28 mars 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

La politique de Pékin continue d’agiter le marché du coton

(28/03/2013)

CACAO. Le marché à terme à Londres du cacao termine en légère hausse sur la semaine, à £ 1467 la tonne contre £ 1435 lundi, les pays producteurs, notamment le Ghana, saisissant cette opportunité pour vendre ce qui, d’ailleurs, limite la montée des prix. La récolte intermédiaire en Afrique de l’Ouest, qui devrait démarrer en avril, se présente plutôt bien.
Les arrivages de fèves aux ports de Côte d’Ivoire ont totalisé 1 012 000 t d’octobre au 24 mars, selon les estimations des exportateurs, contre 1 032 000 t sur la même période en 2011/12.
Au Ghana, du 12 octobre au 14 mars les achats du Cocobod se sont élevés à 598 859 t, soit 16,2% de moins que sur la même période la campagne dernière. Les estimations de récolte sur l’ensemble de la campagne sont de 800 000 t, en baisse d e5% sur 2011/12.
Les achats de fèves par les deux broyeurs camerounais, Sic-Cacaos, filiale de Barry Callebaut, et Chococam, filiale du sud-africain Tiger Brands, se sont élevés à 27 212 t du mois d’août, démarrage de la campagne, à fin février au Cameroun, contre 25 667 t sur la même période en 2011/12, selon l’Office national café cacao (ONCC).

CAFE C’est toujours l’abondance de la récolte à venir brésilienne qui pèse sur le marché de l’Arabica tandis que les pluies au Vietnam impactent le marché du Robusta à Londres. Côté achats, l’activité s’est beaucoup ralentie aujourd’hui, à la veille du long week-end de Pâques. Des achats de Robusta qui vont, de préférence, vers le café indonésien puisque sa récolte atteint son pic.
Pour sa part, l’Arabica du Kenya se porte bien, les prix s’inscrivant pour la troisième semaine consécutive à la hausse sur le Nairobi Coffee Exchange. Le sac de 50 kg de grade AA a atteint $ 502 contre $ 458 la semaine dernière. 24 781 sacs ont été offerts à la vente mais seulement 10 258 sacs ont trouvé preneurs ; la vente dernière, 5 583 sacs ont été vendus sur les 22 77 offerts.
Au Cameroun, les exportations ne se sont élevées qu’à 1 038 t entre le début de la campagne en décembre à fin février contre 1 536 t sur la même période en 201/12. Toutefois, le pays a exporté 390 t sur le seul mois de février contre 19 t en janvier, exclusivement du Robusta.
De fortes pluies en Ouganda devraient être très favorables à la récolte caféière de juin à septembre, David Muwonge, manager du National Union of Coffee Agribusinesses and Farm Enterprises (Nucafe) estimant que le pays pourrait dépasser ses prévisions d’exportations qui étaient de l’ordre de 3 millions de sacs de 60 kilos. Selon l’Uganda Coffee Development Authority (UCDA), les exportatiosns e sotn élevées à 1,3 million de sacs sur les 5 premiers mois de la campagne 2012/13 (octobre à septembre) contre 1,1 million sur la même période la campagne dernière.
En Amérique centrale, l’épidémie de “rouille” devrait faire perdre leur emploi à 972 000 personnes, estime le Central American Business Intelligence (Cabi), un cabinet basé au Guatemala, soit un cinquième des postes qui dépendent plus ou moins directement de l’industrie du café. Cabi s’attend à une baisse de 30% de la production de café dans la région en 2013 et 2014, notamment en Honduras, au Guatemala et au Salvador.

CAOUTCHOUC Légère reprise mercredi du caoutchouc sur le marché de Tokyo, qui a clôturé à 282,7 yens ($3) le kilo pour le contrat de septembre sous l’impulsion d’une amélioration économique aux Etats-Unis et la perspective de mesures supplémentaires d’assouplissement monétaire de la Banque centrale du Japon attendues pour la semaine prochaine. Toutefois, la hausse est limitée par le haut niveau des stocks, qui sont dans les ports japonais à un plus haut de neuf mois (12 553 tonnes). De même sur le marché physique, la présence de la Chine, premier consommateur mondial de caoutchouc, était absent du marché après que les stocks ont grimpé à leur plus haut niveau depuis 2010 à 115 991 tonnes.

