28 mai 2015 - 15:15 |

Socfin a investi € 84 millions en Afrique de l'Ouest en 2014

A l'occasion de l’assemblée générale de la Socfin, qui s'est tenue hier au Luxembourg autour des deux principaux actionnaires que sont la famille Fabri et le groupe Bolloré, des manifestations se sont tenues et s'étaient tenues les semaines auparavant dans de nombreux pays où le groupe est présent, du Cambodge à la Côte d’Ivoire.

Hier, 250 représentants des 13 villages où se trouve les plantations de Socfin en Côte d’Ivoire ont manifesté, comme 300 personnes de 6 villages dans le Mondulkiri au Cambodge. Le 16 mai, au Liberia, 300 personnes s'étaient rassemblées devant la direction de la plantation LAC et 400 ont œuvré pour bloquer les plantations de Dibombarri et de Mbongo entre le 23 et 28 avril, rapporte farmlandgrab.org. C'est au Cameroun, où les actions, fin avril, ont été les plus dures.  Mediapart rapporte que "l’usine Socapalm de Dibombarri, à l’ouest du pays, a été bloquée du jeudi 23 au lundi 27 avril au soir, et la plantation Socapalm de Mbongo l’a été toute la journée du mardi 28 avril."

Ces manifestants, tous pays confondus, sont regroupées au sein de l'Alliance internationale des riverains avec pour revendications la rétrocession par la SocFin de terres considérés par les villageois concernés comme étant un espace vital ou des compensations.

Pour sa part, SocFin, contactée par CommodAfrica, déclare ne pas avoir de commentaires autres que son communiqué publié le 5 mai suite aux actions revendicatives au Cameroun, et qui déclare notamment : " Toutes ses concessions ont été acquises légalement et chaque transaction est parfaitement documentée."

"La Socapalm a été constituée il y a plus de 45 ans par l’Etat du Cameroun", rappelle encore SocFin. "Les terres qu’elle exploite restent la propriété de l’Etat qui les lui confie sous forme de baux emphytéotiques. La Socapalm a été privatisée en 2000 mais la surface de ses baux n’a pas augmenté depuis lors. Bien au contraire, plus de 20 000 ha ont été rétrocédés à l’Etat suite à la privatisation. Il est donc faux de prétendre à un « accaparement de terres »", conclut-elle.

€ 84 millions investis en Afrique de l'Ouest en 2014

Des actions sociales qui, visiblement, n'ont pas ou peu affecté l'assemblée générale, a indiqué en substance le groupe ; il faut souligner que le groupe emploie plus de 54 000 personnes à travers le monde. Sur son exercice 2014, le groupe a été essentiellement préoccupé par la baisse des cours mondiaux du caoutchouc et de l'huile de palme ainsi que par Ebola, ce qui ne l'a pas empêché d'investir un total de € 130,6 millions, dont € 84,1 millions sur la seule Afrique de l'Ouest. Sur une extension totale de 6 617 ha des superficies en palmier à huile, la quasi-totalité (6 268 ha ) est en Afrique de l'Ouest. Seul le Nigeria a bénéficié de replantation, le groupe mettant quasiment tous ses efforts sur l'Indonésie (1197 ha sur un total de 2106 ha). Quant à l'hévéa, dont le renouvellement total des surfaces est bien moindre que pour le palmier à huile, les extensions nouvelles en 2014 se partagent quasiment à égalité entre l'Afrique de l'Ouest (961 ha) et le Cambodge (1 059 ha), les replantations étant, en revanche, nettement localisées en Afrique de l'Ouest (1882 ha sur un total de 2116 ha).

SOCFIN : investissements en 2014
  € '000
Sierra LeoneSAC20 245
LiberiaLAC6 193
LiberiaSRC6 668
Côte d'IvoireSOGB11 388
Côte d'IvoireSCC670
GhanaPSG15 136
NigeriaOkomu23 500
CamerounSocapalm & SPFS8 542
CamerounSafacam1 034
Sao ToméAgrpalma4 042
RD CongoBrabanta15 817
CambodgeSocFin KCD3 965
CambodgeCoviphama4 021
IndonésieSocfindo9 759
Total 130 609

Source: Socfin

 

Sur l'ensemble de l'Afrique, les superficies de plantations du groupe ont augmenté de 17% en 2014, à 126 849 ha (108 465 ha en 2013), dont 61% (77 942 ha) en palmier et 39% (49 357 ha) en hévéa. Des superficies qui se répartissent entre 35% au Cameroun, 18% en Côte d'Ivoire, 14% au Nigeria, 15% au Liberia, 14% au Nigeria, 9% au Sierra Leone, 5% en RD Congo, 2% au Ghana et 2% à Sao Tomé.

