28 février 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

L’huile de palme glisse

(28/02/2013)

CACAO L’industrie chocolatière semble bien couverte et la demande est faible, ce qui pèse sur les cours alors que, pourtant, l’offre des origines est faible : les opérateurs attendent que les prix se redressent. Mais la perspective pourrait ne pas être si lointaine car l’Organisation internationale du cacao (ICCO) a annoncé aujourd’hui que 2012/13 serait, selon ses estimations, déficitaire, de l’ordre de 45 000 t, avec une production en baisse et des broyages en hausse. Rappelons que 2011/12 avait été excédentaire, de l’ordre de 86 000 t.
La récolte principale (octobre à mars) en Côte d’Ivoire tire à sa fin avec des fèves petites (jusqu’à 115 fèves au 100 gr contre un maximum fixé par le CCC de 105 fèves au 100 gr) et d’une qualité médiocre, des fèves qui ne trouveraient guère preneurs, expliquent des planteurs à Reuters. Pourtant, le mois de février aurait été bon alors que traditionnellement c’est un mois de fin de campagne principale, période où les volumes s’amenuisent. En outre, la campagne depuis son démarrage en octobre manque de dynamisme avec des tonnages en baisse. Cette performance inattendue en février devrait se ressentir sur les chiffres d’arrivages.
Au Ghana, les achats ont atteint 587 454 t au 14 février et ce, depuis le début de la campagne le 12 octobre, soit 16,8% de moins que sur la même période en 2011/12. Rappelons que le deuxième producteur mondial a tablé sur une récolte de 800 000 t sur 2012/13, en baisse de 5% sur la dernière.

CAFÉ L’Arabica termine la période sous revue en très légère hausse (+0,2%) sur le marché à terme de New York, mais sans grande perspective de hausse avec l’arrivée ces prochains mois d’une récolte attendue record au Brésil.
Le Robusta a, quant à lui, progressé plus vaillamment en fin de période (+0,5%). La prime sur les Robusta d’Indonésie s’est réduite ces derniers jours car plus de marchandise devrait arriver des plantations. En revanche, côté Vietnam, la crainte de sécheresse pousse à la hausse les prix.
Côté demande, sur le marché du physique, l’Europe serait à la quête de grains bon marché pour des livraisons rapprochées, notamment des origines d’Amérique centrale et d’Ouganda, les opérateurs craignant une détérioration de la situation économique suite aux élections italiennes. A noter que les torréfacteurs sont globalement bien couverts, ce qui laisse peu de marge à des perspectives de hausses de prix.
De façon plus globale, les exportations mondiales de café ont atteint 9,67 millions de sacs de 60 kilos (Ms), en forte hausse de l’ordre de 19,5% par rapport à janvier 2012, selon l’Organisation internationale du café (OIC). Les exportations de Robusta ont totalisé 4,1 Ms conte 3,68 Ms en décembre 2012 et nettement plus élevées par rapport aux 3,05 Ms de janvier 2012. La performance des Arabica est plus nuancée, avec 5,57 Ms exportées contre 5,68 Ms en décembre 2012 mais en hausse par rapport aux 5,04 Ms de janvier 2012. Depuis le début de la campagne, le 1er octobre dernier, les exportations mondiales globales ont augmenté de 15,8% à 37,87 Ms contre 32,69 Ms sur la même période en 2011/12.

CAOUTCHOUC La réaffirmation de la politique de soutien de la Réserve fédérale à la reprise économique en injectant des liquidités par son président, Ben Bernanke, ainsi qu’une baisse des préoccupations sur la situation politique en Italie ont soutenu les cours du caoutchouc, qui ont gagné jeudi 4,8 yens pour clôturer à 293 yens ($3,2) le kilo. Sur le mois de février le caoutchouc a toutefois accusé une chute de 7%. Sur le marché physique, les achats de la Chine après les vacances du Nouvel n’ont pas repris comme attendu. En janvier 2013, la Chine a importé 251 088 tonnes de caoutchouc naturel, soit 85,33% de plus qu’en janvier 2012.

COTON L’annonce de nouveaux bons chiffres hebdomadaires, bien qu’inférieurs à la semaine dernière, des ventes américaines de coton a propulsé les cours jeudi à 85,29 cents la livre pour le contrat de mai. Il rattrape ainsi son niveau du 20 février dernier. Le coton a gagné près de 4% en février et plus de 12% depuis le début de l’année.
Le dernier rapport sur l’offre et la demande du coton du département américain de l’Agriculture (USDA) publié vendredi dernier prévoit que la récolte américaine pourrait être la plus faible depuis 4 ans avec des exportations à leurs plus bas niveaux en 15 ans. Mais le rapport estime aussi que la Chine devrait réduire fortement ses importations de coton, avec des volumes au plus base en cinq ans à 8 millions de balles, soit 43% de moins que la campagne actuelle.

HUILE DE PALME Sept séances consécutives de baisse pour l’huile de palme sur le marché à terme avec une clôture jeudi à un plus bas de six semaines à 2 396 ringgits ($776) la tonne avec un fort volume d’échanges. Une chute directement liée aux mauvais chiffres d’exportation de la Malaisie, en baisse entre 8,8 et 9,1% suivant les entreprises d’inspection sur le mois de février. Une baisse des cours toutefois un peu limitée par l’Inde, le premier consommateur d’huile végétale. Les autorités n’ont pas encore pris de décision immédiate quant à l’augmentation de la taxe sur les importations. En janvier, elle avait imposé une taxe à l’importation pour limiter les achats en provenance de Malaisie et d’Indonésie. « Le marché est sur une note baissière après les améliorations des conditions météorologiques en Amérique du Sud et les chiffres d’exportation en dessous des attentes » indique un négociant basé à Singapour. L’huile de palme a perdu 6,3% en février, sa plus forte chute depuis septembre.

SUCRE La déprime du sucre roux se fait encore sentir avec un plus bas depuis août 2010 atteint sur le marché de Londres hier, 17,75 cents la livre, et un redressement timoré aujourd’hui. Les fondamentaux sont là, lourds : la perspective d’une quatrième campagne excédentaire pèse sur le marché.

THE La production de thé du Kenya a augmenté de 25 à 45,3 millions de kilos en Janvier par rapport janvier 2012, principalement en raison de conditions météorologiques favorables, selon le Tea Board. Les exportations se sont élevées 39,8 millions de kilos contre 37,9 millions un an auparavant. Les prix moyens des ventes aux enchères à Mombasa a atteint $3,28 le kilo contre $2,91 en janvier 2012. ”La hausse des prix est attribuable à un regain d’achat sur la plupart des marchés en prévision de la baisse de la production au premier trimestre en raison des conditions météorologiques chaudes et sèches” a indique le directeur général du Tea Board, Sicily Kariuk. _”En outre, la demande de thé dans la plupart des marchés a généralement été plus élevée en raison des conditions hivernales.” _Le Pakistan a été le plus gros acheteur de thé kenyan représentant 26 du total des exportations. Les cinq autres principales destinations des exportations sont l’Égypte, la Grande-Bretagne, l’Afghanistan et les Émirats Arabes Unis.

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