31 août 2017 - 21:30 |

La Chronique Matières du Jeudi (31/08/2017)

L'inflation est au plus bas aux Etats-Unis ce qui laisse penser que la Réserve fédérale ne devrait pas relever ses taux lors de sa réunion en décembre. Ceci a fait baisser le dollar aujourd'hui face aux autres devises. L'euro est au plus haut depuis 2015 face au billet vert. Normalement, un dollar faible implique des prix des matières premières en hausse puisqu'elles sont négociées en dollar. Quant aux bourses, lundi était férié au Royaume Uni, et Kuala Lumpur est fermé aujourd'hui et demain.

CACAO

Les marchés à terme du cacao ont démarré la semaine en fanfare. La place de New York a touché lundi son plus haut en deux semaines, à $ 1 988 en cours de séance. Londres, fermé lundi, a voulu rattraper son retard mardi alors que New York rebaissait déjà, tendance qui a persisté mercredi . En définitive, depuis vendredi dernier, les prix ont glissé. Ainsi, à New York, partis de $ 1 933 la tonne vendredi dernier, ils ont clôturé hier soir mercredi à $ 1 924 après être tombés à $ 1 882 en cours de séance. A Londres, ils cotaient hier soir £ 1 517 contre £ 1 528 vendredi dernier.

Des mouvements spéculatifs sont à l'origine de ces fluctuations, associés aux fortes variations monétaires, l'offre physique de cacao étant par ailleurs abondante. En outre, on reparle du phénomène météorologique La Niña qui est, en général, favorable à la culture du cacao. Il est aussi question d'une demande mondiale qui s'améliorerait et des marges positives qui se dégageraient des opérations industrielles de transformation.

Par ailleurs, le marché aurait, en définitive, fait peu de cas de la nouvelle de Côte d'Ivoire, n°1 mondial, selon laquelle elle aurait déjà prévendu 1,32 million de tonnes (Mt) de cacao sur la campagne 2017/18 car il l'avait déjà anticipé. Rappelons que le Conseil du café-cacao (CCC) doit vendre par anticipation 70 à 80% de la récolte à venir afin de pouvoir déterminer le prix garanti pour la prochaine campagne qui démarrera début octobre. Or, à 1,32 Mt, il a d'ores et déjà atteint ce seuil puisqu'on prévoit une récolte en baisse cette prochaine campagne par rapport aux 2 Mt environ qui devraient être récoltées durant l'actuelle saison 2016/17. (lire nos informations ). Ceci dit, la météorologie est plutôt favorable en Côte d'Ivoire actuellement et certains estiment que les perspectives pourraient être meilleures qu'anticipées.

S'agissant de la campagne qui est sur le point de s'achever, les arrivages aux deux ports ivoiriens d'Abidjan et de San Pedro ont totalisé 1 954 000 t au 27 août et ce, depuis le début de la campagne, le 1er octobre dernier, contre 1 453 000 t sur la même période la campagne dernière, estiment les exportateurs.

Pour le quatrième mois consécutif, l'Indonésie a décidé de maintenir à zéro son droit de douane à l'exportation de cacao, a déclaré mardi le ministre du Commerce. Rappelons que ce taux est de zéro lorsque le prix de référence gouvernemental est de $ 2 000 ou en dessous.

CAFÉ

Le Robusta sur l'échéance novembre à la bourse de Londres a terminé en baisse hier, à $ 2 075 la tonne contre $ 2 112 vendredi dernier. L'Arabica a emboîté le pas à son cousin, baissant à New York à $ 1,282 la livre hier soir contre $ 1,314 vendredi.

En effet, les récoltes devraient être abondantes sur la campagne à venir 2018/19 au Brésil, n°1 mondial. Quant au Vietnam, n°1 du Robusta, la production devrait augmenter de 15% la campagne prochaine, grâce à une bonne pluviométrie. En revanche, les exportations sur les huit premiers mois de l'année ont chuté de 19,4%, à 1,026 Mt (17,1 millions de sacs de 60 kg), par rapport à la même période la campagne dernière, selon le Bureau général de statistiques. C'est d'ailleurs cette baisse ainsi que l'offre réduite du Brésil qui ont soutenu les prix du Robusta.