Les investissements dans les infrastructures industrielles ont tous été réalisés en Afrique et très majoritairement en Afrique de l'Ouest : dans les huileries pour des mises en route ou des fins de travaux au Sierra Leone, en Côte d'Ivoire, au Nigeria, ainsi que dans des travaux de barrage hydraulique (1,25 MW) au Liberia.

La "palme" revient au Sierra Leone

Au Sierra Leone, la SAC (85% Socfinaf et 15% Agrifinal), qui emploie 4800 personnes, a une concession sur 17 812 ha dont 62% en palmier (11 057 ha) et 38% non plantés. Elle est extensible à 35 000 ha, le projet d'investissement de $ 97 millions (le plus important du groupe, toutes régions confondues) se déroulant de 2011 à 2016, avec une première tranche de 12 500 ha en palmier à huile, ce qui laissera encore 7 500 ha en développement pour le palmier et 10 000 ha en développement pour l'hévéa. Sa nouvelle huilerie est opérationnelle avec une capacité d'usinage de 30 t/h.

Au Liberia, Lac (détenue à 100% par Socfinaf) emploie 5 000 personnes et a une concession de 121 407 ha dont 11% (13 760 ha) en hévéa, le reste (89% ) étant non encore planté. Sa production en 2014 a fait un bond de 15,6%, à 17 896 t contre 15 473 t en 2013, sans grande évolution depuis 2010 (14 200 t). Mais l'année dernière, le résultat net de Lac a été négatif, à -€ 339 000 contre un résultat positif de € 3,9 millions en 2013, sans parler du record de € 19,4 millions en 2011.

En revanche, toujours au Liberia, la SRC (51% Socfinaf, 49% Lac) est en pleine phase d'investissement. Avec 1 500 salariés, ses 8 000 ha de concession sont à 60% plantés en hévéa (4 777 ha), les 40% restants étant non plantés encore. Entre 2013 et 2015, le groupe s'est attaché à replanter 2400 ha, 2400 autres hectares étant en développement. Avec la construction d'infrastructures et la réalisation de travaux agricoles, ceci représente un plan d'investissement de $ 19 millions prévu sur 4 ans, de 2011 à 2015.

En Côte d'Ivoire, la SOGB (privés 22%, CCP 5% et Befin 73% elle-même détenue à 87% par Socfinaf) dispose de 34 424 ha dont 46% (16 003 ha) en hévéa, 22% (7 471 ha) en palmier et 32% (10 950 ha) non plantés. Ses capacités d'usinage sont de 45 t/heure à l'huilerie de la SOGB, 10 t/h pour l'usinage du caoutchouc à la SOGB et de 3 t/h à la SCC. Les performances de la SOGB (10 200 salariés) se sont inscrites en forte hausse en 2014 avec 51 423 t de caoutchouc produit contre 43 286 t l'année précédente, 30 538 t d'huile de palme contre 28 452 t mais 1 888 d'huile de palmiste contre 2 076 t en 2013. Ceci dit, le résultat net de la SOGB a encore baissé en 2014, à € 6,9 millions contre € 8,9 millions en 2013 mais 23,2 millions en 2012 et, mieux encore, € 46,7 millions en 2011.

SCC, quant à elle, a bien performé tant en volume qu'en valeur, avec une production de caoutchouc de 19 817 t en 2014 contre 13 748 t l'année précédente et un résultat net de € 1,9 million, frisant le record de € 2 millions en 2011, et nettement en hausse sur 2013 (€ 829 000).

