31 octobre 2017 - 12:30 |

Les prix des matières premières resteraient durablement bas, selon le FMI et la BM

Le taux de croissance économique de l'Afrique sub-saharienne devrait passer de 1,4% en 2016 à 2,6% en 2017 et atteindre 3,4% en 2018, "sous l’effet d’un environnement extérieur plus favorable et de plusieurs facteurs ponctuels, dont le redressement des productions pétrolière et agricole au Nigeria et l’atténuation de la sécheresse qui a frappé une grande partie de l’Afrique orientale et australe en 2016 et au début de 2017", souligne le Fonds monétaire international (FMI) dans son rapport sur les Perspectives économiques en Afrique sub-saharienne publié hier. A noter que le FMI estime le taux de croissance mondiale à 3,6 % en 2017 et 3,7 % en 2018.

Ceci dit, les vieux démons ressurgissent  en Afrique sub-saharienne: "La dette publique dépassait 50 % du PIB dans 22 pays à la fin 2016. Le service de la dette commence à peser lourdement, surtout pour les pays producteurs de pétrole, et il devrait absorber plus de 60 % des recettes publiques en Angola, au Gabon et au Nigeria. Des risques budgétaires commencent aussi à se concrétiser dans plusieurs pays à forte croissance mais pauvres en ressources naturelles, sous l’effet en partie de l’évolution de la situation sécuritaire et d’une baisse des cours du cacao (Côte d’Ivoire) et des dérapages budgétaires pendant une année électorale (Ghana, Kenya)." A noter aussi l’accroissement du volume des prêts accordés par les banques locales aux Etats, augmentant ainsi leur exposition aux dettes souveraines.

S'agissant de la Côte d'Ivoire, précise le FMI, sa croissance a perdu de sa vigueur car les effets de rattrapage de sortie de conflit s’estompent.

Afrique de l'Ouest : croissance économique (en %)

 

 

2015

2016

2017

2018

 

Afrique sub-saharienne

3,4

1,4

2,6

3,4

 

Bénin

2,1

4

5,4

6

 

Burkina Faso

4

5,9

6,4

6,5

 

Côte d'Ivoire

8,9

7,7

7,6

7,3

 

Gambie

4,3

2,2

3

3,5

 

Ghana

3,8

3,5

5,9

8,9

 

Guinée

3,5

6,6

6,7

5,8

 

Guinée Bissau

5,1

5,1

5

5

 

Liberia

0

-1,6

2,6

4

 

Mali

6

5,8

5,3

5

 

Niger

4

5

4,2

4,7

 

Nigeria

2,7

-1,6

0,8

1,9

 

Sénégal

6,5

6,7

6,8

7

 

Sierra Leone

-20,5

6,1

6

6,1

 

Togo

5,3

5

5

5,3

 

Source : FMI, Perspectives économiques régionales Afrique sub-saharienne, oct. 2017

La faiblesse des cours des produits de base continue de peser fortement sur les perspectives de croissance de la région. "Les cours de certaines matières premières agricoles ont aussi fortement baissé au premier semestre 2017, notamment ceux de certains principaux produits de base subsahariens (cacao, par exemple), encore que les prix de quelques produits (café, thé) aient enregistré des augmentations."

Quant à l'avenir, "la région se trouve dans une situation où les pays exportateurs de produits de base font face à une période probablement longue de prix bas". Et le FMI de prôner la diversification de l’économie comme moteur important de croissance. Or, dans l’ensemble, l’Afrique subsaharienne a accompli peu de progrès à cet égard, hormis quelques cas dont le Burkina Faso.

Stabilisation à de faibles niveaux, selon la Banque mondiale

La Banque mondiale, dans son Commodity Markets Outlook paru jeudi, estime aussi que les prix des matières premières agricoles demeureront à de faibles niveaux en 2018, ne devant enregsitrer que 1 ou 2 points de hausse sur 2017.

Indices de prix nominaux de produits agricoles

                                  Indices de prix (2010 = 100)

Variation (%)

 

2013

2014

2015

2016

2017 (prev)

2018 (prev)

2016-17

2017-18

  Agriculture

106

103

89

89

89

90

-0.6

1.2

      Boissons

83

102

94

91

83

84

-8.4

0.7

      Alimentaires

116

107

91

92

92

93

-0.1

1.2

Oléagineux et  tourteaux

116

109

85

90

89

91

-0.5

1.7

 Céréales

128

104

89

82

82

83

-0.2

1.9

 Autres alimentaires

104

108

100

105

106

106

0.4

0.1

Matières premières

95

92

83

80

82

83

2.4

1.6

 Engrais

114

100

95

75

72

72

-4.1

-0.2

Source : World Bank, Commodity Markets Outlook, October 2017

 

Les craintes de La Niña en début d'année ne se sont finalement pas matérialisées.

La production mondiale de riz en 2017/18 serait de 489 millions de tonnes (Mt), soit 3 Mt de moins que la précédente campagne. La récolte de graines oléagineuses serait de 562 Mt d'octobre 2017 à septembre 2018 contre 560 Mt en 2016/17.

 

Prévisions de prix en US dollars nominaux

 

 

Unités

2015

2016

2017

2018

2019

Cacao

$/kg

3,14

2,89

2,05

2,11

2,17

Arabica

$/kg

3,53

3,61

3,35

3,35

3,36

Robusta

$/kg

1,94

1,95

2,25

2,23

2,21

Huile de coco

$/t

1110

1475

1610

1593

1576

Huile d'arachide

$/t

1337

1502

1500

15115

1529

Huile de palme

$/t

623

700

720

732

745

Tourteaux soja

$/t

395

380

355

362

368

Huile de soja

$/t

757

809

850

861

872

Graines de soja

$/t

390

406

400

409

418

Maïs

$/t

170

159

155

159

162

Riz Thaï 5%

$/t

386

396

400

403

406

Blé US HRW

$/t

204

167

175

179

184

Bananes dollar

$/kg

0,96

1

1,07

1,07

1,07

Viande bœuf

$/kg

4,42

3,93

4,2

4,19

4,18

Viande poulet

$/t

2,53

2,46

2,5

2,48

2,47

Sucre

$/kg

0,3

0,4

0,36

0,36

0,36

Grumes Afrique

$/m3

389

387

395

399

403

Coton A

$/kg

1,55

1,64

1,85

1,87

1,9

Caoutchouc RSS3

$/kg

1,57

1,61

2,05

2,08

2,1

Engrais DAP

$/t

459

345

347

345

345

Urée Europe Est

$/t

273

199

216

215

221

Source : Banque mondiale, Commodity Markets Outlook, octobre 2017

Estimé perdre 30% en 2017, le prix du cacao devrait grimper de 3% en 2018. Le prix du Robusta, quant à lui, se stabiliserait en 2018 après avoir pris 15% en 2017.

Quant au coton, les prix augmenteraient de 13% en 2017 mais n'enregistreraient que des gains marginaux en 2018. Le caoutchouc naturel devrait avoir gagné 28% en 2017 mais ne progresserait que légèrement en 2018 et en 2019.

 

 

 

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