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La Chronique Matières du jeudi

Marchés en berne

(28/01/2010)

CAFE Les cours internationaux tant de l’Arabica que du Robusta ont été touchés par le mouvement de ventes sur les marchés des matières premières en général, New York touchant hier soir 27 janvier son plus bas en deux mois et demi. En effet, le dollar s’est raffermi suite au discours sur l’Etat de la Nation du président Barack Obama qui a souligné, entre autres, sa volonté de combattre le chômage et redresser l’économie.
Dans les pays producteurs, au Vietnam le gouvernement a approuvé hier le projet de stocker 200 000 t de grains, soit un cinquième de la récolte actuelle, afin de stimuler les prix. Une mesure qui avait été proposée par le ministre de l’Agriculture le mois dernier et qui devrait recevoir une application immédiate : Do Ha Nam, président du club des 20 plus importants exportateurs de café du Vietnam, a annoncé que les entreprises devront s’enregistrer d’ici le 5 février pour pouvoir bénéficier de ce plan. On ignore encore la durée de vie de ce stock et comment exactement il sera financé. Il s’agit d’une mesure majeure, le Vietnam étant le deuxième exportateur mondial de café et le premier de Robusta : en janvier, ses exportations ont progressé de 3%, à 140 000 t ou encore 2,33 millions de sacs de 60 kg (Ms). Ceci porte le total des exportations sur les quatre premiers mois de la campagne 2009/10, soit depuis le 1er octobre, à 421 600 t ou encore 7,03 Ms, en hausse de 10,3% par rapport à la même période la campagne dernière. Les prix du Robusta sur le marché local vietnamien sont tombés la semaine dernière à leur plus faible niveau depuis le 16 novembre, mais ils ont fortement repris cette semaine suite à cette mesure.
En Afrique, au Kenya, le grade AA a grimpé à $ 450 le sac de 50 kg lors des enchères à Nairobi mardi 26 janvier, contre $ 421 les ventes précédentes. Toutefois, le prix moyen sur l’ensemble des qualités a baissé à $ 249,78 contre $ 258,53 la vente précédente. Rappelons que le Coffee Board s’attend à ce que la récolte chute de 13%, à 47 000 t sur la campagne 2009/10.
Quant à la Côte d’Ivoire, les statistiques douanières rendues publiques mardi 26 janvier font état d’exportations de café totalisant 26 785 t entre les mois d’octobre à décembre, soit un bond de 246% par rapport aux volumes expédiés sur la même période l’année précédente.
En Ouganda, deuxième producteur africain de café et premier de Robusta, la pluviométrie est favorable actuellement : la récolte devrait démarrer en mai. Elle est attendue en hausse de 11,5%, à 3,4 millions de sacs.
Aux ventes aux enchères de Tanzanie cette semaine, 6 489 sacs de 60 kg ont été offerts à la vente et 6 041 sacs l’ont été, au prix moyen de $ 218,12 le sac, soit en net recul par rapport à la moyenne de $ 234,42 précédemment. Des prix qui ont été influencés par le mouvement baissier des Arabica sur le marché à terme de New York. Mais les opérateurs estiment qu’ils devraient se réinscrire à la hausse en Tanzanie car il ne reste plus que deux ou trois enchères avant la fin de la campagne. Le pays, qui produit de l’Arabica et du Robusta, prévoit une récolte 2009/10 (juin à avril) en baisse à 50 000 t contre 68 331 t la campagne précédente. La Tanzanie est le quatrième producteur africain derrière l’Ethiopie, l’Ouganda et la Côte d’Ivoire.

COTON Dans le sillage des marchés et de matières premières, le coton recule. Il a fini mercredi à un plus bas de 10 semaines à 69,23 cents la livre. Depuis un plus haut de 76,77 cents le 4 janvier, le coton a perdu 7,74 cents avec des fondamentaux qui n’ont pas varié. Mambo Commidities estime que si techniquement le marché est sur une tendance baissière depuis deux semaines, la tendance semble commencer à s’essouffler. En outre, la reprise de l’activité continue de se faire sentir sur le marché physique.
Les exportations de coton de Côte d’Ivoire ont totalisé 183 850 tonnes de janvier à décembre 2009, en recul de 9,4% par rapport à 2008.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme de Malaisie ont été boostés par le discours hier de Barack Obama qui a promis de redynamiser l’économie américaine et combattre le chômage. Toutefois, les analystes s’attendent à ce que la hausse soit contenue car l’offre en huiles végétales est importante et la demande baisse : les stocks en Malaisie sont très élevés et la récolte sud-américaine de soja, grand rival de l’huile de palme, devrait être très abondante.

RIZ Sur les marchés asiatiques, les prix du riz cette semaine n’ont guère changé et ils pourraient même perdre du terrain dans les semaines à venir car les disponibilités devraient croître. De très importants stocks gouvernementaux un peu partout, résultats de la politique de soutien aux producteurs menés dans plusieurs pays asiatiques, ne permettent pas vraiment un renchérissement de la céréale. La Thaïlande, premier exportateur mondial de riz, détiendrait ainsi 6 Mt de riz décortiqué et le Vietnam, qui a commencé à acheter du riz à ses planteurs dès le mois de septembre, en aurait aussi 1 Mt.
Or, la seconde récolte en Thaïlande démarre à la mi-février dans ce pays et cela va encore peser sur le marché même si on s’attend à des volumes pas très élevés : de faibles disponibilités en eau et l’invasion d’insectes ont obligé le gouvernement de réduire de 16% ses prévisions de récolte, à 7 Mt. Aussi le pays devrait-il ne produire que 29 Mt de paddy en 2009/10 contre les 31 Mt prévues. En revanche, la Thaïlande a exporté 8,57 Mt en 2009, dont beaucoup en Afrique, et a pour objectif 10 Mt cette année.
Mardi, le gouvernement vietnamien a annoncé des exportations en hausse de 22,7% en janvier, à 330 000 t. A noter que les recettes d’exportation de riz en janvier auraient fait un bond de 50,6%, à $ 165 millions. Le pays devrait exporter entre 5 et 6 Mt cette année, de source industrielle.
Selon la FAO, les importations mondiales de riz en 2010 seraient de 30,5 Mt, en légère hausse par rapport aux 30,3 Mt en 2009, essentiellement à cause d’une demande asiatique plus forte car de nombreuses récoltes en 2009 ont été décevantes. La production mondiale de paddy en 2009 a été de 678 Mt, toujours selon la FAO, soit 10 Mt de plus qu’attendues suite à l’amélioration des conditions de production dans plusieurs pays asiatiques. En Amérique du Sud, la sécheresse liée à El Nino ou au contraire des pluies excessives ont retardé l’ensemencement ; en Australie, la récolte devrait augmenter mais demeurer inférieure aux plus hauts enregistrés au milieu de la décennie. En Afrique australe, les conditions de production sont actuellement incertaines car la période de janvier à mars est celle des cyclones. Ceci dit, le continent devrait globalement moins importer cette année.
Mondialement, la FAO s’attend à des exportations en hausse en Thaïlande, Chine, Myanmar et Vietnam, tandis qu’elles devraient s’inscrire en baisse au Cambodge, aux Etats-Unis et en Uruguay. En Afrique cette année, l’Egypte devrait doubler ses volumes d’exportation de riz à 600 000- 800 000 t, a annoncé le 27 janvier le ministre égyptien du Commerce Rachid Mohamed Rachid présent au Sommet de Davos. Mais ceci demeure bien en dessous des volumes exportés avant 2008, soit avant que le gouvernement ne décide de réduire ses exportations face à la pénurie d’eau et à la flambée des prix des produits alimentaires.
La FAO s’attend à une consommation mondiale de riz en 2010 qui devrait croître de 8 Mt, à 454 Mt, dont 389 Mt destinées à la consommation humaine avec des stocks mondiaux également en hausse, de 6 Mt à 123 Mt, soit 27% de la consommation mondiale de riz en 2010.
Notons enfin que Maurice a acheté mardi 20 000 t de riz blanc long grain à la Thaïlande, à $ 607,45 la tonne C&F, livrable entre le 1er février 2009 et le 31 janvier 2011. L’île achète généralement en une seule fois tout le riz dont elle a besoin pour l’année.

SUCRE Le marché du sucre se consolide, après avoir dépassé lundi les 30 cents la livre. L’offre restreinte face à une demande importante devrait toutefois maintenir les prix élevés dans les semaines qui suivent. Les producteurs européens de sucre ont été autorisés cette semaine à exporter 500 000 tonnes supplémentaires au delà de son plafond de 1,374 Mt fixé par l’OMC. Une mesure exceptionnelle et qui apportera un peu de souplesse au marché.
Le directeur de Mawana Sugar, Sunil Kadria, estimait que la production de sucre indienne devrait être inférieure à 15 millions de tonnes pour la campagne en cours, soit 1 Mt de moins que les estimations du gouvernement.

THÉ Les prix du thé sur le marché aux enchères à Mombassa continuent de chuter. Le prix du BP1s s’est vendu cette semaine à un prix moyen de $ 3,55 le kilo contre $4,20 la semaine dernière. Le Kenya compte sur 70 milliards de shillings ($ 915,6 millions) de recettes d’exportations de thé en 2010, contre 69 milliards de shillings en 2009. Toujours selon le Tea Board, la production de croître de 15% en 2010.
En Ouganda, les exportations sont aussi attendues en hausse en 2010 à 47 millions de kilos, soit 4% de plus qu’en 2009, grâce à des conditions climatiques plus favorables mais aussi à des nouveaux investissement, selon l’Uganda Tea Association. Elle fait notamment référence à l’acquisition pour $ 30 millions en décembre dernier de Rwenzori Tea Investment par un des plus grands groupes de thé, McLeod Russel India.

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