Au Kenya, les prix les plus élevés pour le grade AA ont glissé cette semaine, oscillant dans une fourchette allant de $ 198 à 378 contre $ 177 à $ 415 la semaine dernière, tandis que l'AB se vendait entre $ 130 et $ 310 contre $ 130 et $ 327 précédemment.

Selon l'Organisation internationale du café (OIC), les exportations mondiales en juillet ont progressé de 11% par rapport à juillet 2016, atteignant 9,38 millions de sacs de 60 kg (Ms). Les exportations d'Arabica sur le mois dernier ont enregistré une forte hausse, de l'ordre de 22,2%, à 5,86 Ms, tandis que celles de Robusta régressaient de 3,7%, à 3,52 Ms. Sur les 10 premiers mois de la campagne 2016/17, qui a démarré le 1er octobre dernier, les exportations globales ont augmenté de 5,9%, à 101,93 Ms. Les exportations cumulées d'Arabica ont progressé de 8,7% à 64,22 Ms, tandis que celles de Robusta ont gagné 1,5% à 37,71 Ms.

Côté industrie, le trader de matières premières Engelhart est en train de basculer une grande partie de ses stocks de café certifié vers un nouvel entrepôt à Anvers, ce qui peut indiquer qu'il voudrait conserver sa marchandise plus longtemps et, le cas échéant, accroître ses volumes entreposés. Engelhart, un relativement nouveau venu sur la scène mondial du trading de matières premières, a acheté 74 850 t livrables en juillet, ce qui en a fait le détenteur d'environ la moitié des stocks certifiés, lui donnant une large emprise sur les marchés à terme.

CAOUTCHOUC

Le début de semaine sur le marché du caoutchouc a été baissier affecté par l’appréciation du dollar face au yen, à un plus bas de 4 mois et demi après le tir de missile de la Corée du Nord sur le nord du Japon. Toutefois, les cours ont rebondi mercredi sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom) avec la reprise du dollar pour clôturer à 216,1 yens ($1,97 $) le kilo pour le contrat de février. A Shanghai, les cours étaient toujours en baisse clôturant à 16 395 yuans ($2 488) la tonne pour le contrat de janvier.

Une réunion conjointe de l’International Tripartite Rubber Council (ITRC) et de l’International Rubber Consortium (IRCo) a estimé que le prix actuel du caoutchouc naturel ne reflétait pas les fondamentaux. La production de caoutchouc devrait ralentir, en particulier en Indonésie, tandis que la consommation devrait augmenter soutenue par la reprise de la croissance mondiale. «Nous croyons fermement que tous ces facteurs fondamentaux et les modes de consommation vont entraîner une amélioration du ratio de stock/consommation de caoutchouc naturel de 3,02 au début de 2016 à 2,38 en juillet 2017 et qui devrait diminuer davantage à 2,34 d'ici la fin de 2017 », a déclaré le président du conseil d'administration d'IRCo, Mesah Tarigan. Début août, l’Association of Natural Rubber Producing Countries (ANRPC) indiquait que sur les sept premiers mois de 2017 le déficit mondial en caoutchouc était de 648 000 tonnes en juillet 2017 avec la production mondiale de caoutchouc à 6,828 millions de tonnes (Mt) pour une consommation record de 7,486 Mt.

En outre, l’ITRC et l’IRco estiment qu’au regard de l’évolution du Tocom, du Shanghai Futures Exchange (SHFE) et du Singapore Commodity Exchange (SGX) le marché est en phase de consolidation et est en position de survente.

En Chine, le ministre du Commerce a déclaré qu’il avait lancé des enquêtes antidumping sur le caoutchouc butyl hydrogéné en provenance des Etats-Unis, de l’Union européenne et de Singapour. L’enquête, qui a démarré le 30 août, portera sur les importations réalisées entre avril 2016 et mars 2017.

