31 août 2012 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

La fève au plus haut en 9 mois

(31/08/2012)

Cacao. Ce matin, sur le marché à terme de Londres, la tonne de cacao a touché son plus haut niveau en 9 mois, sur fond de spéculation quant à l’impact de la météo sur le production en Afrique de l’Ouest. Sur l’ensemble de la semaine, la fève a gagné 9% et si cela se confirme à la clôture ce soir, ce sera la plus forte hausse hebdomadaire du cacao depuis janvier.
Cette semaine, les prix bord champ en Côte d’Ivoire ont été plutôt stables et même en légère hausse car les acheteurs craignent pour leur approvisionnement sur la prochaine campagne 2012/13 qui va s’ouvrir le 1er octobre et ils veulent stocker des fèves. Dans la région d’Issia, le prix bord champ moyen a été cette semaine de FCFA 550 le kilo contre FCFA 450-500 la semaine dernière et dans les régions de Daloa ou encore de Gagnoa, il était de FCFA 500-500 contre 500 la semaine dernière. Toutefois, au port d’Abidjan, un exportateur interrogé par Reuters a fait état d’un prix d’achat en baisse, à FCFA 780-800 le kilo contre 800-840 la semaine dernière. A San Pedro, il a été de 800-810 contre FCFA 840 le kilo la semaine précédente.

Café. Sur les marchés du café, l’activité est faible à l’exception des cafés les moins chers, comme avant l’été. ” Les différentiels restent tendus sur le Brésil ou plus exactement ne baissent pas comme tout le monde l’espérait. Il en est de même pour les Vietnam et les principaux Robusta ”, souligne un trader.
Les avis demeurent partagés quant à la direction que prendra le marché, à la hausse ou en baisse ”, poursuit-il. ” Cette incertitude prouve bien que les marchés à terme évoluent selon des critères indépendants des acteurs du marché physique. En effet, la demande constante de Robusta n’empêche pas les prix d’être sous pression. Les chiffres donnés sur la consommation mondiale laissent dubitatif quand on voit les Arabica s’accumuler en entrepôt.

Caoutchouc. Mardi, le ministre de l’Agriculture thaïlandais a annoncé abandonner l’idée d’utiliser une deuxième enveloppe de 15 milliards de bahts (381 millions d’euros) pour soutenir l’industrie locale, comme il l’avait fait au printemps dernier, en rachetant du caoutchouc auprès des producteurs. Les achats à venir se limiteront aux deux milliards de bahts (51 millions d’euros) restant dans le premier budget, souligne Commodesk. Un nouveau plan d’aide pourrait être étudié ultérieurement..
Rappelons que la politique thaïlandaise avait pour objectif de faire remonter les cours internationaux du caoutchouc. Or, ils ont chuté de 34% depuis début mars et la reprise légère, +7%, depuis la mi-août est essentiellement due à l’accord entre les trois principaux pays producteurs, la Thaïlande, la Malaisie et l’Indonésie, pour limiter les exportations. Toutefois, même cet interventionnisme a un impact limité sur les cours.

Céréales. Les cours mondiaux du blé ont baissé de 8 cents ou encore de 0,9% le boisseau aujourd’hui sur le marché de Chicago après que la Russie ait déclaré ne pas vouloir limiter ses exportations bien que la sécheresse ait réduit de plus d’un quart ses rendements. Toutefois, la baisse des cours a été limitée car le marché n’écarte pas l’hypothèse que des restrictions pourraient malgré tout intervenir.

Coton. Pour la deuxième session consécutive, les cours du coton se sont inscrits à la hausse hier sur le marché à terme de New York, résistant à la tendance globalement baissière des marchés de matières premières. La raison ? La publication de bons chiffres de consommation aux Etats-Unis sur le mois de juillet mais aussi la crainte de l’impact potentiel de l’ouragan Isaac sur les Etats producteurs américains de l’Alabama et du Mississipi. Ceci dit, la puissance d’Isaac est relative. Surtout, le marché américain du coton est très bien approvisionné, avec une production attendue en hausse de 14% à plus de 17 millions de balles sur la prochaine campagne à fin juillet 2012. Selon le négoce, l’excédent mondial sur le marché du textile atteindrait des niveaux record cette année.
C’est une révision majeure de ses estimations du mois dernier à laquelle a procédé Cotton Outlook, en annonçant hier relever de près de 1,1 million de tonnes (Mt), ou encore de 55%, pour porter à 3,05 Mt l’excédent mondial en juillet prochain. Sans surprise, une production internationale en hausse de 1,4% à 25,3 Mt (24,9 Mt selon l’USDA) alors que la consommation mondiale a été revue en baisse de 3% en 2011/12, à 22,2 Mt, par rapport aux chiffres avancés en juillet en seraient les premières causes ; la consommation chinoise s’essouffle. A noter que la volatilité des cours du coton dernièrement et leurs niveaux relativement élevés, ont conduit un certain nombre d’industrie à se tourner vers des fibres industrielles notamment les fibres synthétiques même si celles-ci suivent le cours du pétrole.
Toutefois, la météo en Inde et la politique chinoise à l’égard de ses réserves stratégiques sont autant de facteurs décisifs qui demeurent encore incertains. Pékin a annoncé qu’il vendrait 200 000 à 300 000 t de coton de ses réserves stratégiques au prix de 18 500 yuans ou encore $ 2 900 la tonne afin de répondre à la demande locale, un volume très éloigné du million de tonnes attendu par le marché.

Huile de palme. L’huile de palme brute de Malaisie a regagné du terrain hier après avoir touché la veille un plus bas en deux semaines. Un marché qui, globalement, est haussier suite à la sécheresse qui a sévi cet été aux Etats-Unis, impactant fortement le grand rival du palmier, le soja.
A noter que les exportations en juillet du premier producteur mondial, les Philippines, ont été en hausse de 20%, à 1,5 Mt, par rapport à juin. Cette année, sa production serait de 23 à 25 Mt, avec des exportations de l’ordre de 18 Mt.

Sucre. La volatilité est le maître mot du marché du sucre actuellement. Hier, le sucre roux à Londres baissait à son plus faible prix depuis le 6 juin mais ce matin, il se raffermissait pour retoucher la barre des 19 cents la livre. Le sucre blanc, quant à lui, a également regagné un peu de vigueur ce matin mais il est tombé hier à son plus bas depuis août 2010.
Il faut dire que les nouvelles sont mitigées, entre le Brésil dont la bonne production aurait contribué à la chute de près de 20% du prix du sucre ce mois dernier, et l’Inde où la production dans le principal Etat de culture, le Maharashtra, chuterait de 30% par rapport à il y a un an, à 6,3 Mt sur 2012/13 : la sécheresse aurait réduit considérablement les rendements.

Thé. Le prix moyen des thés à la vente aux enchères de Mombassa, mardi 28 août, s’est établi à $ 4,04 le kilo, soit en légère baisse par rapport au $ 4,08 de la semaine précédente. Les émeutes qui ont touché la ville portuaire après qu’un clérical musulman ait été tué lundi, n’a pas affecté les ventes ni le travail des salariés de la filière thé. Les Best Broken Pekoe Ones se sont établis à $4,26-$3,82 le kilo contre $4,25-$3,90 la semaine précédente et les Best Pekoe Fanning Ones à $3,98-3,80 contre $4,09-$3,89. Au total, 99 715 paquets ont été offerts avec 13,7% restant invendus.

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