29 juillet 2009 - 20:59 |

Région des Grands Lacs : les NTCI au service de l’agriculture

La surveillance des maladies du manioc via les téléphones portables


(29/07/09) Les téléphones portables sont les armes inattendues utilisées pour combattre les maladies du manioc en Tanzanie, dans le cadre d’une collaboration entre scientifiques et producteurs.
En tant que membres du réseau digital DEWN (Digital Early Warning Network), des producteurs de dix districts de la région des Lacs, seront formés pour reconnaître les symptômes de la maladie mosaïque (CMD) et de la maladie des zébrures brunes (CBSD) qui affectent le manioc, selon un article de Bandé Mousa Sissoko publiée sur le Réseau Sciences et Développement (SciDevNet).
En effet, il sera donné à chaque groupe de producteurs, environ 60 personnes, une carte mémoire avec laquelle ils pourront écrire des SMS aux chercheurs leur faisant part de l’impact de la maladie, et recevront en retour des conseils pour contrôler cette maladie. Puis tous les mois ils se rencontreront afin d’échanger leurs observations.
Les maladies CMD et CBSD sont des maladies virales qui nuisent à la croissance du manioc. Dans le cas de la CMD, elle fait perdre les feuilles au plant de manioc et rend les tubercules rachitiques, et la CBSD pourrit les racines. Ces maladies se répandent très facilement et rapidement d’un plant à l’autre.
James Legg, virologiste à l’Institut international de l’agriculture tropicale (IITA) en Tanzanie et chef de ce projet, explique que le DEWN fait partie d’un plus large projet dénommé « Great Lakes Cassava Initiative (GLCI) » dont l’objectif est d’améliorer le revenu de plus d’un million de producteurs dans six pays de la région des Grands Lacs en s’attaquant aux problèmes qui affectent les rendements de manioc.
La première partie du projet DEWN, qui a commencé le mois dernier (en juin), est d’établir un réseau de producteurs en rendant visite aux groupes afin de les former à reconnaître les maladies du manioc, et en discutant avec les chercheurs de l’Institut de recherche et de développement agricole de la région des lacs (LZARD).
Innocent Ndyetabura, chercheur botanique à LZARD, affirme que le projet ne se limitera pas à accroître la connaissance des producteurs sur les maladies du manioc, mais permettra également aux chercheurs de prévenir la présence potentielle de la maladie dans les zones à risques.
James Legg souligne que les avantages seront immédiats puisque les producteurs auront aussi accès à d’autres informations agricoles à partir d’agents extérieurs et de chercheurs. Il ajoute que l’information en temps réel sur l’état des deux plus importantes maladies des cultures de manioc aidera aussi à concevoir des cartes géographiques, si ces dernières s’élaborent dans les semaines qui suivent les rapports initiaux des producteurs. «Nous serons capables de mettre ceci à la portée de toute la région afin de produire une base de données plus accessible et plus complète sur l’épidémiologie régionale de ces maladies, ce qui n’a jamais été fait précédemment».

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +