30 octobre 2012 - 00:00 |

L’Afrique à la capacité de se nourrir

Dans un rapport intitulé «L’Afrique peut contribuer à se nourrir elle-même :Supprimer les obstacles au commerce régional des produits alimentaires de base », la Banque mondiale estime que les les exploitants agricoles africains pourraient potentiellement produire suffisamment de denrées alimentaires pour nourrir le continent et éviter de futures crises alimentaires si les pays lèvent les restrictions au commerce transfrontalier de produits alimentaires au sein de la région.
Ci dessous le communiqué de presse de l’organisation internationale
Selon le nouveau rapport l’Afrique dispose de suffisamment de terres fertiles, d’eau et de climats favorables pour se nourrir elle-même. Pourtant, elle est contrainte d’importer des quantités de plus en plus importantes de produits alimentaires en provenance de l’extérieur de la région pour répondre à la demande grandissante des familles du continent.
La hausse du coût des importations de produits alimentaires a cependant attiré l’attention sur l’efficacité des politiques agricoles actuelles sur le continent.
La rapide urbanisation de l’Afrique accroît la nécessité pour le continent de se nourrir lui-même.
Alors que les sécheresses, les mauvaises conditions sur les marchés et le manque d’accès à des capitaux, à des engrais et semences forcent davantage d’agriculteurs africains à quitter leurs fermes pour déménager dans les villes, les pays compensent cette perte de production à petite échelle et cette augmentation de la population urbaine en important encore plus de denrées alimentaires en provenance de l’extérieur du continent.
Le coût en est très élevé, largement supérieur à 20 milliards de dollars par an, et devrait doubler d’ici 2020.

Une demande croissante
Des estimations montrent que 860 millions de personnes vivent actuellement en Afrique subsaharienne et que cette population continue d’augmenter rapidement. La demande en produits alimentaires de l’Afrique devrait doubler d’ici 2020, mais les agriculteurs africains n’ont pas encore été en mesure d’accroître suffisamment leur productivité pour répondre à cette demande grandissante.
Paul Brenton, directeur du service sur le commerce en Afrique de la Banque mondiale et principal auteur de ce rapport, affirme qu’il est essentiel d’ouvrir le commerce transfrontalier dans la région pour que l’Afrique puisse vraiment permettre aux pauvres d’avoir un meilleur accès aux produits alimentaires et aider les agriculteurs pauvres à tirer de meilleurs revenus de leurs récoltes.
«Des mesures comme des interdictions d’exportations et d’importations, des droits de douane et quotas variables sur les importations, des règles d’origine restrictives et des contrôles de prix empêchent les consommateurs d’une zone de bénéficier des produits alimentaires et des autres ressources agricoles des autres zones voisines», souligne M. Brenton.

Aider les petits agriculteurs
Les petits agriculteurs qui vendent leur surplus de récolte reçoivent en général moins de 20 du prix courant de leurs produits. Le reste est ensuite englouti par les frais de transactions qui au final réduisent les incitations pour que les agriculteurs produisent davantage de produits alimentaires pour le marché.
Cette situation nuit à la confiance du secteur privé à investir dans les produits alimentaires de base, mettant encore davantage l’accent sur la production de cultures commerciales, ce qui a pour résultat que les produits alimentaires cultivés localement finissent par être beaucoup plus chers que les importations étrangères.
Par conséquent, les gouvernements et les décideurs politiques doivent faire face à l’incidence de l’instabilité des prix des produits alimentaires sur le bien-être économique et social de leur pays, et rechercher des réponses pour améliorer la situation. Plus de 70
des Africains vivent en milieu rural et tirent leurs moyens de subsistance directement de l’agriculture.

Commerce et logistique
Les produits alimentaires sont en règle générale transportés en gros par camions et le coût du transport routier des biens en Afrique subsaharienne est élevé. Les durées de transit sont incertaines et les retards sont exceptionnellement longs.
Des lacunes existent encore au niveau des infrastructures et de la logistique entre les pays africains. Un des problèmes les plus évidents et persistants est les blocages routiers qui non seulement provoquent des retards, mais font en sorte que les camions transportant des produits alimentaires deviennent des cibles faciles pour des pots-de-vin.
Se présente ensuite le problème des normes et de leur exécution à la frontière, ces normes étant souvent différentes d’un pays à l’autre.
Selon M. Brenton : « Les pays disposant de politiques de plus grande ouverture des frontières pour les produits alimentaires courants en ont tiré des importants bienfaits par une hausse de leur production, de leurs exportations et de leurs échanges commerciaux. »
Les quotas et droits de douane sur les exportations et importations, les règles d’origine et les contrôles des prix doivent être harmonisés entre les pays du continent et il est nécessaire d’accorder davantage d’attention à l’amélioration des infrastructures.

Un exemple de réussite
Le Mozambique a, par exemple, constamment permis les importations et les exportations de maïs en toute liberté. Les importateurs et exportateurs du nord du Mozambique vendent leurs céréales au Malawi et dans l’est de la Zambie, ce qui permet aux déficits qui en découlent dans les villes du sud du Mozambique d’être comblés par des importations en provenance de l’Afrique du Sud. Ces échanges commerciaux ont permis la stabilisation des prix dans la capitale de Maputo par comparaison à d’autres capitales de la région.
L’établissement de liens entre les zones rurales avec un surplus de produits alimentaires et les consommateurs des zones urbaines avoisinantes nécessite un marché régional qui fonctionne bien. Les politiques commerciales relatives aux produits alimentaires courants en Afrique doivent être plus ouvertement définies avec des objectifs clairs en ce qui concerne la politique agricole.

Perspectives d’avenir
Chacun (les hautes autorités, les fonctionnaires travaillant à la frontière, les agriculteurs, les négociants transfrontaliers, la population et même la communauté internationale) a un rôle à jouer dans l’amélioration du commerce en Afrique.
L’Afrique ne devrait pas à avoir à dépendre des importations de produits alimentaires étrangers pour nourrir ses familles. Comme le montre ce nouveau rapport, l’Afrique peut se nourrir elle-même.

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