31 mai 2022 - 19:09 |

Si les sanctions de la Cedeao perdurent, le Mali entrera en récession

Le 4 juin prochain doit se tenir à Accra au Ghana un sommet extraordinaire de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) consacré au Mali mais aussi au Burkina Faso et à la Guinée.

Pour le Mali, l’enjeu est de taille avec l’étude de la levée des sanctions économiques et financières en vigueur depuis le 9 janvier 2022. Elles concernent la suspension des transactions commerciales à l’exception des produits de première nécessité (produits alimentaires, produits pharmaceutiques, produits pétroliers et électricité), la suspension des transactions financières, y compris l’accès au marché régional bancaire et des capitaux, le gel des actifs publics détenus auprès de la Banque centrale et des banques commerciales, et la suspension de l’assistance financière régionale, principalement de la Banque d’investissement et de développement de la Cedeao (BIDC) et de la Banque ouest-africaine de développement (BOAD).

Ces sanctions, si elles perdurent au-delà de deux trimestres ou plus, devraient conduire l’économie malienne en récession en 2022, affirme la Banque mondiale dans sa « Note sur la situation économique du Mali 2022 : Renforcer la résilience en période d’incertitude, renouveler le contrat social ». La pandémie de la Covid-19, le changement institutionnel d’août 2020 et une médiocre campagne agricole, principalement du au déclin de la production cotonnière,  avait plongé le pays en récession en 2020 avec une contraction de 1,2% du PIB. Si la croissance a rebondi en 2021, elle est restée modeste à 3,1%.

Les sanctions ont déjà fortement affecté l’économie malienne heurtée par ailleurs par la crise sécuritaire et l’instabilité politique.

Contraction du commerce extérieur

Selon le dernier bulletin trimestriel de l’Institut national de la statistiques (Instat) publié en mai, les exportations du Mali au 1er trimestre 2022 se sont élevées à FCFA 470,29 milliards, en baisse de 10,6% par rapport au 4ème trimestre 2021 et de 14,89% par rapport au 1er trimestre 2021. Des exportations dominées par l’or, qui représente environ 90% du total.

Les exportations de produits agricoles sont en retrait de 34% par rapport au 4ème trimestre 2021 mais de 76,17% par rapport au 1er trimestre 2021. Alors que la production de coton s’est redressée fortement (Lire : Afrique de l’Ouest, perspectives haussières pour le coton) les exportations de fibres textiles passent respectivement de FCFA 2,980 milliards à FCFA 226 millions et FCFA 175 millions. Signe de difficultés dans l’acheminement.  Autre produit agricole important,  les animaux vivants voient aussi leurs exportations chuter passant de FCFA 26,399 milliards à FCFA 2,933 milliards et FCFA 635 millions.

Du côté des importations, la contraction est plus marquée avec une baisse de 28,8% des importations à FCFA 632,54 milliards au 1er trimestre 2022 par rapport au 4ème trimestre 2021.

L’agriculture particulièrement affectée

Pour la Banque mondiale, la prolongation des sanctions affecterait en particulier l’agriculture via l’approvisionnement différé des intrants essentiels comme les semences ou les engrais. « Le cycle agricole, qui commence avec le début des pluies en mai-juin, exige que ces intrants soient disponibles pour être distribués aux agriculteurs avant la fin avril. Bien que certains des impacts prévus soient atténués, l’approvisionnement alternatif en importations par les ports de Nouakchott et de Conakry sera toujours plus coûteux et réduira donc la valeur ajoutée dans le secteur » observe l’organisation internationale.

Une agriculture, essentiellement pluviale,  déjà confrontée à l’impact du changement climatique, mais aussi à l’insécurité qui perturbe les activités agricoles et pastorales dans les régions du Nord et de plus en plus dans la région Centre. 

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Matières premières: 
Non
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Non

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