28 janvier 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Des marchés bouillonnants


(27/01/2011) CACAO Depuis lundi, et la demande d’Alassane Ouatara de suspendre pour un mois les exportations de cacao de Côte d’Ivoire, les cours du cacao sont poussés vers le haut. Jeudi, ils clôturaient à $ 3 361 la tonne à New York dans un marché très actif avec des volumes en hausse de 40% par rapport à la moyenne mensuelle à environ 20 000 lots, et à £ 2 207 la tonne à Londres. Et ce bien que l’on soit en fin de campagne, il ne resterait qu’environ 300 000 tonnes à exporter, 700 000 tonnes ayant été déjà expédiées. Les cinq plus grosses compagnies, dont Cargill, se sont rangées à l’appel d’Alassane Ouatara, et ont suspendu leurs exportations sans stopper les achats de fèves qui s’amassent dans les entrepôts pleins. La contrebande de fèves vers le Ghana serait accentuée. Les prix physiques, suivant les origines, ont gagné entre €70 et 100 la tonne en une semaine.

CAFE Une nouvelle semaine de va et vient à sur le marché de New York avec une baisse vers 230 cents la livre pour l’échéance mars sous la pression de la vente des fonds puis une remontée du marché le lendemain au dessus de 240 cents la livre. « Sur le terme les volumes journaliers restent élevés à New York , mais la position ouverte évolue peu souligne un courtier. Quant à l’activité physique, elle reste cantonnée sur le court terme. La situation en Côte d’Ivoire n’a pour l’instant pas de répercussion sur le marché, les premiers embarquements de la nouvelle récolte n’étant attendus qu’en février.
Selon un pool d’analystes réunis par Reuters, les prix de l’Arabica devraient s’apprécier de 12,3% d’ici à la fin 2011 à 270 cents la livre, soit sont plus haut depuis juin 1997, suite à une forte diminution de l’offre. Pour le Robusta, une augmentation de la consommation devrait aussi relever son cours avec pour la deuxième position un prix de $ 2 350 la tonne d’ici à la fin de l’année.
Les prix du café en Tanzanie ont atteint un plus haut la semaine dernière sur le marché aux enchères de Moshi, laissant présager une nouvelle campagne avec des prix élevés avec la pénurie de l’offre sur le marché mondial, selon le Tanzaniaé Coffee Board (TCB). Le prix de référence du café AA a atteint un sommet de $338 le sac de 50 kg contre $ 305,20 lors de la session précédente le 13 Janvier. Une hausse qui reflète une baisse des stocks. Adolph Kumburu, directeur général du TCB, estime que « le prix du café restera élevé aux ventes aux enchères à venir parce que la consommation dépasse l’offre en raison du développement de nouveaux marchés émergents dans les pays d’Asie comme la Chine.” Le TCB prévoit une production 2010/11 (juin/avril) à 55 000 tonnes contre 36 000 tonnes en 2009/10.
Au Kenya les prix des cafés de qualité sont redescendus la semaine dernière à $ 726 d’un plus haut atteint à $ 1 011 le sac pour le AA.
EnCôte d’Ivoire, les exportations de café ont chuté de 35% à 17 512 tonnes d’octobre à décembre 2010 par rapport à la même période de 2009.

CAOUTCHOUC Les prix du caoutchouc à Tokyo ont progressé de 4% jeudi, après le rally de Shanghai provoqué par le retour aux achats des investisseurs, notamment japonais, après que le marché ait atteint la veille un plus bas de deux semaines sur des prises de bénéfices. Le contrat pour la livraison Juillet a clôturé à 467,3 yens.
Les préoccupations sur des pénuries d’approvisionnement, les prix record sur le marché physique ainsi que la perspective d’une demande ferme offrent de solides soutiens à la hausse des prix à long terme. Cependant, le marché n’est pas exempt de risques de baisse à court terme, soulignent les traders. Les prix pourraient se stabiliser avec le démarrage du nouvel an chinois le 2 février ainsi que l’éventualité d’un nouveau resserrement de la politique monétaire de la Chine avant les fêtes.
Les exportations de caoutchouc de Côte d’Ivoire ont totalisé 246 996 tonnes en 2010, en hausse de 12% par rapport à 2009, y compris des volumes en provenance du Liberia. La production a enregistré une hausse de 10% en 2010 à 227 000 tonnes et devrait encore progresser de 5% en 2011 selon l’Apromac.