Côté entreprise, l’américain Goodyear Tire & Rubber annonce la première utilisation commerciale de composé de caoutchouc à base d’huile de soja. L’huile de soja permettrait d’améliorer la performance des pneus aussi bien sur route sèche et mouillée qu’en conditions hivernales. En outre, le soja aide à garder la souplesse de la gomme lors des changements de températures. Pour la mise au point de ce pneumatique, Goodyear a travaillé avec l’United Soybean Board.

Sumitomo Rubber Industries Ltd a déclaré mardi qu'elle fusionnerait avec Dunlop Sports Co Ltd, à compter du 1er janvier 2018. Dunlop Sports sera dissoute après la fusion et retirée le 27 décembre de la première section du Tokyo Stock Exchange.

COTON

L’ouragan Harvey qui s’est abattu sur le Texas depuis samedi dernier pour ne s’éloigner qu’hier a fait grimper les cours du coton, l’État du Texas étant la première région productrice de la fibre blanche aux Etats-Unis. Le contrat de décembre a clôturé mercredi à 70,85 cents la livre à un plus haut de trois semaines, après trois séances consécutives de hausse.

Les premières estimations des pertes causées par l’ouragan sur les champs de coton donnent un montant de 300 000 balles, selon John Robinson, économiste agricole à l'Université Texas A & M. Les dégâts pourraient être compris entre 400 000 et 500 000 balles pour Keith Brown directeur de Keith Brown and Co en Géorgie. De son côté, le commissaire à l’Agriculture du Texas a indiqué dans un communiqué que « L'Association du coton et du grain du sud du Texas a projeté des pertes de récolte préliminaires à $150 millions. Cela est juste dévastateur pour tous les agriculteurs là-bas ». Avant le passage d’Harvey, la récolte de coton au Texas était estimée à 4 millions de balles, la plus importante depuis 2012.

En Côte d’Ivoire, Soro Yacouyba, producteur de coton à Katiola et dirigeant de société coopérative, a été élu hier président du conseil d’administration de l’Organisation interprofessionnelle agricole de la filière coton de Côte d’Ivoire (cf. nos informations ).

Au Nigeria, l’un des plus importants conglomérat nigérian, Odu’a investments Ltd et l’université Afe Babalola (ABUAD) vont investir 12 milliards de naira (€ 27,6 millions) pour convertir l’industrie textile moribonde à Ado Ekiti en un parc industrie (cf. nos informations).

En Afrique, 30% de la production de coton en Afrique est certifiée durable Cotton made in Africa (cf. nos informations).

Le parlement du Turkménistan a adopté la loi «Sur la culture du coton». Le projet de loi définit la base juridique, économique et organisationnelle de la culture du coton au Turkménistan. Quelque 545 000 hectares ont été plantés pour une production attendue à 1 million de tonne en 2017.

HUILE DE PALME

Après avoir atteint un plus haut de cinq mois la semaine dernière, les cours de l’huile de palme ont affiché quatre séances consécutives de baisse pour clôturer mercredi sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange à 2 706 ringgits ($633,87) la tonne pour le contrat de novembre. Les cours ont perdu sur cette période 2,6% de leur valeur.

En toile de fonds, l’attente d’une hausse des stocks de l’huile de palme pour le mois d’août. Alors que la production devrait augmenter, les exportations d'huile de palme du 1er au 25 août ont diminué de 8,1% par rapport à la même période en juillet, selon Intertek Testing Services, de 8,4% selon SGS. Le marché est fermé jeudi et vendredi.

La banque néerlandaise Rabobank a estimé que les cours de l’huile de palme devraient baisser au second semestre (cf. nos informations).

En Indonésie, la taxe sur les exportations d’huile de palme brute a été maintenue à zéro pour le mois de septembre. En dessous de $750 la tonne, le ministère du Commerce n’impose pas de taxe.

L’ONG NEPCon a lancé la semaine dernière NEPCon Sourcing Hub, une plate-forme, libre d’accès, sur l'évaluation des risques dans le commerce du bois mais aussi, dans une moindre mesure, celui du bœuf, de l’huile de palme et du soja (cf. nos informations).

