29 juin 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Recul anticipé de la production de café en 2013/14


(28/06/2013)

BOIS. Les prix des grumes d’Afrique de l’Ouest et centrale sont demeurés stables la première quinzaine de juin, selon l’Organisation internationale des bois tropicaux (OIBT), et les marchés ne devraient guère évoluer ces prochains mois. Quelques variations de prix devraient être notées pour les sciages, notamment le khaya à € 440 le m3 FAS GMS, mais rien de majeur.
Le marché semble avoir perdu son intérêt pour le padouk et l’okan et la demande en sapelli est volatile.
Globalement, la demande chinoise, toutes essences confondues, demeure forte et en croissance.

CACAO. Le cacao a terminé hier en baisse sur les marchés à terme de Londres et de New York, ayant touché son plus bas en deux ans et demi cette semaine, à $ 2 135 la tonne.
En Côte d’Ivoire, les pluies s’estompent ce qui réduit le risque de maladies mais du soleil est nécessaire pour donner un coup de pouce à la dernière ligne droite de la récolte intermédiaire. Rappelons que le négoce s’attend à ce que cette récolte, qui s’étend d’avril à septembre, soit d’environ 400 000 t. Une récolte intermédiaire qui a démarré tardivement car les conditions climatiques étaient chaudes et sèches en début d’année, ceci ayant un impact direct sur la taille et la qualité des fèves.
Depuis le début de la récolte ivoirienne, en octobre dernier, et jusqu’au 16 juin, les arrivages auraient totalisé 1 302 000 t contre 1 227 000 t sur la même période la campagne dernière, selon les estimations des exportateurs. Entre le 17 et le 23 juin, 22 000 t de fèves seraient arrivées aux deux ports d’Abidjan et de San Pedro contre 17 000 t sur la même semaine l’année dernière.
Ailleurs dans le monde, les cacaos venant du Pérou et de Colombie devraient s’échanger avec une prime de $ 80 la tonne sur ICE Futures à partir de juillet 2015, a annoncé vendredi dernier la bourse. L’introduction de cette prime refléterait la hausse de leur valeur commerciale ces dernières années, selon des traders. Jusqu’à maintenant, ces fèves étaient cotées à parité avec les contrats ICE et cette décision va les placer au même rang que 32 autres, dont l’Equateur et le Nicaragua. Pour leur part, le Ghana et la Côte d’Ivoire bénéficient d’une surcote de $ 160 la tonne pour les fèves de la campagne principale.

CAFÉ. L’Arabica a terminé la semaine en beauté, enregistrant à New York sa plus forte hausse (+2,9%) depuis début mai sur des prises de couverture à court terme. Visiblement, le marché à terme est survendu. La récolte brésilienne est toujours attendue à des niveaux record ce qui fait chuter les prix depuis deux ans, après avoir atteint $ 3 la livre en mai 2011.
Le département américain de l’Agriculture (USDA) estime que la production de café en 2013/14 atteindra 146,3 millions de sacs de 60 kg (Ms), en baisse de 3% sur 2012/13. Cette baisse serait à attribuer au Brésil qui sera dans son année basse de son cycle de production biennale : sa production est prévue à 53,7 Ms en baisse de 2,4 Ms, avec l’Arabica anticipée à 38,5 Ms et le Robusta (« conilon ») à 15,2 Ms.
La baisse attendue de la production mondiale serait également à attribuer à l’impact de la maladie de la rouille en Amérique centrale : sa récolte chuterait de 1,4 Ms pour se situer à 16,5 Ms. Le Vietnam, n°1 mondial du Robusta, devrait, de son côté, enregistrer une récolte de 24,8 Ms contre 24,95 Ms en 2012/13 à cause de facteurs météorologiques.
Ce total de 146,3 Ms représente une révision à la baisse de 600 000 sacs par rapport aux prévisions de décembre de l’USAID.
La consommation mondiale serait en hausse de 0,6% à 141,9 Ms après avoir chuté de 0,6% en 2012/13, toujours selon l’USDA. Les exportations de café vert seraient à 100,1 Ms contre 101,4 millions en 2012/13.
L’USDA estime que les stocks mondiaux gonfleront à leurs plus forts niveaux en 5 ans, à 30,5 Ms à fin juin 2014, contre 30,2 Ms en 2012/13. C’est à nouveau le Brésil qui est au centre du jeu, avec une progression attendue du quart de ses stocks pour atteindre 8,2 Ms qui vont sommeiller dans ses entrepôts contre 6,7 Ms en 2012/13. Le Brésil est au deuxième rang mondial en terme de volumes entreposés après l’UE.

CAOUTCHOUC Pour la deuxième session consécutive, les cours du caoutchouc se sont appréciés vendredi sous l’influence de la faiblesse du yen face au dollar, la hausse du Nikkei et des stocks et prix élevés du pétrole. Le contrat de décembre a clôturé à 236,3 yens ($2,40) le kilo. Toutefois, sur le mois de juin, le caoutchouc a chuté de 8,6%, soit sa plus forte baisse mensuelle depuis mai 2012. Les inquiétudes sur l’augmentation saisonnière de l’offre conjuguée à une demande diminuée en Chine devraient se poursuivre le mois prochain et le marché pourrait tomber à 205,6 yens le kilo, estime un analyste japonais.

