28 février 2014 - 15:57 |

La Chronique Matières du Jeudi

L’Arabica en folie

(28/02/2014)

La volatilité des cours du café et du sucre roux a été telle cette semaine qu’à deux reprises, le marché à terme ICE Futures a dû élargir, sous conditions, sa marge de manœuvre réglementaire, règlement qui, précisément, est là pour limiter les fluctuations trop importantes des cours. Il a ainsi introduit une “reasonnability limit”.

CACAO. C’est encore et toujours la perspective d’un marché mondial déficitaire qui continue à soutenir les prix du cacao. La tonne de fèves a terminé, hier, sur le marché de Londres en hausse de $ 23, à $ 2 995 la tonne, juste en dessous des $ 3 002 enregistrés en fin de semaine dernière, son plus haut depuis le pic de septembre 2011.
En Côte d’Ivoire, les exportations de fèves ont totalisé 564 554 t entre le début de la campagne en octobre jusqu’à fin janvier, soit une progression de 13% par rapport à la même période la campagne dernière. Les exportations de produits semi-finis ont augmenté encore davantage, de l’ordre de + 21% à 138 138 t.
Mardi, le Conseil du Café-Cacao (CCC) a suspendu la licence d’exportation du trader suisse Ecom Agroindustrial et de son unité en Côte d’Ivoire Zamacom suite à un désaccord sur le paiement aux planteurs de primes liées à la certification. Les planteurs concernés se sont, en effet, plaints auprès du CCC que Zamacom ne leur aurait pas versé les primes pour du cacao certifié sur la campagne 2012/13. Des allégations considérées comme “sérieuses” selon une lettre adressée au CCC à Ecom, lettre l’informant de cette suspension provisoire. Ecom, pour sa part, estime ses revendications infondées. Un dossier qui pourrait compromettre l’accord de novembre de reprise du trader Armajaro par Ecom.
Au Cameroun, la récolte intermédiaire dans la Région Centre risque d’être impactée par des insectes, les mirides (capsid). Cette région représente 40% de la production nationale.

CAFE. Le marché du café Arabica est inquiet. La sécheresse et la chaleur au Brésil depuis fin décembre pourraient faire chuter de 15% la récolte, selon une étude du gouvernement de l’Etat de Minas Gerais. Une inquiétude dont s’est, bien entendu, emparée de suite les spéculateurs, faisant bondir le prix de prix de l’Arabica qui a terminé hier à $ 1,7930 la livre. C’est la plus forte hausse hebdomadaire enregistrée depuis 20 ans. L’activité a été intense sur le marché à terme, avec 21 300 lots échangés hier, juste en dessous de la moyenne des 250 derniers jours de cotation.
Sur le mois de février, l’Arabica aurait fait un bond de 40%, sa plus forte hausse mensuelle depuis 1994!
Selon l’étude de Minas Gerais, la sécheresse aurait endommagé près de 45% des grains d’Arabica qui seront récoltés à partir du début du mois de mai. Selon un des plus importants exportateurs brésiliens, Terra Forte, la récolte brésilienne ne serait plus que de 46 à 48 millions de sacs de 60 kilos (Ms) alors qu’en décembre, il l’avait estimée à 53 Ms.
Quant au Robusta, il suit dans les pas de l’Arabica mais plus loin derrière, avec une hausse de 20% de son prix depuis le début de l’année contre +50% pour les Arabica.

CAOUTCHOUC. Le caoutchouc a terminé aujourd’hui en hausse sur le marché à terme de Tokyo (+3,1%), tirant son soutien du marché de Shanghai qui a aussi progressé, ce qui apaise les craintes par rapport à l’affaiblissement de la demande chinoise.
En Côte d’Ivoire, les exportations de caoutchouc ont atteint 31 690 t, en hausse de 52% sur janvier 2013, selon les chiffres portuaires provisoires.

COTON.Après deux jours de baisse, le prix du coton sur le marché à terme de New York s’est ressaisi hier et a gagné près de 2%, sa plus forte hausse du mois. En effet, les exportations américaines la semaine dernière ont été de seulement 27 100 bales, un des volumes les plus faibles de la campagne en cours. C’est une baisse de 62% par rapport à la semaine précédente et de 87% par rapport à la moyenne des 4 dernières semaines.
En effet, la Chine a annulé sa commande de 22 600 balles des Etats-Unis et la Turquie de 6 700 balles. S’agissant de la Chine, l’autorité de marché a acheté la semaine dernière 194 740 t, portant ses achats totaux sur la campagne 2013/14 à 5,81 millions de tonnes (Mt) à ce jour. Rappelons que Pékin entend mettre un terme cette année à sa politique de stockage pour soutenir les prix, voulant tester le système d’allouer des subventions directes aux planteurs de Xinjiang, principale région de production.
Depuis le début de 2014, le prix de la fibre blanche a New York a progressé de 4%.
Les exportations de coton de Côte d’Ivoire ont atteint 28 672 t en janvier, bondissant de 93% par rapport à janvier 2013, selon les données provisoires portuaires.

HUILE DE PALME. Le prix de l’huile de palme a grimpé sur les marchés asiatiques aujourd’hui, stimulé par la sécheresse et par un marché globalement haussier. La progression des prix de son rival, l’huile de soja, a également soutenu l’huile de palme.
Ceci dit, la demande s’affaiblit en cette fin de mois, les exportations de Malaisie en février ayant baissé de 2,5% à 1,2 Mt par rapport au mois de janvier.

RIZ. Les prix des riz asiatiques ont été fermes cette semaine, soutenus par une demande émanant d’Afrique, de Chine et de Malaisie, juste avant que n’arrivent sur le marché les récoltes record thaïlandaise et vietnamienne. En Thaïlande, des navires ont été chargés à destination du Nigeria, du Togo et du Ghana. Les brisures 5% de Thaïlande ont augmenté de 14% vendredi dernier, à $ 435-440 FOB la tonne, et celles du Vietnam ont grimé à $ 380-400 la tonne FOB.

SUCRE. Le sucre roux a terminé hier assez ferme sur le marché à terme de New York, à 17,44 cents la livre, après avoir enregistré un pic mardi à 17,77 c/lb, son plus haut niveau depuis novembre 2013. Depuis le début du mois de février, le sucre roux a grimpé de 12%, essentiellement sur des opérations de couverture à court terme, la sécheresse au Brésil impactant ce marché.
Le sucre blanc a aussi gagné $ 7,50, ou encore 1,6% hier, clôturant à $ 483,50 la tonne.

THE. Les prix du thé ont baissé cette semaine aux ventes aux enchères de Mombassa. Le prix le plus élevé a été de $ 3,95 contre $ 4 le kilo la semaine précédente, selon l’Africa Tea Brokers. Les BP1 se sont vendus à $ 2,80-3,95 le kilo contre $ 2,94-4 la semaine précédente, tandis que les PFI étaient à $ 2,40-3 contre $ 2,34-3,30.
Sur les 145 870 paquets offerts à la vente, 12,34% n’ont pas trouvé preneurs contre 14,82% sur 143 489 la semaine précédente.

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