'exportation pour l'huile de palme brute et l'huile de palmiste du 1er octobre à la fin du mois de juin prochain afin de réduire les stocks sur le marché intérieur.

En Inde, les importations d’huile de palme devraient progresser de 2% en 2019/20 pour atteindre un niveau record, la consommation augmentant plus rapidement que les approvisionnements locaux. Elles s’élèveront à 9,7 millions de tonnes (Mt), a estimé Govindbhai Patel, directeur de la société de négoce G.G. Patel & Nikhil Research Company. Quant aux importations d’huile de soja, elles pourraient s’élever à 3,4 Mt (contre 3,1 Mt) en 2018/19 en raison de la baisse de la production nationale à 9 Mt (-12,6%) suite aux pluies excessives. Celles d’huile de tournesol atteindraient 2,5 Mt. Ainsi, les importations totales d'huile alimentaire de New Dehli pourraient atteindre un record de 15,6 Mt en 2019/20, en hausse de 3,8% par rapport à l'année précédente, a déclaré Govindbhai Patel. Une réponse à la consommation qui devrait elle aussi atteindre un record de 23,6 Mt.

L'Indonésie ne percevra aucune taxe sur les exportations d'huile de palme avant le 1er janvier 2020, selon le ministre en chef de l'Economie, Darmin Nasution. Selon une estimation du ministère du Commerce, le prix de référence de l'huile de palme est de $574,9 la tonne, ce qui signifie que le gouvernement devrait commencer à percevoir des taxes le mois prochain, a déclaré Darmin Nasution, précisant que le délai avait été décidé par le président, et reflète l'inquiétude que les taxes pourraient réduire les revenus des agriculteurs. Les règles gouvernementales stipulent que des taxes de $10 à 25 par tonne devraient être perçues sur les exportations d’huile de palme lorsque le prix de référence est supérieur à $570, avec des taxes plus élevées de $20 à $50 par tonne lorsque les prix dépassent $619. Suite à la faiblesse des cours de l’huile de palme, l'Indonésie n'a pas perçu de taxe depuis décembre 2018.

Côté entreprise, les résultats financiers au 1er semestre 2010 du groupe DekelOil en Côte d’Ivoire ont été dopés par la forte hausse de sa production d’huile de palme (voir nos informations ).

RIZ

Les prix à l'exportation du riz indien ont reculé cette semaine, la demande de l'Afrique étant en baisse, tandis que les expéditions en provenance de Thaïlande restaient faibles en raison d'un fort baht.

En Inde, les prix du riz étuvé 5% ont reculé à $371-$375 la tonne contre $373-$379 la semaine dernière. La demande des pays africains est en baisse depuis quelques semaines, alors même que les prix à l'exportation ont été corrigés.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% sont quasi-stables à $400-$420 la tonne contre $400-$418 la semaine dernier. Le bath fort baht a écarté les acheteurs potentiels qui trouvent des marchés moins chers ailleurs, comme au Vietnam. "Le prix ne fluctue que du fait du taux de change en ce moment, tant l'offre que la demande restant inchangées", a déclaré un négociant basé à Bangkok.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% ont grimpé à $335 la tonne contre $325 le niveau le plus bas depuis novembre 2007. Les données préliminaires ont montré qu'au moins 37 100 tonnes de riz devraient être chargées dans les ports de Ho Chi Minh-Ville du 1er au 9 octobre, la plupart des envois étant destinés à l'Afrique de l'Ouest et à la Malaisie, selon les négociants.

SUCRE

Rebond sur le marché du sucre sous l’impulsion des fonds et des perspectives d’un déficit en 2019/20. Même s’ils se sont négociés à la baisse jeudi- le surplus d’approvisionnement à court terme ayant pesé sur l'échéance octobre – les cours se sont appréciés cette semaine. Le sucre blanc a terminé hier à Londres à $339,80 la tonne contre $323,90 vendredi dernier tandis que le sucre roux cotait hier à New York $11,63 cents la livre contre $11,02 en fin de semaine dernière.

"Une position courte très importante et les perspectives d'un déficit mondial signifient que les prix inférieurs à 12 cents sont jugés trop bas", a déclaré un opérateur.

Au Brésil, la production de sucre en 2019/20 est estimée aujourd’hui à 20 millions de tonnes, soit 4,9% de moins que sur la même période en 2018/19, selon l’association des industriels brésiliens de la cane à sucre (Unica).

En Inde, les usines indiennes ont du mal à exporter leurs excédents de sucre, même après l'annonce d'une subvention par New Delhi, a déclaré le président LMC International.

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