04 septembre 2009 - 00:00 |

La Chronique Matières du jeudi

Le sucre et le thé redescendent de leur sommet mais restent ferment

(03/09/09)

CACAO Les cours du cacao ont démarré la semaine en baisse pour se reprendre mais avec une note irrégulière.
Au Ghana, le Cocobod compte acheter 670 000 tonnes de cacao pour la campagne 2009/10, au-dessus de l’objectif de 650 000 t. Pour la campagne 2008/09, les achats déclarés par les acheteurs dépassent déjà les 650 000 tonnes, indiquant que l’on pourrait atteindre pour la campagne en cours, qui devrait se clôturer fin septembre, près de 700 000 tonnes. Le directeur général du Cocobod, Tony Fofie, précise que les achats cumulés atteignent 666 000 t entre septembre 2008 et fin août 2009, dont 634 256 t de récolte principale.
A la fin du mois à Paris, le Ghana devrait emprunter $1,2 million (contre $1 million pour la campagne 2008/09) sous forme d’un prêt syndiqué auprès d’institutions financières internationales pour financer la campagne 2009/10.
La Côte d’Ivoire devrait réduire la fiscalité sur le cacao pour cette campagne selon une source proche du dossier et recueillie par Reuters. le Droit unique de sortie (DTS) serait réduit de 10% à FCFA 200 le kilo et la taxe d’enregistrement passerait de 10% à 5%.
L’Indonésie veut relancer sa production de cacao. Le gouvernement devrait investir en septembre $ 350 millions pour remplacer et régénérer une partie de son verger. L’objectif est de relancer la production pour la porter à 600 000 tonnes. La dernière prévision de l’ICCO pour la campagne en cours est de 490 000 tonnes.

COTON Les cours du coton ont accru leur avance jeudi par rapport à la séance précédente après des chiffres d’exportation hebdomadaire nettement supérieurs aux attentes. Le contrat décembre a fini à 59,24 cents la livre ; Mars a gagné 0,38 cent à 61,67 cents . Les ventes à l’exportation des Etats-Unis ont fait un bond de 31% à 305 500 balles au 27 août, contre 225 000 initialement annoncé. Ce sont les ventes à la Chine qui ont enregistré la plus forte hausse avec 88 500 balles, suivie la Turquie avec 7 100, du Mexique avec 53 000 et le Bangladesh avec 22 000 balles.
L’évolution des cours dans la semaine a plutôt été erratique mais limitée et dans une direction indéterminée.
L’Organe de règlement des différends (ORD) de l’Organisation mondiale du Commerce (OMC) a rendu sa décision d’arbitre le 31 août en permettant au Brésil de prendre des sanctions à l’encontre des Etats-Unis. Les subventions américaines aux producteurs de coton avaient été condamnées en appel par l’OMC en juin 2008. Les Etats-Unis n’ayant pas mis leur législation en conformité avec les règles de l’OMC a été ouverte une demande de compensation. C’est la fin d’un long processus engagé en septembre 2002 mais les négociations vont se poursuivre entre les deux parties. Sur les montants des sanctions, les Américains avancent le chiffre d’environ $ 300 millions, tandis que le Brésil table sur $800 millions.

HUILE DE PALME Les cours de l’huile de palme ont perdu le 2 septembre 3,6% à 2 220 ringgits ($627,1) la tonne, son plus bas niveau depuis cinq semaines dans le prolongement des perspectives d’offres plus élevés d’huile de soja en raison des conditions météorologiques favorables aux Etats-Unis. Globalement, les perspectives de l’offre mondiale d’huile végétale sont meilleures. Les traders sont aussi sceptiques sur la demande durant la saison des festivals en Asie. Le rapport des sociétés Intertek Testing Services et SGS montrent que les exportations se sont situées à 1,35 Mt en août contre 1,4 Mt en juillet. «La question est de voir si les exportations en septembre continuent leur élan baissier» estime un trader.

SUCRE Après des sommets atteints de 28,5 ans le 1er septembre à 24,85 cents, les cours du sucre ont subi une correction technique le lendemain perdant 2,3% ) 23,68 cents la livre. La hausse depuis le début de l’année, où les prix ont doublé, a été portée par l’appétit féroce de l’Inde, consécutif à la faiblesse de la production domestique ainsi qu’à une médiocre mousson. Une correction technique mais aussi la prévision que les acheteurs en Inde vont opérer une pause. Les importateurs de sucre en Inde ont arrêté la signature de nouveaux contrats en raison des prix élevés du sucre mais aussi des limites gouvernementales strictes sur les stocks. L’Inde devrait néanmoins revenir aux achats car la demande est robuste. Selon un courtier européen, l’Inde aurait acheté près d’un million de tonnes de sucre ces trois dernières semaines. Selon Lindsay Jolly, économiste senior à l’Organisation internationale du sucre (ISO), les prix du sucre devraient augmenter dans les six prochains mois et pourraient potentiellement tester les 28-30 cents la livre. « Les fondamentaux portent le marché et vont probablement continuer à le diriger vers la hausse » souligne Pierre Sebag de Sugar K Ltd.
Dans son dernier rapport, l’ISO projette un déficit de 8,4 millions de tonnes en 2009/10, en forte hausse par rapport à la précédente prévision d’un déficit de 4,5 à 5 Mt. La production s’établirait en 2009/10 à 159 Mt contre 154,2 Mt en 2008/09 mais demeure insuffisante pour une consommation estimée à 167,4 Mt en 2009/10. Les stocke à la fin de 2009/10 devraient chuter à 53,2 Mt contre 61,7 Mt en 2008/09, portant le ratio stocks/consommation à 31,8%, soit son plus bas niveau depuis 20 ans.

THE Les prix du thé au Kenya sont descendus de leur plus haut atteint la semaine dernière. Ils avaient atteint des records sur le marché aux enchères à Mombasa avec la sécheresse qui touche le Kenya et fait craindre une baisse de la production du premier exportateur mondial. Les prix du BP1 ont chuté à $3,99-3,85 le kilo contre $4,10-$3,84 la semaine dernière tandis que le PF1s s’échangeait à $3,65-$3,50 contre $3,70-$3,45 auparavant selon l’Africa Tea Brockers (ATB). Le marché demeure ferme. ATB indique que la demande est soutenue mais irrégulière pour les 5,2 millions de kilos mis sur le marché. Cependant, plus de 15% n’ont pas trouvé preneur.
La semaine dernière, l’International Tea Committee estimait que les prix ne pouvaient pas monter plus haut que le niveau atteint fin août. «Si on prend en compte que la récolte du Nord de l’Inde devrait être plus importante au second semestre de l’année et peut-être qu’ une certaine panique des acheteurs avant le Ramadan est passée… il est très difficile d’envisager que les prix puissent encore s’apprécier» souligne Manuja Peris. Mais cependant la volatilité devrait demeurer ajoute-t-il.
Selon le directeur du Tea Board of Kenya, Sicily Kariuki, la production de thé au Kenya pourrait chuter de 20 millions de kilos cette année, par rapport à son niveau de 2008, à environ 325 millions de kilos. «Nous anticipons une hausse d’environ 10% au premier trimestre 2010» précise t’elle.

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