RIZ

La faiblesse de la demande a fait chuter les prix du riz en Asie tant en Thaïlande, qu’au Vietnam ou en Inde.

En Thaïlande, le Thaï 5% s’échangeant entre $370-$375 la tonne contre $375 -$377 la tonne la semaine dernière. Une baisse attribuable à la mise sur le marché de la nouvelle récolte. « La demande pour les marchés d’exportation est actuellement à un niveau bas, les acheteurs étant dans l’attente de voir si une nouvelle baisse des prix se produira ou non », a déclaré un négociant basé à Bangkok. Des prix qui devraient

Les prix en Thaïlande devraient chuter la semaine prochaine et rester à un niveau relativement stable jusqu'à fin octobre, selon les négociants en riz.

Au Vietnam, le VIET 5 a légèrement baissé à $385- $390 la tonne contre $385 -$395 la semaine dernière. Une diminution alors que la demande est rare après la récolte d’été-automne. « Le marché est calme, la demande faible. Les prix ont diminué en Thaïlande, donc les prix du Vietnam ont également diminué », a déclaré un négociant à Ho Chi Minh-Ville.

En Inde, le prix du riz étuvé 5% a perdu $3 la tonne à $400-$403 la tonne. La demande est aussi faible mais c’est le résultat de l’appréciation de la roupie qui réduit les marges d'exportation. « Nous sommes hors prix. Les acheteurs demandent moins de $400 la tonne, ce qui n'est pas possible en raison de la force de la roupie », a déclaré un exportateur basé à Kakinada dans l'État sud de l'Andhra Pradesh.

Les exportations de riz non basmati de l'Inde devraient ralentir au cours des prochains mois, car les expéditions de grains sont devenues trop coûteuses en raison de la hausse en roupie et d'une augmentation des prix locaux du riz paddy.

Le Bangladesh devrait acheter 250 000 tonnes de riz blanc à $453 la tonne d en provenance du Cambodge dans le cadre d’ un accord de gouvernement à gouvernement.

SUCRE

Le sucre roux est passé en dessous de la barre des 14 cents, clôturant hier soir sur le marché à terme de New York à 13,91 cents la livre (lb) contre 14,03 cents vendredi dernier. Le sucre blanc, sur l'échéance octobre, parti de $ 384,70 vendredi dernier, a terminé hier soir à Londres à $ 379,60.

Au Brésil, c'est le duel sucre-éthanol. La fermeté de la monnaie brésilienne dernièrement et celle du prix de l'essence incitent le Brésil à consacrer une part plus importante de canne à la fabrication d'éthanol plutôt qu'au sucre, ce qui réduit les volumes de sucre mis sur le marché mondial et fait grimper son prix.

D'ailleurs, les autorités brésiliennes ont récemment modifié la taxation sur les carburants afin de favoriser l'éthanol, et mardi, le brésilien Biosev, deuxième transformateur mondial de canne à sucre, a annoncé changer son mix de production et oriente davantage de canne à la production d'éthanol.

Une tendance qui a pu être notée sur toute la première moitié du mois d'août, a constaté le groupe industriel brésilien de la canne Unica. Les raffineries dans la région centre-sud du pays, la principale région de production, n'ont consacré que 50,04% de la canne à la fabrication de sucre, son taux le plus faible sur ces deux derniers mois. Unica a précisé que 40% de la canne qui peut aller indifféremment à la production de sucre ou d'éthanol a été utilisé pour fabriquer le biocarburant. Ainsi, la région n'a produit que 3,16 Mt de sucre sur ces premiers quinze jours d'août contre 3,41 Mt sur les quine jours précédent.

En Egypte, les stocks stratégiques de sucre excèdent 1 Mt, ce qui permet de couvrir la demande nationale jusqu'au mois de janvier, date à laquelle la production locale de canne à sucre démarre, selon le ministère de l'Approvisionnement.

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