31 décembre 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Terminer l’année 2010 en fanfare

(31/12/10)

2010 aura encore été une bonne année pour les matières premières : l’indice Reuters-Jefferies CRB, qui regroupe 19 matières premières, aura progressé de 16% sur l’année, avec une belle accélération en décembre notamment. L’une des raisons, hormis la météo et les devises, est le repli (habituel maintenant) des investisseurs sur les placements de matières premières à une époque de l’année où les marchés financiers sont moins actifs.
L’année se termine sur fond d’intempéries météo et monétaires, avec un yuan qui a atteint hier un nouveau record face au dollar. La décision de la Banque populaire de Chine de relever le milieu de la fourchette de fluctuation de la devise augure, aux yeux des investisseurs, une poursuite de l’appréciation de la monnaie au premier trimestre 2011. La valeur spot du yuan a atteint un pic du jour à 6,6106 pour un dollar, le plus haut niveau depuis la réévaluation de la devise et les réformes du système de changes engagées par Pékin en 2005, et une hausse de 0,2% par rapport à la clôture de mercredi.
Rappelons que la Chine a relevé ses taux d’intérêt la semaine dernière pour juguler l’inflation et fait face aux appels récurrents de ses partenaires commerciaux, qui estiment que le taux de change actuel donne à la Chine un avantage commercial indu. Les professionnels s’attendent donc désormais à une nouvelle hausse du yuan de 1 à 2% au premier trimestre 2011.
L’appréciation pourrait, selon eux, être rapide d’ici la visite du président chinois Hu Jintao aux Etats-Unis à la mi-janvier, mais plus mesurée et intermittente sur l’ensemble de l’année qui vient. Plusieurs cambistes estiment toutefois que le yuan pourrait gagner jusqu’à 6% en 2011 pour atteindre 6,25 pour un dollar. En 2007-2008, lors de la précédente phase de lutte contre l’inflation en Chine, le cours de la devise chinoise avait gagné plus de 7% en six mois.
Depuis que le yuan a été désolidarisé du dollar à la mi-juin, Pékin l’a laissé s’apprécier d’environ 2,5% par rapport au billet vert.

Cacao. Le marché yoyotte sur fond de crise ivoirienne. Une manifestation était prévue mercredi dernier à Abidjan, ce qui a fait grimper la fève sur le marché de Londres, mais son annulation et son report à demain, samedi, l’ont fait redescendre. A £ 2040 la tonne sur l’échéance mars, le cacao demeure malgré tout au plus haut depuis 3 mois. Rappelons qu’il a atteint £ 2 460 le 14 juillet sur le marché à terme de Londres.
Les achats de cacao chez le numéro deux mondial, le Ghana, se sont élevés à 533 722 t depuis le début de la campagne début octobre jusqu’au 16 décembre.

Café. Le Robusta termine 2010 en fanfare sur le marché à terme de Londres, avec une cotation au plus haut depuis deux ans et trois mois. En effet, la récolte vietnamienne qui, habituellement, court d’octobre à janvier, a pris du retard en raison de pluies peu habituelles à cette saison. Toutefois, la récolte se poursuit et devrait s’achever bientôt : les 20 millions de sacs de 60 kilos attendus devraient être au rendez-vous. Mais le marché s’inquiète davantage de la qualité du café vietnamien cette année.
L’Arabica, quant à lui, a continué à baisser légèrement après avoir atteint la semaine dernière un plus haut en 13 ans et demi. Toutefois, les disponibilités sont réduites en belles qualités de Colombie.

