31 mai 2016 - 11:30 |

En pleine transition avec la fin des OGM, la Sofitex veut rassurer les cotonculteurs

La Sofitex, la Société des fibres textiles du Burkina Faso, vient d'achever deux semaines de rencontres avec les cotonculteurs, du 10 au 24 mai. Ainsi, 21 équipes de la Sofitex se sont rendues dans 225 villages pour rencontrer un total de 20 615 cotonculteurs provenant de 6 043 groupements de producteurs de coton (GPC), a-t-il été souligné hier lors d'un point presse du tout nouveau  directeur général de la Société, Wilfried Yaméogo (lire nos informations en mars dernier).

"Ces foras sont l’occasion d’échanger directement avec les producteurs, productrices, de porter à leur connaissance les informations relatives à la campagne agricole 2016/17, mais aussi de donner des éléments de réponses à certaines de leurs préoccupations", a expliqué hier Wilfried Yaméogo, rapporte lefaso.net.

Des préoccupations qui sont de nature particulière cette campagne 2016/17 puisque le Burkina a cessé de cultiver du coton OGM pour revenir à du 100% conventionnel. Ainsi, les cotonculteurs se sont inquiétés de la mise à disposition à temps d'intrants agricoles de qualité (semences, produits phytosanitaires, etc.), la constitution de stock tampon de semences dans les villages et l'organisation de formations au regard du retour au coton conventionnel. En outre, "préoccupation majeure", tout le coton sur la campagne 2015/16 n'a pas encore été payé alors que le prix d’achat du coton graine pour la campagne 2016/17 est jugé faible par certains producteurs. Rappelons qu'il est demeuré inchangé par rapport à 2016/16, à FCFA 235 le kilo.

A cela s’ajoutent les impayés liés à la mauvaise gestion des intrants au sein des GPC, a-t-il été souligné, ainsi que toute la question de la restitution des stocks de semence de coton génétiquement modifié détenus par les producteurs. Sur ce point, souligne notre confrère, le directeur général a "rassuré que cette situation sera étudiée au cas par cas après l’identification des GPC concernés."

Rappelons que suite au bras de fer avec le groupe Monsanto sur le coton OGM, notamment la baisse de la longueur de la soie et du rendement égrenage de la variété CGM FK 96 BG2 par rapport à la variété conventionnelle STAM 59 A qui auraient, selon la Sofitex, occasionné un manque à gagner de FCFA 48 milliards (€ 73,2 millions), le Burkina a décidé de revenir au 100% coton conventionnel à compter de cette campagne 2016/17. Le partenariat avec Monsanto serait "suspendu", avait alors écrit la Sofitex dans un communiqué , le temps "que la firme Monsanto continue les recherches en collaboration avec l’Inera [Institut de l'nevironnement et de recherches agricoles, Ndlr.], en vue d’améliorer la longueur de la soie du CGM qui est controversée à l’heure actuelle sur le marché mondial et qui entraine des pertes énormes pour la filière cotonnière au Burkina Faso."

Pour le producteur, s'ouvre donc, avec cette campagne 2016/17, une période de transition.  

Ceci dit, les producteurs se sont fixés pour objectif d'atteindre  les 600 000 tonnes (t), conformément au plan d'action. La Sofitex, pour sa part, vise à terme les 700 000 t, selon notre confrère. Rappelons (lire nos informations) que la production en 2015/16 n'a été que de 581 000 t, en recul de 18% par rapport aux 701 000 t en 2014/15, essentiellement en raison de mauvaises conditions météorologiques. 

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