08 septembre 2010 - 22:45 |

La situation céréalière mondiale favorise la France auprès de l'Egypte

Des échanges céréaliers historiques

(08/09/10)

La France est en première ligne pour réaliser un nouveau record d’exportation de blé meunier sur le marché mondial, dont le marché nord-africain, lors de la campagne actuelle, estime FranceAgriMer.
Pour sa première estimation du bilan de la campagne 2010/11 (juin/juillet), FranceAgriMer avance le record absolu de 11 millions de tonnes (Mt) pour la France, premier producteur européen de blé, soit 1,2 Mt de mieux que le précédent record établi la saison dernière, a déclaré Xavier Rousselin, chef de l’unité des grandes cultures de l’office. La quasi-absence de la mer Noire sur le marché mondial après la sécheresse qui a dévasté la récolte russe, la dégradation de la qualité de la récolte allemande à cause des pluies et une production limitée par la sécheresse dans l’hémisphère Sud en sont l’explication, a-t-il précisé.
L’idée générale qui construit le bilan français cette année est qu’il y a de la place (sur le marché mondial) pour 15 Mt de blé français. Avec la fermeture de la mer Noire, la demande est telle qu’elle va aspirer tout ce qui est exportable au départ de la France”, a-t-il dit. Il a cité pêle-mêle des occasions par rapport aux campagnes précédentes pour le blé français vers le Yémen, la Jordanie, le Liban, la Syrie, les Emirats arabes unis, le sultanat d’Oman, voire même l’Irak.
La Russie, troisième exportateur mondial de blé, approvisionne habituellement le Caucase, la péninsule arabique et l’Afrique du Nord, en tout premier lieu l’Egypte, l’un des principaux acheteurs mondiaux de blé, a noté Xavier Rousselin. ”_Or, sur cette zone-là, le meilleur remplacement possible c’est le blé européen”, a-t-il dit, tout en précisant que cette année ”_le blé allemand est très fortement fourrager”.

Une vraie performance avec l’Egypte
Depuis le début de la campagne, le 1er juillet, la France a vendu 840 000 t de blé au principal acheteur égyptien gouvernemental, le Gasc, dont 780 000 t contre zéro pour l’Allemagne depuis l’annonce au début août de la suspension des exportations de céréales russes, un embargo qui pourrait durer jusqu’à l’arrivée de la moisson 2011. S’y ajoute un courant jamais égalé d’achats en France de la part d’importateurs privés égyptiens, pour déjà plusieurs centaines de milliers de tonnes.
L’arrivée, à la fin de l’année, des récoltes de l’hémisphère Sud ne devrait pas soulager la situation, a déclaré Xavier Rousselin, en notant les conditions sèches qui ont affecté l’Argentine et l’Australie occidentale. L’Argentine devra servir en priorité les 6 Mt dont a besoin annuellement le Brésil, et l’Australie devra remplacer l’Ukraine dont les exportations sont actuellement fortement ralenties vers l’Extrême-Orient, la Corée, les Philippines et l’Indonésie pour environ 4 Mt, a-t-il estimé.
Le recours aux stocks mondiaux ne sera pas non plus une solution, a-t-il ajouté, déclarant: ”Le problème des stocks (mondiaux) est qu’ils ne sont pas là où il faut.” La Chine, qui en détient une bonne partie, ”ne les sortira vraisemblablement pas”, et le blé américain est pénalisé par un taux de fret élevé en raison notamment d’une logistique interne très chère.

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