31 août 2011 - 10:00 |

Perte d’intérêt des fonds pour les terres agricoles ?

La “baisse” des prix les rendent moins attractives


 Les fonds d’investissement atténuent leur implication dans les produits agricoles suite à la baisse des prix des matières premières et aux oppositions politiques croissantes face aux investissements étrangers. « Les prix des commodités sont définitivement cycliques, tandis que la valeur des terres ne varie pas autant », souligne Jeff Conrad, président de Hancock Agricultural Investment Group qui investit pour le compte des fonds de pension majoritairement dans les terres agricoles aux Etats-Unis.
Ces dernières années, les fonds d’investissement ont commencé à inclure les terres agricoles dans leurs portefeuilles tandis que le changement des régimes alimentaires et la continuelle croissance de la population mondiale accentuaient les craintes concernant la sécurité des approvisionnements alimentaires et poussaient les prix des produits agricoles à des niveaux records. Mais, il est fort probable que les terres agricoles perdent leurs intérêts en raison de leur corrélation aux prix des matières premières.
Bien que ces fonds jouent un rôle clé dans la conduite des prix de nombreux actifs financiers, y compris les produits agricoles, ce rôle reste marginal étant donné que les acheteurs principaux des terres agricoles restent les agriculteurs. Les investisseurs ne détiendraient qu’un pourcent des terres agricoles tout au plus selon Jeff Conrad. Ceci devrait aider à limiter l’exposition des prix des terres à tout ralentissement majeur dans les marchés financiers mondiaux. Le S&P GSCI commodities index a chuté de 14% depuis le pic d’avril 2011 alors que son indice agricole qui suit les marchés du blé, le maïs, e soja, le sucre, le café, le cacao et le coton est en baisse d’environ 7% sur la même période.
Le marché brésilien devient de plus en plus difficile d’accès pour les investisseurs. Au moins $15 milliards d’investissements étrangers dans des projets agricoles et forestiers ont été arrêtés depuis la réinterprétation des lois sur les terres l’an dernier. Toutefois, les prix des terrains brésiliens devraient être soutenus par une forte et croissante demande intérieure pour les commodités. De même que pour le Brésil, l’étendue des terres agricoles inexploitées de la Russie avait attiré la convoitise des investisseurs institutionnels, mais ces derniers ont été dissuadés par l’ interdiction d’exportation de céréales imposée par le gouvernement après une grande sécheresse l’an dernier. «En Europe de l’Est et en Russie, les prix des terrains sont à des niveaux plus réalistes aujourd’hui parce qu’ils se sont envolés à des niveaux trop élevés avant la crise du crédit et désormais, ils sont revenus vers le bas », a déclaré Andrew Shirley, responsable de la recherche en propriété rurale à l’agence Frank Knight.

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