01 octobre 2010 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Des marchés trépidants

(30/09/10)

 

Le dollar est au plus bas depuis huit mois face à l’euro, ce qui a mécaniquement un impact sur les cours de la plupart des matières premières, les transactions se réalisant via le billet vert. De nombreux produis se sont inscrits en forte hausse mardi pour perdre quelques points mercredi sur des prises de bénéfices.

Cacao. Les fèves de cacao ont fortement chuté ces derniers jours, tandis que le beurre tombait à un ratio de 1,45 ce qui est faible. « Les industriels broient les fèves dont sont extraits la poudre qu’ils vendent très chère mais aussi du beurre dont ils ne savent pas quoi faire », explique un trader. « Car la poudre n’a pas de substitut tandis qu’on peut utiliser de nombreuses matières grasses végétales à la place du beurre de cacao. »
Un marché international du cacao qui attendait, ce jeudi, l’annonce par les autorités ivoiriennes du nouveau prix au planteur pour la campagne 2010/11 qui s’ouvre officiellement demain 1er octobre. Un démarrage de campagne sous le sceau du politique, les élections devant théoriquement avoir lieu à la fin du mois. La tentation risque d’être grande pour les autorités au pouvoir de flatter l’électorat des planteurs avec un prix élevé. Un dossier cacao qui semble être le dernier point à trancher dans les pourparlers avec les bailleurs de fonds, notamment le Fonds monétaire international (FMI), avant de parvenir à un accord financier. Au-delà du contexte ivoirien, un prix élevé au planteur pour la campagne prochaine risque de semer le trouble sur un marché international déjà bien chahuté, estime-t-on. Les bonnes conditions climatiques et donc les bonnes perspectives de récolte (on attend 1,2 à 1,3 Mt en Côte d’’Ivoire sur 2010/11) ont déjà fait chuter le marché de quelque £ 640 la tonne depuis le squeeze de juillet. On devrait regagner £ 80, selon un trader.
Pour sa part, le Ghana a exporté 632 024 t, selon le Cocobod, soit 10% de mois qu’anticipé du fait de fèves passées frauduleusement en Côte d’Ivoire et au Togo où les prix payés au planteur ont été plus élevés cette dernière campagne. Fort de ces enseignements, le Cocobod a annoncé mardi que le prix garanti au planteur était relevé du tiers pour la campagne qui s’ouvre le 1er octobre, à 3 200 cedis ($2,238) la tonne contre 2,400 cedis sur 2009/10, a annoncé le ministre des Finances Kwabena Duffuor.
Le Cameroun, quant à lui, a exporté 11 758 t de cacao durant les cinq premières semaines de sa campagne 2010/11. A noter qu’en Asie, l’Indonésie déclare avoir exporté davantage qu’anticipé sur la campagne 2009/10 qui s‘est achevé ce mois ci, à 535 000 t.

Café. Après sa belle envolée mardi, le café est retombé, soulignant la volatilité de ce marché. Les récentes pluies au Brésil devraient améliorer les perspectives de récolte 2011/12.

Caoutchouc. Après avoir atteint lundi un plus haut en cinq mois, le caoutchouc naturel sur le Tokyo Commodity Exchange a glissé sur des prises de bénéfices mais s’est ensuite ressaisi. Des prix soutenus qui sont de bon augure pour les acteurs de la filière. L’ivoirien SAPH voit sa production de caoutchouc naturel augmenter de 8% en 2011, à 100 000-105 000 t, contre 100 000 t en 2010 et 97 000 t l’année dernière, grâce à des superficies accrues.

Céréales. Le marché à terme du blé européen a été chahuté cette semaine en raison de ventes techniques liées à l’exercice d’options, la poursuite du repli des cours à Chicago et la fermeté de l’euro pénalisante à l’exportation, selon des traders. Le mouvement aurait été conforté par des ordres de ventes stop après la cassure du support psychologique de 220 euros/tonne.
Les derniers chiffres de récolte céréalière en Algérie pour cette année viennent de tomber, dans la ligne des prévisions, à 4,56 millions de tonnes (Mt) dont 2,04 Mt de blé dur, 920 000 t de blé tendre, 1,5 Mt d’orge et 100 000 t d’avoine. Du fait de conditions météorologiques peu favorables, le cinquième importateur mondial est loin de son record de 6,1 Mt atteint l’année dernière. A noter que pour la première fois cette année, l’Algérie devrait planter du maïs afin de réduire ses importations.

Coton. Alors que le coton se tisse une toile au zénith, au plus haut depuis 15 ans, se maintenant au dessus des 100 cents la livre, le marché retient sa respiration depuis que l’Inde a annoncé revenir à l’exportation mais seulement à partir du 1er novembre. De son côté, les prix sont en baisse en Chine. La semaine a également enregistré des prises de bénéfices, ce trimestre clôturant une période de très forte hausse, de près de 40%, qui a démarré en juillet. Le marché est d’autant plus sur le qui-vive qu’il s’attend à tout de la part de l’Inde qui est réputé pour ses retournements de positions quant il s’agit de ses exportations de coton.

Huile de palme. En Malaisie, l’huile de palme s’est encore bien tenue cette semaine, ce qui devrait lui permettre de terminer le trimestre en beauté ; ce sera sa première hausse sur trois mois consécutifs, de l’ordre de 15%, depuis un an. En effet, le redressement économique dans de nombreux pays attise la demande tandis qu’une météorologie capricieuse rend aléatoire le niveau des prochaines récoltes. Le marché est donc demeuré sourd aux annonces de la Chine qui s’apprêterait à vendre de ses stocks et des Etats-Unis qui enregistreraient des rendements élevés lors de sa prochaine récolte.

Sucre. L’échéance octobre sur le marché du sucre roux à New York expire demain, suscitant une grande fébrilité qui l’a entraîné à son plus haut en 7 mois. Une bonne nouvelle haussière pourrait faire grimper le cours au dessus des 30,4 cents la livre atteints en février dernier, son cours le plus élevé depuis 29 ans. Les broyages de cane au Brésil sur la campagne 2010/1 ont été revus à la baisse suite à la sécheresse qui a réduit les rendements.
En revanche, le prix du sucre blanc, coté à Londres, a baissé, réduisant ainsi l’écart entre les deux marchés. Ceci témoignerait, selon certains, d’une baisse de la demande consécutive à l’envolée ces derniers mois des prix.

Thé. Belle poussée des prix du thé aux ventes aux enchères de Mombassa mardi dernier : le prix moyen a été de $ 3,89 le kilo contre $ 3,71 la semaine précédente. Les Best Broken Pekoe Ones (BP1s) ont atteint $ 3,52-$ 4,25 le kilo contre $ 3,40-$ 4,02, selon l’Africa Tea Brokers (ATB). Les Top Pekoe Fanning Ones (PF1s) se sont vendus à $ 3,39-$ 3,90 le kilo contre $ 3,26-$ 3,76 lors de la précédente vente.
A noter que des volumes en hausse, à 7 500 t contre 7 000 t en 2009, laissent espérer aux autorités burundaises une progression de 50% de leurs revenus émanant du thé cette année, à $ 24 millions. A noter que le pays exporte 80% de son thé via les ventes aux enchères hebdomadaires de Mombassa, au Kenya.

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