28 mai 2010 - 09:07 |

Pour la première fois en 43 ans, l'Algérie va exporter des céréales

Le début de ce qui devrait être une nouvelle ère

(28/05/10)

L’Algérie devrait procéder à sa première exportation de céréales depuis 40 ans à l’issue d’une adjudication prévue début juin, a déclaré le 23 mai le ministre algérien de l’Agriculture, Rachid Benaïssa.

L’Algérie est l’un des plus importants importateurs de céréales au monde, avec quelque 5 millions de tonnes (Mt) par an. Mais une récolte record l’an dernier a entraîné la création de stocks importants, particulièrement pour l’orge.

Rachid Benaïssa a refusé de donner des détails sur le volume potentiel des exportations, sauf pour dire que les cargaisons partiraient d’Alger. Mais une source du ministère algérien de l’Agriculture a parlé en mars dernier de 300 000 tonnes d’orge. Les autorités algériennes ont annoncé il y a un mois la tenue d’une adjudication, ce qui serait un événement symbolique pour un pays qui entend être moins dépendant des importations après une année 2008 marquée par la hausse des cours des céréales sur les marchés mondiaux.

Pour nous, c’est symbolique, c’est un retour sur le marché international depuis 43 ans. La dernière exportation avait eu lieu en 1967. On revient, donc il faudra s’habituer au marché international et redynamiser tous les dispositifs qu’il faut”, a-t-il déclaré dans une interview à Reuters. ”Je pense que début juin ça se concrétisera”, a-t-il ajouté en marge de l’assemblée générale annuelle de l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE) à Paris. ”Les discussions, les négociations entre l’Office et les opérateurs qui sont interessés avancent bien.

L’Algérie a aussi suspendu les importations de blé dur par le biais de l’agence des céréales d’Etat en raison de la bonne tenue des stocks, même si Rachid Benaïssa a estimé qu’il revenait au secteur privé de décider s’il préférait faire appel aux stocks nationaux ou aux céréales étrangères.

Le ministre algérien de l’Agriculture a exhorté les investisseurs étrangers à participer aux projets d’infrastructure nationaux, dont des silos et des abattoirs, par le biais de partenariats public-privé, afin d’accroître la production et de réduire les besoins d’importation. ”Il y a un travail technique qui est en train de se faire”, a dit Rachid Benaïssa, évoquant “toute la batterie de mesures classiques”, dont le développement de semences, l’utilisation d’engrais et le renforcement de la régulation. ”Nous importerons ce qu’il faudra importer pour combler les besoins”, a-t-il ajouté.

Selon lui, la récolte de céréales en blé tendre et dur en 2010 sera au moins aussi importante qu’en 2009 mais un responsable de son ministère avait parlé des risques que faisait peser le mauvais temps sur la production 2010. Des responsables algériens avaient auparavant prévu une récolte globale de céréales équivalente à celle de l’an dernier, à 6,12 millions de tonnes. Les récoltes sont déjà en cours dans le sud de l’Algérie, bien avant celles en Europe.

Le pays entend réduire de deux tiers en cinq ans sa dépendance vis-à-vis des importations de blé tendre et envisage d’accorder aux investisseurs des concessions sur des terres.

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