01 mars 2008 - 00:36 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

L’envolée se poursuit de plus belle

C’est une nouvelle escalade sur les marchés financiers et de matières premières à laquelle nous assistons avec un dollar franchissant le seuil des 1,50 euro et le pétrole au-delà des $ 100 le baril. L’un comme l’autre ont de multiples incidences sur les divers marchés de matières premières. Mais surtout, ce sont les fonds d’investissements qui ne cessent de déverser des millions de dollars sur ces marchés, alimentant la hausse.

Cacao. Hier 28 février, le cacao a touché son plus haut en 5 ans sur le marché à terme de Londres. Une hausse qui s’est confirmée le lendemain. Depuis le début de l’année, la fève a gagné 34%. Pourtant, les derniers chiffres de l’Organisation internationale du cacao ne sont pas haussiers : le déficit cette année se réduirait considérablement, à 51 000 t contre 299 999 t en 2006/07. Récemment, la banque Fortis avait estimé que ce déficit serait de 32 000 t.
A noter qu’au 24 février, les arrivages au port d’Abidjan ont totalisé 978 549 t contre 884 624 t à pareille époque l’année dernière. Toutefois, des problèmes de qualité demeurent.
Au Ghana, les autorités cacaoyères ont relevé, mercredi 27 février, le prix minimum payé au planteur de 25%, à 1 200 cedis ($1,23) le kilo, afin de réduire la contrebande, a annoncé le ministre adjoint des Finances, George Gyan-Baffour. C’est la première fois que le Cocobod révise son prix bord champ en milieu de campagne. Mais la mesure était urgente car les acheteurs ivoiriens allaient jusqu’à offrir 20% de plus la tonne pour avoir davantage de volumes. Une situation inhabituelle aussi car c’est en général le cacao ivoirien qui passe en fraude vers le Ghana.
Au Cameroun, des manifestations anti-gouvernementales ont coupé des routes et paralysé des villes dans la région de Mamfe, au sud-ouest du pays, région qui procure environ la moitié de la production nationale de cacao.

Café. Aujourd’hui, le Robusta a terminé à son plus haut en 12 ans et demi ! Depuis le début de l’année, il a gagné 43 . Au Vietnam, les fèves ont grimpé de 10,5 cette semaine, retrouvant les niveaux record de 1995 à $ 2,5 le kilo.
En Côte d’Ivoire, 43 149 t de Robusta ont été enregistrés à l’embarquement au 8 février, en nette hausse par rapport aux 34 810 t recensées à la même époque l’année dernière. Le prix moyen offert par les acheteurs internationaux était de FCFA 947 le kilo contre FCFA 799 il ya un an !

Caoutchouc. A Tokyo, les contrats à terme ont régressé aujourd’hui en raison de fermeté du yen. La hausse des prix du pétrole, qui ont atteint un record de $103 le baril, a procuré un soutien au marché.
La situation du marché est totalement liée aux facteurs monétaires car côté fondamentaux, l’offre en provenance de la Thaïlande est faible parce que les planteurs du sud du pays qui produit 90 % des 3 Mt par an ont arrêté la saignée des arbres en raison de la saison sèche, période où les arbres produisent moins de latex.
En Malaisie, la hausse des prix a incité certains paysans dans certaines contrées à continuer la saignée des arbres malgré la saison sèche. En Indonésie, l’offre a baissé à cause de la
saison des pluies qui perturbe généralement les saignées.

Céréales. L’Egypte a acheté, pour la première fois depuis le début de la campagne 2007/2008, deux bateaux de blé meunier français, soit un total de 120 000 t, a indiqué le 29 février la General Authority for Supply (GASC), principal acheteur de blé pour l’Egypte. Le GASC a acheté les deux bateaux auprès des maisons de négoce Venus International et Cargill au prix unique de 448,50 dollars/tonne Fob.
Confronté à la réduction des disponibilités mondiales exportables à ce stade de la campagne, l’Egypte a récemment décidé d’assouplir ses exigences qualitatives d’importation, ouvrant la porte aux importations de blés européens – français en particulier – jusqu’à ici pénalisés par une moindre qualité en raison de conditions météo adverses, rapporte l’agence Reuters.
C’est ainsi que le poids spécifique a été ramené entre un minimum de 75 kg et 77 kg par hectolitre contre 78 kg auparavant. Le taux d’humidité a été de son côté fixé entre 13%
et 14,5% contre 14,5% auparavant, ont précisé des exportateurs.
Depuis le début de l’année fiscale, le 1er juillet, l’Egypte, un des principaux acheteurs mondiaux de blé, s’est procuré au moins 5,16 millions de tonnes de blé dont 2,89 millions en Russie et au Kazakhstan, 2,08 millions aux Etats-Unis, 60 000 t au Canada et 120 000 t en France.

Coton. Le coton à 82 cents la livre est un vent d’optimisme qui souffle sur la filière du coton en Afrique de l’Ouest. Optimisme teinté d’amertume car le deuxième exportateur mondial n’a plus ou quasiment plus de marchandise à mettre sur le marché. Tout ou presque a été vendu lorsque les prix atteignaient les 60 à 65 cents, les opérateurs locaux craignant de voir les prix repartir à la baisse sans avoir pu en bénéficier.
Malgré ces cours élevés, la filière d’Afrique de l’Ouest est inquiète : les semis doivent être faits en mai, mais d’ici là il faut trouver les fonds pour les financer. Les sociétés cotonnières, privées comme publiques, accumulent des pertes cumulées de plusieurs centaines de milliards de franc CFA.

Sucre. Le sucre blanc s’inscrit à la hausse, à l’instar des autres matières premières. Depuis le début de l’année, il a grimpé de 23% !

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