29 avril 2009 - 09:27 |

L’Union Africaine prend position sur l’achat de terre en Afrique

Privilégier les investissements aux achats de terre

(29/04/09) Les Etats africains les plus pauvres ne doivent plus brader leurs terres par pans entiers aux pays, notamment asiatiques, qui cherchent à s’assurer une autarcie alimentaire en ”mettant la main” sur le continent le plus affamé de la planète.
Il faut qu’ils cessent de conclure avec des pays comme ceux du Golfe ou la Chine, des accords léonins et doivent apprendre à négocier des arrangements commerciaux dont ils soient sûrs de bénéficier en termes d’autosatisfaction alimentaire et d’emplois.
Telles sont les conclusions auxquelles sont parvenus la semaine dernière les ministres des pays membres de l’Union africaine réunis à Addis-Abeba, siège de l’Union Africaine (UA), et qui seront soumises en juillet prochain au sommet de l’organisation.
Des pays comme l’Arabie saoudite, le Qatar ou les Emirats arabes unis se ruent sur les terres exploitables de pays désespérément pauvres comme l’Ethiopie ou le Soudan, alors que ceux-ci peinent à se nourrir eux-mêmes.
Le rythme de cette tendance de pays riches mais dépendant pour leurs importations alimentaires à mettre la main sur les terres agricoles d’Afrique ”est très élevé”, souligne la commissaire africaine à l’Agriculture, Rhoda Peace Tumusiime.
”La majorité des Africains sont encore pauvres et peuvent se sentir exploités par ces étrangers. Donc il nous faut améliorer la situation, si possible”, a-t-elle déclaré à l’agence Reuters, prônant des marchés mutuellement bénéfiques.
”Je ne pense pas qu’il doive s’agir d’acquisitions de terre. Ce devrait être des investissements. La population de ce continent dépend de la terre, alors, pour que ce soit bénéfique, il faut un arrangement production/commerce entre le pays hôte et le pays investisseur”, souligne-t-elle. Pour elle, cela permettrait d’accroître la production alimentaire mondiale en apportant plus de produits sur les marchés internationaux mais aussi jusque dans les foyers africains les plus pauvres.
Les ministres de l’UA attendent de ces accords correctement négociés qu’ils permettent d’améliorer les infrastructures, notamment hospitalières, les revenus fiscaux et d’impliquer les communautés locales dans la production.
Evoquant la prévision d’un million de fermiers chinois sur le continent d’ici l’an prochain, la commissaire africaine a estimé que ce serait une ”catastrophe” susceptible de créer de l’instabilité politique.
”C’est déjà arrivé dans certains pays, où des investisseurs étrangers sont venus et la population locale n’a pas été consultée. Quand on prend la terre cela peut même déclencher des émeutes. Il nous faut donc mieux nous organiser pour empêcher que tant de monde vienne.”

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