Caoutchouc. Les prix du caoutchouc n’auront cessé de s’étirer cette décennie ! Depuis l’an 2000, le caoutchouc naturel a enregistré neuf années de hausse et 2010 boucle la tendance. Le marché à terme de Tokyo a enregistré, en ce mois de décembre, sa plus forte hausse depuis la fin 2009. Il a atteint lundi dernier 419,3 yens et a clôturé hier, avant que les marchés ne ferment pour le long week-end du Nouvel An, 414,5 yens.
Les raisons ? Des pluies mais aussi de la sécheresse qui ont impacté les zones de production du Sud-Est asiatique (Thaïlande, Indonésie, Malaisie), un yuan ferme et la perspective de fortes ventes de voiture en Chine à l’occasion du Nouvel An chinois. Il semblerait, en effet, que les Chinois changent davantage de voiture en fin d‘année, soit en janvier. Notons, toutefois, que la Chine devrait mettre un terme le 1er janvier à son incitation fiscale sur l’achat de petites voitures, ce qui devrait affecter la demande. Une mesure qui, toutefois, ne semble guère inquiéter les investisseurs et spéculateurs sur les marchés du caoutchouc naturel tant la demande chinoise est robuste : la croissance de l’industrie automobile chinoise a été de 53% en 2009 et de 35% sur les 11 premiers mois de 2010.

Céréales & oléagineux. Mardi, les prix du soja et du maïs ont atteint leurs plus hauts niveaux depuis août 2008 sur le marché à terme de Chicago, en raison de la sécheresse qui persiste en Argentine. Le boisseau (environ 25 kg) de soja sur mars a touché les $ 13,9475 pour terminer à $ 13,87 tandis que le maïs, sur la même échéance, a engrangé 8 cents à $ 6,2325, après un pic à $ 6,24. Le blé, stimulé par la situation météorologique en Argentine mais aussi par la demande de l’Egypte pour des céréales américaines, a gagné 18 cents à $ 7,9825.
Il n’y a pratiquement aucune précipitation prévue en Argentine dans les dix prochains jours”, ont relevé les analystes de la maison de courtage Allendale. Le manque d’eau “représente toujours un problème de nature à faire monter les cours du soja”. Cet important exportateur de soja, mais aussi de maïs, subit un temps chaud et sec depuis plusieurs mois en raison du phénomène climatique la Nina, ce qui pourrait diminuer sa production qui arrive sur le marché quand c’est l’hiver dans les grandes puissances agricoles de l’hémisphère Nord.
Le marché est aussi satisfait de voir que pour deux des trois catégories de blé que l’Egypte voulait acheter, la demande s’est dirigée exclusivement vers les Etats-Unis”, a relevé Allendale, selon l’Agence télégraphique suisse.
L’huile de palme en Malaisie termine, elle aussi, l’année en fanfare. Sur l’ensemble de 2010, la grande rivale de l’huile de soja aura enregistré un bond de 42,2% de son prix, ce qui toutefois est inférieur aux 57% de hausse enregistrée en 2009. Ces derniers jours, les cours de l’huile de palme ont été soutenus par les facteurs météorologiques, que ce soit les fortes pluies en Malaise et en Indonésie, ou la sécheresse qui affecte les rendements en Amérique du Sud. Elle a aussi été soutenue par un baril de pétrole qui a dépassé les $ 91 puisque l’huile de palme est un biocarburant alternatif.

Coton. Pour le dernier jour de cotation de 2010, le coton a terminé hier en hausse, essentiellement sur des achats spéculatifs. La position mars a terminé à $1,4284 la livre. Le coton n’aura jamais autant mérité que cette année son qualificatif « d’or blanc » avec des prix qui ont grimpé de 78% ces douze derniers mois.
A noter qu’hier, le Mali a réduit ses estimations de production pour 2010/11 à 262 000 t contre 278 000 t avancées précédemment. Rappelons qu’en septembre, les estimations étaient encore de 360 000 t.

Riz. Après cinq jours de baisse, les cours du riz se sont inscrits à la hausse mercredi à la bourse de Chicago, stimulés par un dollar faible, ce qui attire toujours les investisseurs non américains. Sur le marché du physique, le prix du riz thaïlandais, premier exportateur mondial, a glissé car la récolte bat son plein alors que la demande mondiale est faible en ces périodes de fêtes.

Sucre. Après avoir atteint cette semaine son cours le plus élevé en 30 ans, le sucre roux coté à New York a glissé sur des prises de bénéfices et sur des achats moindre de physique en raison des prix très élevés et de « la trêve des confiseurs ».

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +