31 août 2007 - 14:12 |

Le rendez-vous Matière du jeudi

Le blé flambe


(30 août 2007). Blé. Le prix du blé est à son niveau le plus haut depuis 10 ans et la tendance ne devrait pas s’inverser de sitôt. Les perspectives de récoltes sont mauvaises, surtout en Europe, en raison de conditions météorologiques défavorables. Selon Stratégie Grains, la récolte dans l’Union Européenne s’établirait à 114,1 millions de tonnes. Au niveau mondial, le Conseil international des céréales (CIC) table sur une production mondiale de 607 millions de tonnes. De plus, les stocks mondiaux sont à leur plus bas niveau depuis 25 ans alors même que la demande est soutenue.
Le blé à Chicago a atteint le 29 août son record historique de 1996 de $ 7,50 dollars le boisseau sur l’échéance décembre 2007 .

Cacao. Incertitude sur le marché du cacao. Le 29 août, les cours se sont raffermis mais en dessous d’un plafond de deux semaines, le contrat de décembre clôturant à $1 806 la tonne à New York et à £ 949 à Londres. Les cours pourraient cependant baisser avec la perspective d’une bonne prochaine récolte principale, qui démarre en octobre, tant en Côte d’Ivoire qu’au Ghana, les conditions météorologiques étant favorables. Néanmoins en Côte d’Ivoire, l’apparition de la maladie de la black pod dans les principales zones de culture pourraient faire baisser la récolte 2007/08. Un analyste indépendant, Hans Kilian, estime que la black pod pourrait imputer de 20 000 tonnes la récolte principale ivoirienne. Le marché demeure aussi sensible aux évolutions des marchés financiers et de la crise du crédit. Les fonds avaient pris de positions longues tant à New York qu’à Londres qu’ils ont liquidé.

Caoutchouc. Les prix à terme sur la Bourse de Tokyo pour le caoutchouc le 28 août ont progressé de 1,8% pour finir près d’un pic de deux semaines : le nouveau contrat de référence février a progressé de 4,5 yens le kilo pour finir à 245 yens le kilo. Une hausse soutenue par la hausse de cours du brut mais la fermeté du yen a limité les gains. Sur le marché physique, les prix sont aussi en légère hausse. Les prix pourraient être encore soutenus par la demande de la Chine et les pluies de mousson en Thaïlande.

Coton. Les cours oscillent entre baisse et hausse de faible amplitude. Les contrats ne devraient repartir à la hausse qu’au démarrage des nouvelles récoltes le mois prochain. Le contrat décembre le 28 août à New York cotait à 57,48 cents la livre. Une aggravation de la crise financière pourrait compromettre la croissance et affecter la demande de coton et donc les cours. Les perspectives des nouvelles récoltes en Afrique de l’Ouest et du Centre sont mauvaises. Si la légère appréciation des cours a apporté une certaine bouffée d’oxygène, les conditions météorologiques, une très mauvaise pluviométrie en juin et juillet, ont perturbé la mis en place des semis. A ce facteur, s’est ajouté d’autres éléments, qui ont joué plus ou moins dans les différents pays : la baisse du prix d’achat du coton-graine au producteur (comme au Burkina Faso où il est passé de FCFA 165 le kilo en 2006/07 à FCFA 145 en 2007/08) ; le retard accumulé dans la mise en place des intrants ; le problème, souvent récurrent, du retard dans l’achat du coton. Un ensemble de facteurs qui devrait réduire sensiblement la production de coton. South Agro-Industries Group estime que la production de fibres en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale pourrait se replier de 21 % cette année. Et Dagris pronostique un recul de 787 000 à 618 000 tonnes pour les dix pays de la zone CFA. Une situation qui devrait encore aggraver le déficit des filières cotonnières africaines de la Zone Franc, déjà au bord de l’asphyxie. Rappelons que le déficit cumulé est estimé plus de 300 millions d’euros !

Huile d’arachide. Elle se fait rare actuellement et les prix s’en ressentent. La tonne cote actuellement environ $ 1 450, son plus haut niveau en quatre ans. Et tous les yeux sont rivés sur le Sénégal, seul espoir du marché face à la faiblesse des récoltes aux Etats-Unis (180 000 t exportées attendues en 2007/08 contre 200 000 t en 2006/07) et en Chine (490 000 t contre 570 0000 t), selon le spécialiste Oil World.
Poivre. Le marché du poivre, demeure calme, légèrement baissier. La fin de la période estivale devrait offrir de nouvelles perspectives.

Sucre. Les cours du sucre demeurent toujours déprimés et les nouvelles d’Inde offrent peu de perspectives favorables. Les stocks de sucre en Inde ont doublé pour atteindre environ 20 millions de tonnes à la fin de la récolte actuelle, selon ED&F Man. Et la production 2008/09 est attendue en forte hausse à environ 33 Mt contre environ 28 Mt en 2006/07. Les prix devraient demeurer bas sur les 12 à 18 prochains mois estime ED&F Man.
Au Nigeria, une deuxième raffinerie de sucre, d’une capacité de 720 000 tonnes par an, devrait démarrer sa production au premier trimestre 2008. BUA Sugar Refiney, appartenant au groupe privé BUA Group, a nécessité un investissement d’environ $ 200 millions. Un investissement qui soutient la volonté du gouvernement nigérian de limiter les importations de sucre.

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