01 avril 2008 - 00:00 |

PALMCI veut doubler sa production d’huile de palme d’ici 2010/2011

C’est une veille histoire qu’entretient la Côte d’Ivoire avec le palmier à l’huile ! Elle a été parmi les premiers pays à faire de la recherche dans ce domaine. Plusieurs plans palmiers ont été lancés dans les années 60-70. Aujourd’hui, la Côte d’Ivoire cultive environ 200 000 hectares de plantation générant une production se situant en 300 et 350 000 tonnes par an, soit le même niveau qu’en 1996. Angora Tano, directeur de Palmci, estime que la privatisation du secteur oléagineux est intervenue (ndrl 1996) au plus fort moment de la crise empêchant le secteur de se développer par manque de capitaux et surtout de compétitivité. «A partir de ce moment-là la voilure a été baissée en attendant que le vent soit meilleur».
Et la comparaison avec le développement de la culture du palmier à huile en Malaisie est éloquente : en 1960 la production en Côte d’Ivoire est d’environ 600 000 tonnes par an contre 100 000 t en Malaisie ; en 1996 elle chute de moitié en Côte d’Ivoire (300 000 t) et progresse fortement en Malaisie (8 millions de tonnes, Mt). Aujourd’hui, la Malaisie en 10 ans a doublé sa production à 16 Mt tandis que la Côte d’Ivoire stagne. La recette selon Angora Tano : «la Malaisie a beaucoup misé sur la productivité, via la recherche et via les bonnes pratiques agronomiques. Le palmier est une plante généreuse quand on s’en occupe». Et Palmci a décidé de s’en occuper car les facteurs sont devenus favorables à son développement. Parmi eux, bien sur, la remontée de cours. Sur une très longue période, ils sont restés à $450 la tonne, aujourd’hui ils atteignent $ 1 000 la tonne, et l’on a été jusqu’à $1 400. «Mais raisonnablement je pense que $ 1 000-1 100 est un prix réaliste. Même avec la chute du dollar, c’est très bon» souligne Angora Tano. Des prix soutenus par une forte demande liée à la croissance démographique, à l’augmentation de la consommation par tête, à une forte croissance de la Chine et de l’Inde et aux biocarburants. « Fondamentalement la demande alimentaire va pousser les cours».

Des facteurs favorables : des cours élevés et une demande soutenue

Des facteurs qui poussent la première société ivoirienne de transformation d’huile de palme, Palmci à investir pour développer la production d’huile de palme par un accroissement de la productivité. «Palmci est en train de restaurer complètement le verger, tant celui villageois qu’industriel, pour qu’il soit productif, doubler voir tripler la productivité agricole». Le verger villageois représente les ¾ du verger (150 000 ha sur l’ensemble du territoire), 50 000 ha constituant le verger industriel. Palmci représente 70% de l’ensemble de ces vergers. Le premier volet du plan de développement de Palmci est donc l’intensification, doubler, voir tripler, la productivité agricole. Le deuxième volet est l’extension : d’environ 200 000 t d’huile extraite par an, la société veut doubler la production dans les ¾ années à venir et «envisage sur le long terme 1 million de tonnes».
Olman Internal et Vilmard, qui vont rentrer en joint-venture avec Sifca dans le cadre de Palmci (cf : http://www.commodafrica.com/fr/actualites/matieres_premieres/actu5) vont apporter des ressources financières et aussi de la compétence pour aller vers ses objectifs, souligne Angora Taro. «D’ores et déjà, nous avons fait une réhabilitation en injectant presque FCFA 10 milliards dans les plantations en un an. L’objectif est le même rythme sur les prochaines années».

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