04 février 2009 - 11:36 |

Au Liberia, l'identification de la chenille suscite l'espoir

Il ne s’agirait pas de la chenille légionnaire mais de l’espèce achaea catocaloides rena, plus facile à combattre

(04/02/09)

Selon les résultats d’une mission FAO-experts internationaux effectuée au Liberia et menée en coopération avec le gouvernement de ce pays, la menace potentielle de l’actuelle invasion de chenilles ou d’une nouvelle infestation semble devoir être circonscrite plus facilement qu’on ne le pensait il y a quelques jours, selon un communiqué de la FAO publié ce matin.
L’équipe d’experts a parcouru trois jours durant, la semaine dernière, sept régions du Liberia. Elle a pu établir que les chenilles en question ne sont pas du type légionnaire, comme on l’avait cru un moment, mais de Achaea catocaloides rena (f.) Berio (Noctuidae, Catocalinae). Il s’agit de larves d’une autre espèce d’insectes qui se différencie de la chenille légionnaire par le fait qu’elle se métamorphose en chrysalide dans des cocons à même le sol cachés par le tapis de feuilles mortes tombées des arbres. Cela signifie qu’il est plus aisé de les éliminer et limiter ainsi le risque de nouvelles infestations. La chenille légionnaire, elle, se retranche dans le sol à 4-5 cm de profondeur, et il est donc plus difficile de l’éliminer. Lorsqu’elle émerge de son cocon sous forme de chrysalide, elle peut parcourir jusqu’à 1 000 kilomètres et pondre plus d’un millier d’œufs après l’accouplement.

Le spectre d’une catastrophe
Ces caractéristiques avaient laissé craindre le pire, souligne la FAO,notamment en cas d’infestation secondaire qui aurait pu succéder à la première invasion qui avait touché près d’un demi million de personnes et incité le gouvernement à proclamer l’état d’urgence la semaine dernière.
La mission d’experts s’est rendu compte que les paysans détruisaient les cocons avec leurs pieds quand ils ne les rassemblaient pas en tas pour les brûler. Cette méthode n’est évidemment pas la meilleure pour prévenir la propagation des chenilles à différentes espèces végétales, notamment les cultures vivrières, souligen le communiqué.
Des spécimens de larves, de chrysalides et d’adultes ont été collectés pour les besoins de l’identification. Des photos numériques de ces insectes ont été envoyées par courrier électronique à des laboratoires spécialisés au Royaume Uni, au Commonwealth Agricultural Bureaux International (CABI) et au Centre de biodiversité de l’Institut international d’agriculture tropicale (Bénin) qui a identifié le nuisible comme étant Achaea catocaloides rena (f.) Berio (Noctuidae, Catocalinae).
La mission composée de quatre hommes (des experts du Ghana, de la Sierra Leone et deux entomologistes locaux) a confirmé que les chenilles avaient bien pollué les points d’eau et provoqué des dégâts aux cultures notamment de café, de cacao, de banane plantain et à la flore sauvage. De fortes concentrations de populations adultes avaient également contaminé l’environnement avec leurs squames poudreuses qui provoquent, en outre, des allergies.
Les cultures vivrières épargnées

Fort heureusement, les cultures vivrières (notamment maïs, riz, sorgho et millet), qui sont rares en cette période sèche, n’ont pas été attaquées. Les chenilles, selon les experts, se seraient tournées vers d’autres sources d’alimentation après avoir ravagé les feuilles des arbres Dahoma où elles se nichent habituellement, conclut le communiqué.
D’autres sources, on constate que les chenilles ont déjà envahi la Guinée et on craint pour le Sierra Leone mais aussi les cacaoyers de Côte d’Ivoire ! Effectivement, la zone cacaoyère ivoirienne est en grande partie située à l’ouest du pays, proche de la frontière du Liberia. A ce jour, il n’y aurait pas de trace de la chenille trouvée en Côte d’Ivoire : une équipe d’experts sillonne les plantations actuellement.
Une crainte qui vient, bien entendu, alimenter la pression sur le marché mondial du cacao qui est déjà au plus haut depuis 5 mois en raison d’un déficit de production, esssentiellement en Côte d’Ivoire…

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