Au Ghana, la concession de PSG (100% Socfinaf, 1300 salariés) est de 23 500 ha mais 21 091 ha, soit 90%, sont non encore plantés; 2 007 ha le sont en palmier et 402 ha en hévéa. Les projets sont majeurs avec $ 80 millions prévus sur la période 2012-2018. Sur les 7000 ha de palmiers à huile projetés, 2000 ha sont déjà plantés et 2500 ha sont en cours ; sur les 5000 ha d'hévéa, 400 ha sont déjà plantés et 200 ha en cours. L'huilerie devrait être opérationnelle en 2018 et l'usine à caoutchouc en 2020.

Au Nigeria, sur les 21 696 ha de concession, seuls 3 223 ha (15%) ne sont pas plantés, 48% (10 387 ha) l'étant en palmier et 37% (8 086 ha) en hévéa. Okomu (66% Socfinaf, 34% public; 3000 salariés) a une huilerie d'une capacité de 60 t/ha et une usine à caoutchouc de 3 t/h. La production de caoutchouc stagne quasiment pour la 4ème année consécutive,  à 8 361 t en 2014, mais celle d'huile de palme a progressé de 6% à 31 700 t contre 27 319 t en 2013. Les résultats nets sont en chute de 25%, à € 7,4 millions, le groupe ne faisant état d'aucun projet particulier dans sa présentation lors de l'assemblée générale hier.

€ 91 millions misés sur la RD Congo

La plus importante concession du groupe est au Cameroun, avec 58 063 ha dont 57% en palmier (33 005 ha), 3% en hévéa (1 963 ha), le reste soit 40% (23 095 ha) étant non plantés. Socapalm (Socfinaf 65%, Public 10%, Etat camerounais 23%) et SPFS ont produit 91 505 t d'huile de palme en 2014, en hausse de 9% sur 2013, tandis que la production de caoutchouc ne fait que démarrer avec 732 t l'année dernière. Le résultat net est en hausse pour Socapalm, à € 9,1 millions, mais a baissé pour SPFS à -€ 674 contre +€ 644 en 2013. Notons que la capacité d'usinage est de 180 t/heure à l'huilerie de Socapalm et de 50 t/j à la raffinerie de SPFS.

La Safacam (69% Safa, 11% SNI, 20% Bourse de Douala), toujours au Cameroun, a une concession de 15 528 ha dont 37% non planté, 35% (5 366 ha) en palmier et 28% (4 366 ha) en hévéa. Sa huilerie a une capacité de 20 t/h et son usine de caoutchouc de 1 t/h. Sa production d'huile de palme est plus ou moins stagnante, à 13 828 t, comme celle de caoutchouc à 5 023 t. Ses résultats nets sont en chute régulière depuis 2011 (€ 9,8 millions), à € 2,8 millions en 2014.

SocFin mise ($ 30 millions sur 2013-2015) (Agripalma)  sur Sao Tomé où elle a repris une plantation de 2500 ha avec des rendements "extraordinaires" sans, toutefois, les préciser. Son huilerie démarrerait cette année et le groupe entend créer des jardins pour l'amélioration des semences de palmier à huile.

En RD Congo, Brabanta (100% Socfinaf) a une concession de 29 066 ha dont 21% plantés en palmier, le reste étant non planté. Son huilerie est entrée en production mi-2014 dotée d'une capacité de 18 t/h. Au total, le groupe investit $ 91 millions sur 10 ans, de 2008 à 2018, 6000 ha nouveaux devant entrer en production.

En Asie, à fin 2014, Socfinasia avait un total de 54 653 ha plantés, en très légère hausse par rapport aux 53 624 ha à fin 2013. C'est en Indonésie que se trouve 88% de ses concessions, 78% demeurant non plantés, le Cambodge ayant le reste. Sur ce total, 38 566 ha sont en palmier et le reste en hévéa. La production de caoutchouc de Socfindo est de 12 961 t, en progression constante mais faible, tandis que celle d'huile de palme atteint 208 000 t en 2014 mais en lent déclin depuis 2011 (229 000 t). Son résultat net est aussi en baisse depuis 2011, à $ 73 420 en 2014. Aucun investissement n'a été présenté pour l'Indonésie, contrairement au Cambodge  où Socfin KCD (86% Socfinasia) investit $ 45 millions sur 10 ans notamment dans une usine qui entrera en production en 2016, et Coviphama $ 25 millions sur 6 ans (2013-2018) pour développer la totalité de la concession, soit 5 345 ha, 2775 ha étant déjà planté en hévéa.

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