CEREALES Le blé sur le marché de Chicago gagne encore, clôturant à un plus haut de 29 mois, les investisseurs étant dans l’attente de nouvelles offres d’importation en provenance du Moyen-Orient et de l’Afrique pour donner une direction de prix. L’Algérie vient d’acheter 850 000 tonnes de blé pour sécuriser ses approvisionnements et éviter une flambée des cours domestiques. D’autres pays devraient suivre face à la crainte d’une réplique de la « révolution » tunisienne dans leur pays.

CLOU DE GIROFLE « Ou acheter des clous de girofle ? » s’interroge Emmanuel Nee de Sivanil. En Afrique, aucune offre des Comores et de Zanzibar pour les six prochains mois tandis qu’à Madagascar 80% de la récolte est vendue et les prix gagnent $100 par semaine. Au Brésil, même tendance où la commercialisation touche à la fin et où les cargos de bonne qualité se payent à un prix plus élevé. En Asie, la récolte est retardée au Sri Lanka et elle sera probablement moindre et en Indonésie, pas de hausse en vue de la production. Conséquence « le marché du clou de girofle est très chaud ces jours ci », soutenu par une demande indienne ces deux dernière semaines, l’Europe et les Etats-Unis étant calmes. En conclusion, il n’y a aucune raison que le marché décline. Aujourd’hui, aucun contrat ne se négocie en dessous d’un niveau $ 5850/5900 la tonne sur une base FOB.

COTON Le marché du coton a gagné plus de 22% depuis la mi-janvier, après un quasi doublement en 2010, porté par des cours élevés en Chine et partiellement par le resserrement des stocks livrables sur Ia bourse américaine d’ICE.
Lundi et mercredi, les cours ont atteint la limite de progression, +6 cents, et ont clôturé jeudi juste au-dessous de 170 cents la livre pour le contrat de mars après être monté jusqu’à 172,83 cents la livre avec un volume élevé des échanges à plus de 35 000 lots. Les exportations américaines de coton ont atteint plus de 500 000 balles, soit presque deux fois plus élevées que les prévisions de la semaine dernière.
Au Mali, il ne reste plus que trois repreneurs, le singapourien Olam, le chinois Yumié et l’africain Samab, en liste pour la privatisation de la CMDT. L’adjudicataire devrait être connu à la fin du premier trimestre.
Les exportations de coton en Côte d’Ivoire ont totalisé 171 977 tonnes en 2010, en baisse de 6,5% par rapport à 2009.

SUCRE L’annonce jeudi par l’Union européenne de l’approbation d’importations additionnelles de sucre et la vente de sucre hors quota sur le marché européen a poussé les cours du sucre à un niveau proche d’un plus haut de 30 ans, le contrat échéance mars clôturant à $824,50 la tonne à Londres et 34,19 cents la livre à New York . Autre soutien du marché, l’incertitude sur la décision de la Russie de diminuer les taxes sur les importations de sucre à $50 contre $140 ainsi que sur le montant des licences d’exportation de l’Inde en 2010/11.
La production de sucre au Kenya a chuté de 4,5% à 523 522 tonnes en 2010 mais pourrait rebondir de 6% en 2011 selon le directeur du Kenya Sugar Board. Le Kenya demeurera un importateur net, la consommation s’établissant en 2010 à 772 731 tonnes et devrait croître à 794 844 tonnes d’ici 2012. En outre, les coûts de production sont élevés, d’environ $ 570 la tonne de sucre contre $240-$290 en Egypte par exemple. Afin d’accroître la compétitivité de ses usines, le pays prévoir de privatiser 5 unités.

THE Légère hausse des prix du thé sur le marché aux enchères kenyan à une moyenne de $3,83 le kilo et chute au Bangladesh à 190,87 takas ($2,68) le kilo avec une baisse de la qualité.
La hausse des prix et des volumes ont conduit à un accroissement de 17% des recettes du thé en 2010 au Burundi à $ 18,8 millions ($16 millions en 2009) pour 7 561 tonnes (6 699 tonnes ne 2009), selon les chiffres de l’OTB. Le prix moyen en 2010 a été de $2,49 le kilo contre $2,44 en 2009.
Au Kenya, des conditions météorologiques favorables ont boosté la production en 2010 à un record de 399 millions de kilos en hausse de 27% et les recettes d’exportation ont progressé de 40% à 97 milliards de shillings ($1,2 milliard). Le prix moyen a été de $2,75 le kilo en 2010 contre $2,72 en 2009. Pour 2011, le Tea Board of Kenya anticipe une production moindre à 360 millions de kilos en raison de l’irrégularité des pluies.
Au Sri Lanka, la production 2010 est aussi en forte hausse gagnant 13,1% à un record de 329,4 millions de kilos en 2010.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +