28 août 2012 - 11:30 |

"_Jusqu'à la moitié des aliments que nous produisons n'est jamais consommée_", selon Torgny Holmgren

La montée des prix alimentaires met en exergue la chasse au gaspillage

(28/08/2012)

Cette fois, on ne pourra pas dire que les organisations internationales son restées muettes face à la montée des prix des produits alimentaires. Hier encore, à l’occasion d’une conférence sur l’eau qui se tenait à Stockholm, le directeur général de la FAO José Graziano da Silva a vivement invité les pays du G20 à se mettre d’accord sur une action coordonnée pour apaiser les tensions sur les prix alimentaires, étant donné que la quasi-totalité des produits agricoles affectés par la hausse des prix, notamment le blé et le maïs, étaient produits par les pays du G20. Toutefois, a-t-il précisé, ” il n’y a pas de crise ”. ” nous devons éviter maintenant ce genre d’achats de panique.

Pour le patron de la FAO, agir de façon concertée implique, par exemple, encourager une alimentation de substitution, comme par exemple la consommation de haricots en Amérique latine ou de manioc en Afrique, a-t-il précisé à Reuters. Cela ne passait donc pas par des interdictions à l’exportation décidées de façon unilatérale.

Dans un entretien au quotidien Le Monde daté de mardi, il rappelle que la FAO recommande également de ne plus utiliser de maïs ou d’oléagineux pour produire des biocarburants qui sont certes, nécessaires, a-t-il précisé, mais ceux du futur ne devront pas être produits à base de céréales ” et ne concurrenceront pas les cultures alimentaires ”.

Il faut se préparer à un cycle de prix agricoles élevés d’une dizaine d’années: “Toutes les projections de la FAO aboutissent à la conclusion que les prix agricoles vont rester élevés et connaître une grande volatilité dans les dix années à venir”, souligne-t-il dans les colonnes du Monde. ” Pour y faire face, nous recommandons la constitution de stocks nationaux de produits alimentaires de base ”, ajoute-t-il, recommandant la création, dans chaque pays, de stocks couvrant ” entre une semaine et un mois ” de besoins alimentaires.

Des réunions sur la question des prix alimentaires doivent se tenir cette semaine entre représentants du G20 mais aucune décision ne devrait être prise avant un rapport sur l’offre céréalière à paraître mi-septembre. ” Nous discutons actuellement de l’opportunité de convoquer le Forum de réaction rapide”, confirme le directeur de la FAO dans son entretien au Monde. “La première convocation de ce Forum ne devra pas être interprétée comme un signe d’affolement, mais comme la volonté d’assurer une meilleure coordination ”, insiste-t-il.

José Graziano da Silva, avec d’autres spécialistes réunis à la conférence de Stockholm, ont une fois de plus dénoncé le gaspillage alimentaire massif constaté dans tous les pays du monde. Un quart de l’eau utilisée dans le monde sert à produire plus d’un milliard de tonnes d’aliments que personne ne mange, a déclaré Torgny Holmgren, directeur exécutif de l’Institut international de l’eau de Stockholm. ” Jusqu’à la moitié des aliments que nous produisons ne sont jamais consommés ”, a-t-il souligné.

Pour José Graziano da Silva, un tiers de la production alimentaire totale est perdu. C’est dû selon lui à un stockage déficient dans les pays en développement et au gaspillage dans les pays riches.

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