01 juillet 2011 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Chute des cours au deuxième trimestre

(01/07/2011)

Le deuxième trimestre s’achève en ayant enregistré sa plus forte baisse des cours des matières premières depuis la crise financière de 2008 : le Reuters-Jefferies CRB Index, qui comprend 19 matières premières, a baissé de 6% sur les trois derniers mois écoulés. Cette annonce a, par elle-même, suscité un mouvement baissier sur l’ensemble des places aujourd’hui.

Cacao. La baisse aujourd’hui des cours du cacao a interrompu la remontée qui s’était produite depuis une semaine (le cacao coté à Londres a gagné £ 100 la tonne en une semaine, à £ 1980), remontée qui est relativement classique pour un mois de juin et ce pour trois raisons essentiellement : on arrive en fin de campagne et les stocks sont généralement bas ; c’est le période de l’année où les rapports compteurs de cabosses sur le terrain s’empilent et « 9 fois sur 10 ils disent que la situation n’est pas bonne » souligne un opérateur ; les fonds de placement sont en général longs et font monter artificiellement le marché pour avoir de bons comptes semestriels à présenter à leurs actionnaires.
Actuellement, il y aurait 280 000 à 300 000 t de surplus sur le marché mondial car le Ghana n’a pas encore vendu toutes ses fèves. En effet, le « sphinx » du cacao semble un peu dépassé par son propre succès : sa récolte botanique est énorme, de l’ordre de 800 000 t, à laquelle se greffent quelque 80 000 t entrées frauduleusement de Côte d’Ivoire. Grosso modo, le pays aujourd’hui représente environ un million de tonnes, à quelques encablures du premier producteur mondial, son voisin, la Côte d’Ivoire. Une prouesse si on se rappelle qu’il y a 10 ans, il ne faisait que 250 000 t….
Le marché est ferme aussi car la campagne prochaine, on revient à une situation normale, avec un déficit structurel estimé par un opérateur interrogé à 100 000 – 150 000 t. D’un point de vue botanique, 2010/11 avait été excellente grâce aux bonnes pluies liées à la Nina. La campagne prochaine continuera à accuser l’impact d’un verger vieillissant en Côte d’Ivoire, d’une infrastructure dégradée, etc. « L’effet Ouattara » ne devrai se ressentir que d’ici deux ans et guère avant. Cet « effet Ouattara » se ressentirait au niveau des routes, de l’entretien du verger, de l’utilisation d’engrais et d’intrants en général permettant de lutter contre les maladies, d’une rééducation du planter, etc. Si ces facteurs s’améliorent, on devrait pouvoir améliorer assez facilement le rendement ivoirien qui est actuellement d’environ 450 kg/ha, et gagner 100 000 t. Le volume du déficit envisagé pour 2011/12…
Enfin, la remontée des cours du cacao à Londres est également liée à la faiblesse de la livre sterling face à l’euro.
A noter que le beurre de cacao a fait un bon de plus de $ 250 la tonne en une semaine, stimulé par une reprise de la demande. On avait également atteint un niveau très bas un niveau pouvant être qualifié de plancher, et le prix du beurre ne pouvait guère faire autrement que remonter.

Café. Après la forte baisse, une forte hausse jusqu’à ce matin, tout simplement parce les températures ont baissé dans des régions brésiliennes, agitant le spectre des fameuses gelées brésiliennes. Une des frayeurs préférées du marché alors même que souvent ces craintes se manifestent à l’égard de régions qui ne sont plus du tout des zones de production majeure au Brésil. Des fluctuations et des frayeurs dont raffolent les spéculateurs. Ainsi, hier, le marché du Robusta à Londres est retourné vers les $ 2500 après avoir chuté à $ 2150 il y a une dizaine de jours.« Cette volatilité ralentie l’activité, les affaires étant surtout internégoce, les longs vendant aux shorts », souligne un trader.
Aujourd’hui, à l’instar des autres matières premières, le café a baissé et ce malgré des fondamentaux haussiers car l’offre est étroite.
De façon globale, l’Organisation internationale du café a publié ses derniers chiffres d’exportation: au niveau mondial, elles ont atteint 9,2 millions de sacs de 60 kilos (Ms) en mai contre 7,94 Ms en mai 2010. Sur les huit premiers mois de la campagne 2010/11 (octobre à mai), la hausse a été de 16,8% à 71,94 Ms contre 61,62 Ms sur la même période en 2009/10. Depuis mai 2010, les exportations d’Arabica ont atteint 68,2 Ms contre 59,92 s sur les 12 mois précédents, et les exportations de Robusta ont été de 36,02 Ms contre 32,89 Ms.

Huile de palme. Les cours de l’huile de palme sur le marché de Kuala Lumpur ont, eux aussi, subi une chute aujourd’hui, suivant en cela leur tendance de ces derniers mois. Ils ont ont en effet perdu 20% depuis le début de l’année, chacun s’attendant à ce que les stocks mondiaux dépassent les 2 millions de tonnes. Or, la production devrait augmenter et la demande ralentir. En outre, les conflits dans les pays du Proche et Moyen Orient risquent de réduire la demande en huile alors que les fêtes du ramadan approche.

Riz. Les prix du riz thaïlandais se sont contractés cette semaine après que les acheteurs se soient reportés sur le riz vietnamien, moins onéreux. Toutefois, le riz thaïlandais devrait rapidement repartir à la hausse car la demande devrait être soutenue au second semestre de cette année.

Sucre. Alors que le sucre blanc à Londres avait touché hier, jeudi, son plus haut en quatre mois, il s’est replié à l’ouverture des marchés aujourd’hui. Mais globalement, sur le mois de juin, il aura pris 15%. Ces prix élevés ont donné un coup de frein aux achats de sucre, les opérateurs reportant leurs achats puisque, en toute logique, les prix devraient baisser ces prochains mois. En effet, les cours élevés tous ces derniers mois auront eu pour effet de stimuler la production.

Thé. Le prix moyen des thés à la vente aux enchères de Mombassa mardi, a été stable par rapport à la semaine dernière, à quelque $ 3,20 le kilo contre $ 3,21. Pourtant la demande a été plus soutenue et seulement 19,19% des volumes offertes n’ont pas trouvé preneur.

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