30 juillet 2020 - 16:43 |

La Chine loin de l’accord de phase 1 pour ses achats de produits agricoles américains

La Chine devra mettre les bouchées doubles pour atteindre les objectifs fixés dans l’accord dits de phase 1 conclut en janvier avec les Américains (Lire : Que recouvre l’accord commercial partiel entre la Chine et les Etats-Unis ?).

Sur les cinq premiers mois de l’année, les achats de produits agricoles – maïs, soja, viande, coton - se sont élevés à $6 milliards, soit seulement 9,1% de plus que sur la même période en 2019, année où les importations avaient fortement chuté prises dans la tourmente de le guerre commerciale sino-américaine et de l’escalade des tarifs, et 31% en dessous du niveau de 2017. Ce montant est six fois moins important que l’objectif de l’accord fixé à $36,5 milliards pour 2020, un objectif qui avait déjà suscité des réserves de la part des analystes au moment de la signature. En effet, il se situe à un quart de plus du niveau record atteint en 2013 de $29 milliards. "Cela ne me semble tout simplement pas probable", a déclaré à Reuters John Payne, courtier senior en contrats à terme et options chez Daniels Trading à Chicago. Précisant "Si l'économie mondiale était plus normale alors peut-être, mais vous avez tout ce problème de la Covid-19."

La Chine a toutefois accéléré ses achats de produits agricoles américains, notamment de maïs et de soja, ces dernières semaines et ce en  dépit d’une montée des tensions entre les deux pays. Mi juillet, la Chine a annoncé qu'elle prévoyait une hausse des importations de maïs et de soja pour 2019/2020. Les importations de maïs pour la campagne agricole qui se termine en septembre s'élèvent désormais à 6 millions de tonnes (Mt), en hausse de 2 Mt par rapport aux prévisions du mois dernier, a déclaré le ministère de l'Agriculture et des affaires rurales dans son rapport mensuel sur les récoltes. Le ministère a également relevé ses prévisions concernant les importations chinoises de soja 2019/20 à 94 Mt, en hausse de 3 Mt par rapport à son estimation du mois précédent.

Du côté américain, le département américain de l’Agriculture (USDA) a fait état de ventes hebdomadaires élevées à l’exportation de maïs et de soja alimentées par la Chine. Pékin a conclu des accords pour acheter 1,967 Mt de maïs américain, son plus grand total hebdomadaire de céréales jaunes jamais enregistré, au cours de la semaine terminée le 16 juillet. Le rapport hebdomadaire de l'USDA a également montré que les ventes de soja en Chine avaient atteint 1,696 Mt, un plus haut depuis mars 2019.

Du soja brésilien au soja américain

En juin, les importations de soja de la Chine ont grimpé à un niveau record de 11,16 Mt, en hausse de 71% par rapport à l’année dernière et de 19% par rapport à mai, selon les données des douanes chinoises. Mais  ce rebond a surtout profité au soja brésilien dont les exportations ont repris en mars après une amélioration des conditions météorologiques dans ce pays d'Amérique du Sud. "La raison principale est que les haricots brésiliens étaient bon marché et que les marges de trituration pour juin étaient vraiment bonnes, les concasseurs ont donc réservé de nombreuses expéditions", a déclaré Xie Huilan, analyste du cabinet de conseil agricole Cofeed.

Le soja représente généralement environ la moitié des importations agricoles américaines de la Chine et la grande majorité des achats survient au cours des trois derniers mois de l'année, lorsque les approvisionnements du Brésil se tarissent. La Chine parviendra-t-elle a acheter pour $2,8 milliards de soja par mois de juillet à décembre ? Les broyeurs chinois auront-ils besoin de telles quantités ?

Quant au coton, la Chine aurait acheté pour plus d’un milliard de dollars au cours des trois derniers mois selon Bloomberg. Des achats alors que l’industrie chinoise a subit de plein fouet la pandémie du Covid-19 et que 45% des usines textiles déclaraient perdre de l’argent à la fin juin, selon la Cotton Textile Association. «Les récents achats chinois n'ont pas été corrélés à la demande en aval», a déclaré à Bloomberg Jon Devine, économiste en chef de Cary. Ajoutant « Une grande partie de ce coton serait destinée à la réserve chinoise. S'il est stocké, il peut être utilisé contre la demande future et compenser les achats futurs. »

Filières: 
Secteurs: 

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +