Accroître la compétitivité des filières banane et sucre en Côte d'Ivoire

 

 

60 ans de coopération agricole entre l'Union européenne et la Côte d'Ivoire

Un nouvel environnement commercial a fortement perturbé les filières banane et sucre en Afrique et les a contraintes à accroître leur compétitivité. Elles y ont été aidées par l’Union européenne. Pour la Côte d’Ivoire, c’est davantage la banane que le sucre.

La « guerre » de la banane éclate en 1993 lorsque l’Union européenne (UE) intègre le grand marché unique européen, met en place Organisation Commune du Marché de la Banane (OMCB) et accorde un régime douanier préférentiel aux pays Afrique-Caraïbes- Pacifique (ACP). Les bananes des ACP sont alors exportées sur le marché européen sans droits de douane contrairement à leurs concurrentes, les bananes « dollar », en provenance des pays d’Amérique Latine. Démarre alors l’un des plus long conflit commercial de l’histoire récente entre l’Union Européenne et les pays d’Amérique latine, soutenus par les Etats-Unis. Il prend fin en 2009 avec un accord signé entre les parties à l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Accord qui va bouleverser l’accès des pays ACP au marché européen, premier marché mondial en progression continue et qui absorbe la majorité des bananes ivoiriennes. 

En effet, progressivement les pays ACP vont perdre leur avantage préférentiel en Europe avec la baisse graduelle des droits de douanes imposés à la banane dollar. Ainsi, les bananes des pays d’Amérique centrale et latine, déjà majoritaires en Europe, vont gagner des parts de marché à la faveur de prix très compétitifs liés à la taille de leurs exploitations et à une forte productivité. 

Consciente de l’impact de ces évolutions sur les filières banane des pays ACP, l’UE les a accompagnées à travers les Mesures d’accompagnement de la banane (MAB), mises en œuvre à partir de 2013, dotées pour la Côte d’Ivoire d’environ €45 millions sur 7 ans et demie. Un appui qui s’est articulé autour de l’accroissement de la compétitivité, notamment par le renforcement de l’appareil de production,  mais aussi l’amélioration des conditions de vie des travailleurs et la diversification des débouchés. Il a globalement porté ses fruits. 

Mais les défis demeurent encore nombreux pour la banane africaine. Si la bataille des tarifs est perdue, amplifiée par la chute des prix sur le marché européen, d’autres volets peuvent permettre à la banane africaine, en particulier ivoirienne, de tirer son épingle du jeu. Cela passera par la conception d’une filière plus durable et plus verte avec la mise en avant des labels Bio et Fairtrade ainsi que  la certification  de management de la qualité et de l’environnement  (ISO 14000 et 9000), mais aussi le développement des marchés intérieurs et régionaux et la création de valeur ajoutée en transformant une partie de la production en farine ou jus.

Cette filière doit être également soutenue au niveau national par une fiscalité adaptée à sa compétitivité.

Le sucre moins impacté

Pour le sucre, la fin du protocole sucre et  les réformes successives du régime sucrier ont eu également des répercutions sur les pays ACP, l’Europe étant leur plus grand marché d’exportation. 

La Côte d’Ivoire n’exporte pas de sucre mais a bénéficié depuis 2007 d’un appui de l’UE qui s’est élevé à environ FCFA 20 milliards pour accroître la compétitivité des quatre complexes sucriers, qui sont des bassins d’emplois importants, et qui doivent faire face  à des importations de sucre à bas prix des grands pays producteurs. Aujourd’hui, la production de sucre couvre environ 80% des besoins nationaux. Mais dans le cadre de contrats plan avec l’Etat, les deux industriels, la Sifca et la Somdiaa, se sont engagés à investir pour accroitre la production et parvenir à l’autosuffisance du pays en sucre en 2025.

Outre l’amélioration de la compétitivité, le soutien européen s’est articulé autour de la gestion environnementale de l’industrie sucrière via notamment la gestion et le traitement des eaux de process, l’appui aux plantations villageoises pour pérenniser la canne villageoise et mieux organiser les producteurs mais aussi aux riverains des complexes sucriers dans leurs conditions de travail et de vie ainsi que le renforcement institutionnel.

 

La filière banane en Côte d’Ivoire

  • Premier exportateur africain en Europe avec 432 mille tonnes exportées en 2020
  • Production 445 450 000 tonnes en  2019
  • La filière banane représente 8% du Pib agricole ; 5,4% du Pib national ; 4,5% de parts du marché européen, soir l’équivalent de 432 mille tonnes.
  • Le secteur génère 15 mille emplois directs et 35 mille emplois indirects, pour un chiffre d’affaires de FCFA 145 milliards. Le marché sous régional absorbe 67 mille tonnes.
  • Environ 7000 hectares situés dans la région sud-est du pays près d’Abidjan avec des facilités portuaires, notamment un terminal fruitier

 

Pays: 
Filières: 
Secteurs: 
Matières premières: 
Non
Énergies renouvelables: 
Non

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