29 novembre 2007 - 20:05 |

Le rendez-vous Matières du Jeudi

Le cacao “yoyote” comme le coton, tandis que le blé et le café grimpent

(29/11/07)

Blé – Le prix du blé s’est envolé à nouveau hier, 28 novembre, à l’annonce par le secrétariat à l’agriculture d’Argentine que les exportations seraient suspendues pendant 5 jours, le temps pour les autorités d’évaluer les dommages que les gelées ont provoqué sur les récoltes. Les pertes pourraient atteindre 2 millions de tonnes, selon certains sur une production totale estimée par l’USAID à 15,5 Mt. Une annonce hier qui a fait bondir le marché de Chicago qui a touché sa hausse maximale de 30 cents sur une seule séance.
Cette annonce de l’Argentine a fait grimper de 3% ou encore de € 8,75 le prix du blé boulanger français, à € 248,75 la tonne. Son niveau le plus élevé depuis la mi-octobre. Et la fermeté des prix pourrait perdurer car la demande tant du Pakistan que de l’Afrique du Nord demeure importante. Avec la hausse des cours, ces pays veulent renforcer leurs stocks stratégiques.

Cacao – « Le marché yoyote entre £ 950 et 980 la tonne depuis un mois », souligne un négociant. « A £ 940, les industriels achètent ; à £ 970, la Côte d’Ivoire vend. » Des prix particulièrement faibles, un véritable cadeau pour les industriels ! Il est estimé qu’au vu de la situation sur le marché actuellement, la tonne devrait valoir plutôt aux alentours des £ 1050.
Cette faiblesse n’a, toutefois, rien d’étonnant. Nous sommes en pleine récolte en Afrique de l’Ouest et sur des marchés libéralisés, comme ceux de la Côte d’Ivoire mais aussi du Nigeria (ses volumes sont si faibles qu’ils se sentent à peine sur le marché), on vend spot, au dernier moment. Rien de tel au Ghana où le Cocobod a beaucoup prévendu en juillet, lorsque les cours étaient élevés. A ce jour, toute la récolte ghanéenne 2007/08 est déjà vendue.
Quid de l’avenir ? « Encore 100 000 t de vendues et le marché pourrait repartir à la hausse », estime-t-il.
A noter que la menace de grève dans le secteur en Côte d’Ivoire a eu peu d’effet sur le marché, les arrivages ne devant pas souffrir de cette action. Les employés du secteur entreront en grève mardi 4 décembre pour réclamer de meilleurs salaires et conditions de travail, selon un responsable de syndicat.

Café – Sur le marché à terme de Londres, le Robusta sur janvier a encore grimpé de $ 20 la tonne sur la seule journée d’hier, mercredi, proche de la limite supérieure de la marge de transaction, à $ 1 809. Novembre cotait $ 2 305, en hausse de $ 20 également. Cet écart de $ 500 entre les deux positions est l’effet du squeeze qui se fait sentir sur ce marché depuis des semaines et qui s’est conclu par la livraison sur le marché spot de 100 000 t de café à un prix supérieur de $ 500 sur la cotation de janvier. Maintenant, toute la question est de savoir ce que les détenteurs de ces 100 000 t vont en faire. De deux choses l’une, offrir ces volumes contre janvier avec une large prime ou l’offrir avec une prime inférieure, ce qui aura pour conséquence que le marché spot en Europe sera moins cher que le marché en embarquement. Et 100 000 t, c’est beaucoup de café ! Autre hypothèse, les détenteurs (dont on ne connaît pas assurément l’identité) ne mettent pas le café sur le marché ce qui aurait un effet explosif mais commercialement dénué de sens. « Ils coinceront les gens sur janvier et février mais ils n’arriveront pas à écouler la marchandise après puisque les nouvelles récoltes arriveront », souligne un négociant. Si on craint sur décembre des volumes inférieurs du Vietnam du fait de l’humidité, à partir de janvier, le café vietnamien sera au rendez-vous et abondant ! Tout le monde attend donc ce qui va se passer ces prochains jours.
L’Arabica, quant à lui, s’est aussi inscrit à la hausse. La forte chute du dollar face au real brésilien en est une des raisons. L’autre est l’information tombée hier d’une prévision de récolte brésilienne émise par un exportateur brésilien réputé pour son sérieux : selon ce dernier, la récolte brésilienne ne serait pas de 55 millions de sacs comme cela a été annoncé, mais de 45 Ms. Ceci a, bien entendu, fait grimper les cours ! Alors, certes, il est encore trop tôt dans la campagne pour établir des prévisions solides. Mais cette baisse en volumes s’expliquerait par une petite période de sécheresse au Brésil qui a été suivie de fortes pluies, ce qui aurait occasionné des dommages. Si c’était le cas, ce qui reste à confirmer, la donne des prix pour 2008 serait bien différente.

Coton – C’est le grand calme qui caractérise actuellement le marché du coton. On est entre deux campagnes, les premiers volumes de la récolte en Inde, en Grèce, aux Etats-Unis arrivant. Les récoltes africaines, d’Afrique francophone, sont déjà en grande partie vendues, ceci d’autant plus que, rappelons-le, la production est très en retrait cette année.
Mais la raison de ce grand calme est surtout à chercher auprès de la Chine, l’acteur majeur (et de loin) sur ce marché cotonnier depuis 2 à 3 ans. En attendant l’annonce des quotas 2008, les industriels chinois achètent du coton stocké dans les ports chinois, sans en importer. « On attend janvier pour les quotas, puis on attend le Nouvel An chinois fin janvier pour que l’activité reprenne vraiment. Bref, on attend toujours, ce qui lisse le marché. Et c’est comme ça depuis 2 à 3 ans », souligne un trader. Alors, certes, il y a toujours des transactions qui se font en anticipation des nouveaux quotas mais cela porte sur de faibles volumes.

Sucre – A New York, le sucre brut sur l’échéance mars a terminé hier en hausse de $ 4 à $ 291 la tonne, juste en dessous d’un pic de deux semaines de 291,30, le contrat mars pour le sucre brut à New York s’étant hissé à 9,97 cents la livre, juste sous la barre de 10 cents.
Le sucre est soutenu par des signaux techniques indiquant que le marché pourrait arriver à la fin de sa tendance baissière : rappelons que les prix ont chuté ces 18 derniers mois, après avoir atteint les $ 500 le 9 juillet 2006. Mais la hausse qui semble pointer pourrait être bloquée par les ventes de producteurs qui n’auraient guère confiance en une hausse durable.

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