02 octobre 2013 - 10:59 |

Le marché du clou de girofle déficitaire

Selon Emmanuel Née de Sivanil, la qualité malgache serait insuffisante

(02/10/2013)

Le marché international du clou de girofle est calme mais résolument déficitaire, note le spécialiste Emmanuel Née de Sivanil. « Dans tous les pays consommateurs, les inventaires sont bas et même parfois très bas. La plupart des acteurs devront très prochainement se porter à l’achat. Certains l’ont déjà fait et d’autres commencent à s’informer ou y songent. »

Mais que vont-ils acheter, s’interroge le trader? A Madagascar, la récolte a démarré en avance dans le Sud-Est. Le taux d’humidité est élevé et il y aurait un pourcentage important de qualités BB. Mais les volumes devraient être plutôt élevés, de l’ordre de 4 000 t de qualité exportable. Les 2/3 auraient déjà été vendus, une partie de la production étant déjà travaillée mais d’autres stockés dans des conditions pas toujours optimales, ce qui peut impacter leur qualité à terme, note encore Emmanuel Née. Une qualité qui ne devrait guère répondre aux exigences du marché international.

Dans le Nord-Est de Madagascar, les volumes ne dépasseraient guère les 2500 t et la récolte ne battra son plein qu’en novembre. Selon les premières rumeurs de prix, ils seraient au-dessus des $ 12 500 FOB. Au total, Madagascar devrait disposer de 6 000 à 7 000 t exportables ces 12 prochains mois.

Aux Comores, la récolte, démarrée en juin, est quasiment achevée mais en-deçà des attentes. Aussi serait-elle quasiment déjà vendues aux intermédiaires mais à des prix en monnaie locale plutôt bas, en dessous des minimums garantis par le gouvernement. En valeur dollar, les prix à l’export sont en hausse.

La situation à Zanzibar est difficile à cerner. Les estimations officielles font état d’une production de 3 000 t .

En Indonésie, premier producteur mais aussi consommateur de clous de girofle, les mauvaises conditions météorologiques ont impacté la récolte qui devrait être en baisse de quelque 30% par rapport à la moyenne. Au Sri Lanka, la qualité est plutôt faible et les prix peu compétitifs car trop élevés par rapport aux autres origines et à la qualité proposée.

L’offre brésilienne devrait être meilleure et précoce par rapport à l’année dernière. Ceci dit, la qualité ne devrait pas satisfaire les exigences des marcés européens, indiens ou d’Asie en général.

Ainsi, mis à part l’Indonésie, la production mondiale est estimée par Emmanuel Née à seulement 22 000 à 23 000 t. Un volume largement insuffisant pour couvrir la seule demande indonésienne. Or, la demande indienne en clous de girofle de belles qualité devrait aussi être forte car si on ajoute à sa propre production nationale, l’achat des récoltes de Zanzibar et du Sri lanka, il lui manquerait encore 5 000 à 6 000 t pour avoir des stocks confortables.

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