COTON Le dernier rapport du département américain de l’Agriculture (USDA) vendredi a revu très légèrement à la hausse ses prévisions sur la superficie de coton plantée aux Etats-Unis à 10,25 millions d’acres, restant la plus petite superficie depuis 2009. Un rapport qui a permis de redresser légèrement les cours vendredi à 84,01 cents la livre pour le contrat de décembre.
Le coton a enregistré son pire trimestre depuis un an en reculant de 4%, avec de lourdes pertes en avril et mai. Toutefois depuis juin le marché a mieux résisté et a récupéré en juin une partie des pertes avec en toile de fond des inquiétudes sur l’offre de la prochaine campagne qui démarre le 1er août. En outre, Plexus Cotton estime que le soutien de la Chine pourrait s’accentuer à la fin juillet lorsque les ventes de sa réserve prendront fin. Les regards e porteront alors sur les importations chinoises de coton et de filés.

HUILE DE PALME Les investisseurs ont liquidé leur position dans la crainte d’une offre plus importante de soja provoquant la chute des cours à un plus bas d’un mois à 2 355 ringgits ($741) la tonne. L’Indonésie a décidé de relever sa taxe sur les exportations d’huile de palme brute à 10,5% à partir du 1er juillet contre 9% en juin, tandis que la Malaisie a laissé inchangé sa taxe à 4,5%.
La Rabobank dans son analyse mensuelle n’est guère optimiste sur le prochain trimestre où elle anticipe une légère baisse des cours à 2350 ringgits la tonne en moyenne. La hausse saisonnière de l’offre avec une demande timide présente le risque d’une reconstitution des stocks. En outre, les bonnes perspectives de récoltes d’oléagineux pour 2013/14 dans l’hémisphère Nord pourraient peser sur les cours de l’huile de palme.

RIZ Les cours du riz thaïlandais ont reculé cette semaine à $ 520 contre $ 530 la tonne la semaine dernière pour du Thaï 5% de brisures. Ils pourraient chuter davantage le mois prochain avec l’entrée en vigueur de la décision du gouvernement de réduire de 20% le prix garanti aux agriculteurs dans le contexte d’une faible demande. Une décision qui a provoqué la colère des paysans. Le gouvernement a aussi annoncé qu’il procéderait à des ventes ponctuelles de ses stocks dans les prochaines semaines.

SUCRE. Des ventes techniques sur les marchés à terme, liées notamment à l’intervention sur les spreads, ont fait chuter le sucre à la clôture hier des marchés de New York et de Londres. Une fois que l’échéance Octobre, la plus active sur le marché à terme ICE, a crevé le seuil établi mardi, à 17,14 cents la livre, des ordres de vente ont accentué le mouvement. C’est une forte livraison de sucre à venir en juillet, de l’ordre d’un million de tonnes de sucre venant du Mexique, d’Amérique Centrale, d’Argentine et du Brésil, qui aurait en réalité accentué le spread – l’écart de prix »- entre les positions juillet et octobre, à 0,24 cents la livre contre 0,32 avant. La prime sur la deuxième position, octobre, n’a jamais été aussi forte, ce qui fait craindre que les opérateurs sur les marchés à terme pourraient préférer « roller », c’est-à-dire revendre leur contrat et racheter le terme suivant, plutôt que livrer leur sucre.
Quant aux fondamentaux, malgré les pluies, les derniers chiffres statistiques de broyages au Brésil confirment bien l’ampleur de la récolte en cours.
Le spécialiste Kingsman a réduit son estimation d’excédent sucrier mondial pour 2013/14 à 3,927 Mt contre 4,591 Mt estimées en mai, soit une chute de 14%.
Mercredi, l’UE a décidé de mettre un terme à ses quotas sucriers à partir d’octobre 2017. Cette décision fait partie de la réforme globale de la Politique agricole commune (PAC) de l’Europe et met un terme à un système en place depuis 47 ans. Une décision qui doit encore être approuvée par les gouvernements et le Parlement européen.

THÉ Le prix moyen aux ventes aux enchères de Mombassa, mardi, a glissé à $3,19 le kilo pour un Broken Pekoe Ones, contre $3,26 la semaine dernière. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1) se sont vendues en moyenne à $2,92-$3,46 le kilo contre $2,88-$3,64 précédemment, selon le rapport de marché d’Africa Tea Brokers (ATB) et le Best Pekoe Fanning Ones (PF1) à $ 2,54-$3,15 le kilo contre $2,72-$3,22,.
 Ont été offerts à la vente 151 160 paquets dont 19,49% sont demeurés invendus, contre 160 984 paquets et 11,32% invendus aux ventes précédentes. Les acheteurs de l’Egypte et du Soudan ont été très présents , ceux du Kazakhstan, du Yemen et Moyen-Orient ont montré plus d’activité s tandis que les Anglais ont montré plus d’intérêt mais demeurent sélectifs.
Les bonnes conditions météorologiques ont fait revoir à la hausse les prévisions de production et de revenus du Tea Bord of Kenya. Ce denier anticipe une production entre 410 et 415 millions de kilos en 2013, contre 369 millions en 2012 et des revenus d’exportations à 120 milliards e shillings (1,4 milliard) contre 112 milliards en 2012. Peter Kibuku du Tea Board of Kenya estime que le prix moyen du thé devrait rebondir au deuxième semestre après avoir glissé à $ 2,87 le kilo au premier semestre par rapport à $3,02 du premier semestre 2012.

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