29 juillet 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Le café et le sucre toujours haussiers, le poivre grimpe aussi

(29/07/2010)

BLE Les cours du blé ont enregistré jeudi leur plus forte augmentation mensuelle depuis 1973 sur le marché de Chicago. Ils ont grimpé à $6,18-3/4 le boisseau, juste en dessous du record de 13 mois atteint la veille à $6,23-1/4. Depuis, le début du mois de juillet les cours ont gagné 33%. Même tendance observée à Paris. Au cœur de la hausse, les conditions climatiques avec la sévère sécheresse qui touche l’Europe et en particulier la Russie, troisième exportateur mondial. Les exportations de blé russe pourraient être réduites de moitié par rapport à l’année dernière. L’analyste SovEcon prévoit que les exportations russes pourraient tomber à 11 millions de tonnes (Mt) en 2010/11 contre un record de 18,2Mt en 2009/10.
Mais le scénario de 2008 où les prix ont été supérieurs à $ 13 le boisseau ne devrait pas se reproduire car les stocks sont élevés à 192 Mt à la fin de 2009/10, selon l’International Grains Council (IGC). L’IGC a revu jeudi à la baisse sa prévision de production mondiale de blé en 2010/11 à 651 Mt, soit 13 Mt de moins, mais elle demeure une production record. Les exportations de Russie sont estimées à 15,3 Mt contre 18 Mt et celles des Etats-Unis à 26 Mt soit 2,1 Mt de plus. Les Etats-Unis ont exporté la semaine dernière 919 900 tonnes, très au-dessus des estimations des négociants entre 300 000 et 400 000 tonnes.

CAFE «Les marchés à terme continuent à monter. Toujours sans nouvelles particulières, pas de problème climatique, pas de problème pour trouver des offres même en Colombie. Si cela fait l’affaire des producteurs, du côté des acheteurs, c’est la migraine assurée, mais promis juré à la prochaine baisse, ils rentreront dans le marché. En attendant plus ils tardent à acheter, plus ils accumulent une position short, et plus celle-ci devient fragile» souligne un courtier. Le marché demeure très imprévisible et «d’une façon générale, les positions ouvertes baissent, il devient dangereux de s’arbitrer, pour le négoce».
Sur le marché physique, l’activité est toujours réduite. «Le Brésil est très agressif sur le marché, pressé par les arrivages d’une récolte record. L’Arabica lavé reste difficile à traiter, il y a peu d’offres et à des prix prohibitifs. En Robusta, toutes les origines, essaient de vendre leurs stocks, avec des difficulté pour trouver des acheteurs”.

COTON Les cours du coton ont fini en légère hausse jeudi gagnant 0,60 cents à 76,91 cents la livre pour le contrat de décembre. Le contrat spot d’octobre a clôturé à 80,68 cents. La faiblesse du dollar, l’euro a atteint jeudi un plus haut contre le dollar de 12 semaines, a été favorable. Les stocks certifiés de coton américain se sont fortement effilochés, atteignant le 28 juillet 47 793 bales, soit leur plus bas niveau depuis 2004. Le 3juin, ils s’élevaient 1,08 million de bales. Le marché est en déport, le prix des échéances rapprochées étant plus élevé que celui des positions éloignées. Cependant, le prix du contrat spot d’octobre par rapport à décembre a diminué à 3,77 cents le 29 juillet contre 4,26 cents le 28 juillet. A noter que les ventes hebdomadaires américaines sont en recul à 237 500 bales contre 382 000 bales la semaine dernière.

POIVRE Le marché du poivre est très ferme, haussier. Les récoltes sont moins importantes qu’attendues et les origines tiennent la dragée haute aux industriels, souligne un courtier. Le marché est confronté à une raréfaction de l’offre et les stocks mondiaux sont faibles. Le premier producteur et exportateur mondial, le Vietnam, a livré la majorité de sa récolte. Selon des estimations officielles, sur le premier semestre 2010, les exportations vietnamiennes de poivre ont totalisé 84 600 tonnes pour une valeur totale de $ 273,6 millions. Or pour 2010, la production de poivre est projetée en recul à 100 00 tonnes contre 105 600 tonnes en 2009 et les exportations sont estimées à 100 000 tonnes contre 136 500 tonnes réalisées en 2009.
Face à une offre restreinte, la demande est bonne et devrait le rester avec l’approche du mois du Ramadan et dans quelques semaines avec la saison des festivals et de la saison hivernale en Inde.

RIZ Les prix du riz en Asie ont fortement grimpé cette semaine soutenus par la demande et par des perturbations dans la récolte vietnamienne provoquée par les pluies. Cependant, les exportateurs estiment que ce niveau n’est pas soutenable dans le court terme. Le riz brisé à 35% s’échangeait à $315 la tonne, contre $ 305 au début juillet, tandis que celui brisé à 5% se vendait entre $350 et $ 360 la tonne. Le Bangladesh est entré sur le marché la semaine dernière pour se porter à l’achat de 100 000 tonnes de riz blanc. En dehors de ce nouveau pays, les achats de Cuba, des pays africains et de l’Irak donnent du soutien aux prix ainsi que le système de stockage au Vietnam.

SUCRE La forte congestion des ports brésiliens face à une demande ferme continue de soutenir fortement les cours du sucre. Le contrat d’octobre a grimpé de 0,63 cents à 19,50 cents la livre à New York. A Londres, le sucre blanc a gagné $6,80 à $577,30 la tonnes avec un marché en déport. . « Le gros problème est le retard dans les ports » affirme Alex Oliveira de Newedge faisant référence à la longue queue des bateaux en attente de charger leur cargaison au Brésil. Alex Oliveira estime que les cours pourraient atteindre 20 cents pour le contrat d’octobre. Les bateaux en attente seraient au nombre de 123 au 29 juillet contre 113 la semaine précédente.
Le marché du sucre en forte hausse ces dernières semaines pourrait subir une correction avec l’anticipation de bonnes récoltes à venir. En Inde, la production pourrait passer de 15 millions de tonnes (Mt) en 2009/10 à 19 Mt en 2010/11 tandis qu’au Brésil une récolte record est attendue à environ 600 Mt, soit 10% de plus qu’en 2009/10.
Au Soudan While Nil Sugar devrait ouvrir en novembre 2011 une unité de production de sucre d’une capacité initiale de 250 000 tonnes et qui sera portée à 450 000 tonnes en 2012 pour un coût de $1,1 milliard. Avec ce projet, le pays serait autosuffisant en sucre.

THÉ Les prix du thé aux enchères de Mombassa au Kenya sont en recul cette semaine, en moyenne à $3,22 le kilo contre $ 3,29 la semaine précédente. Même tendance au Bangladesh où les prix ont chuté de 10,06% à 156,08 takas ($2,25) le kilo.
La production de thé au Sri Lanka a progressé de 26,2% au première semestre 2010 par rapport à la même période en 209, à 166,88 millions de kilos contre 132,25 millions en 2009. ”Si la tendance se poursuit sur le reste de l’année, nous allons certainement atteindre une production record, sous réserve qu’il n’y ait pas de mouvements de grèves et des conditions météorologiques défavorables,” indique HD Hemarathne, directeur général de l’Office du thé du Sri Lanka. Des conditions météorologiques favorables, une meilleure application des engrais et de bonnes pratiques agricoles ont contribué à stimuler la production ainsi que la hausse des prix à l’exportation de mieux, précise HD Hemarathne.

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