COTON La politique de Pékin continue d’agiter le marché de coton cette semaine. Quatre séances consécutives de baisse ont été arrêtées mardi avec l’annonce par la Chine qu’elle allait allouer de nouveaux quotas d’importation et poursuivre sont programme de soutien des prix domestiques pour la prochaine récolte. Tout en disant aussi qu’elle augmenterait les ventes de sa réserve à partir d’avril, en particulier les hauts grades pour répondre à la demande des filatures. La Chine qui devrait moins planter de coton cette année. Selon, Gao Fang de la China Cotton Association, les superficies plantées devraient se réduire de 6,5% et se situer en dessous de 4,67 millions d’hectares, soit son plus bas niveau depuis 2002.
Quant aux superficies ensemencées aux Etats-Unis en 2013/14, le rapport du département américain de l’Agriculture (USDA), publié ce jour, estime qu’elles devraient être historiquement basses, estimées à 10,026 millions d’acres, soit 19% de moins qu’en 2012/13. Toutefois, l’estimation de l’USDA est au-dessus de celle réalisée en février (9,02 millions d’acres). En dépit de la récente hausse des cours, les agriculteurs délaisseraient le coton au profit de cultures plus lucratives. Ainsi, la hausse des prix des céréales devrait conduire à la plus importante récolte en maïs depuis 1936 et la quatrième plus importante récolte de soja, selon l’USDA.

HUILE DE PALME Si les cours se sont clôturés sur une note positive mercredi, ils ont perdu environ 1,8% en début de semaine. Le contexte de la zone euro et la situation chypriote ont pesé sur le marché mais aussi les mauvais chiffres à l’exportation de la Malaisie. Sur les 25 premiers jours de mars, elles ont chuté de 7,5%. Une baisse inattendue des embarquements provoquée notamment par des moindres achats de l’Inde et de l’Europe. Ce qui ralentit la réduction des stocks, qui étaient de 2,44 millions de tonnes (Mt) à la fin février. Les négociants s’attendent toutefois à ce que le ralentissement de la production réduise les stocks dans les semaines à venir.
Quant à l’Inde, le directeur du premier importateur d’oléagineux Ruchi Soya, Dinesh, estime que les importations indiennes d’huile de palme pourraient augmenter de 17% en 2012/13 (octobre) pour atteindre 9 Mt , dont 1,5 Mt d’huile raffinée, en raison de la compétitivité de l’huile de palme et ce en dépit de la taxe de 2,5% sur les importations d’huile de palme brute en vigueur depuis janvier.

RIZ Les prix du riz en Asie ont chuté cette semaine et pourraient subir des pressions supplémentaires à la baisse après la décision du Vietnam de retirer l e prix plancher pour l’un de ses principaux grades à l’exportation( le 5% de brisure) tandis que la faiblesse du baht a conduit à un rétrécissement des offres des exportateurs thaïlandais. Le Viet 5% se situait entre $398 et $400 la tonne contre $405-410 la semaine dernière et le Viet 25% à $375 contre $380 dans un marché calme. ”Le marché africain est bloqué par les ventes de l’Inde et du Pakistan, tandis que la Chine a également ralenti l’achat» indique un négociant au Vietnam. Pour le Thaï 5%, les prix ont perdu $20 en une semaine.

SUCRE Le sucre roux, coté sur le marché à terme de New York, termine à 17,61 cents la livre, non loin de ses plus bas en 2 ans et demi et avec peu de perspective de redressement étant donné l’arrivée imminente sur le marché de la récolte brésilienne qui s’annonce particulièrement abondante. Plusieurs traders voient les prix tomber à 16 cents.
Ces faibles prix devraient inciter les raffineurs indiens à importer un total de 1,4 million de tonnes (Mt) cette année jusqu’au 30 septembre (1,135 million étant déjà importées) plutôt qu’à puiser dans les stocks nationaux qui sont pourtant surabondants, estime ED & F Man. En outre, l’Inde devrait produire 25 Mt de sucre cette campagne qui s’achève en septembre, soit largement plus que ses 23 Mt de consommation nationale. Rappelons que l’Inde est le deuxième producteur mondial de sucre derrière le Brésil.

THÉ Le prix moyen des thés aux ventes aux enchères de Mombassa s’est inscrit à nouveau à la baisse cette semaine, à $3,50 contre $ 4,01 le kilo la semaine dernière. Selon Africa Tea Brokers (ATB), les Best Broken Pekoe Ones se sont vendues à $4,20-$2,80 le kilo contre $5,02-$3,00 précédemment. Les Best Pekoe Fanning Ones sont partis à $3,18-$2,84 le kilo contre $3,48-$2,9. Au total, 128 159 paquets ont été offerts à la vente et 14,5% sont demeurés invendus.
Au Burundi, les revenus d’exportation de thé ont chuté de 3% en février à $1,89 millions, contre $1,95 millions en février 2012, selon l’Office burundais du thé. Un recul imputable à une baisse d’environ 11% des volumes (624 718 kilos en février 2012 contre 703 387 kilos en février 2012) tandis que le prix moyen de vente a progressé à $3,04 ($2,78 en février 2012).

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