05 juin 2020 - 16:37 |

La Chronique matières premières agricoles au 4 juin 2020

Hier, l'euro était au plus haut en trois mois après huit séances consécutives de hausse, à $ 1,1315, après que la BCE ait annoncé augmenter de € 600 milliards, pour le porter à € 1 350 milliards, le montant du "Programme d'achats d'urgence pandémique" (PEPP). Il s'agit d'un plan d'achats de dettes sur les marchés visant à faire baisser les coûts de financement des Etats, des entreprises et des ménages. Les investisseurs, qui avaient de fortes attentes, n'ont pas été déçus. De son côté, le gouvernement allemand a annoncé que les partis membres de la coalition avaient conclu un accord sur un plan de relance de € 130 milliards qui prévoit entre autres une baisse temporaire de la TVA sur de nombreux produits.

Quant au pétrole, les cours ont terminé en baisse hier  après le report de la réunion de l'Opep+, initialement prévue ce même jour. Le marché doute de la capacité des pays producteurs à se mettre d'accord sur une prolongation des réductions de la production. Le baril de Brent a terminé à $ 39,54 et le brut américain (WTI) à $ 36,85 le baril.

 

CACAO

La fève a perdu de sa valeur entre la clôture vendredi dernier et hier soir. Sur la position juillet, la tonne de cacao est passée de $ 2 454 à $ 2 396 à New York, et de £ 1 960 à £ 1 895 à Londres.

Avec les récentes pluies, la situation dans les plantations s'améliore en Côte d'Ivoire, ce qui a pesé sur les prix alors que la demande mondiale s'est affaiblie. La semaine dernière, une pluviométrie au-dessus de la moyenne pourrait booster le perspectives sur la fin de la campagne intermédiaire qui court d'avril à septembre. En outre, si ces bonnes pluies devaient se poursuivre jusqu'à fin juillet, cela pourrait conduire à un démarrage précoce de la nouvelle campagne 2020/21 qui habituellement est au 1er octobre.  Selon des données collectées par Reuters, à Daloa, dans la ceinture cacaoyère, il a plu 48,5 mm la semaine dernière contre 22,4 mm en moyenne ces cinq dernières années. Un même constat a été fait dans les régions du centre, à Bongouanou et Yamoussoukro.

Les arrivages aux ports ivoiriens ont totalisé 1,851 million de tonnes (Mt) du 1er octobre au 31 mai, estiment les exportateurs, en baisse de 5,8% par rapport à la même période la campagne dernière.

Pour la première fois cette année, la province de Lampung en Indonésie a exporté du cacao. Certes, le volume est très faible, de l'ordre de 50 t, mais ce sont des fèves de belle qualité fermentées. Dans la province de Sumatra, les exportations en mai ont été de 321,3 t.

Côté entreprises, l'américain Cargill, très impliqué dans l'activité cacaoyère, a annoncé mercredi qu'ils ne publierait plus ses résultats financiers trimestriels afin de limiter les frais et de se oncentrer plutôt sur des stratégies à long terme.

CAFÉ

Le café s'est dynamisé cette semaine. La livre (lb) d'Arabica a clôturé hier soir à New York à 98,15 cents la livre (lb) contre 96,30 cents vendredi dernier  et ce, malgré un affaiblissement de la monnaie brésilienne, le real, qui habituellement conduit à davantage de volumes mis sur le marché et donc une baisse de son prix.

Quant au Robusta, la tonne à Londres est passée de $ 1 169 à $ 1 198 sur la même période. Sur les marchés des producteurs asiatiques cette semaine, les prix payés aux caféiculteurs dans les Central Highlands au Vietnam sont demeurés stables à 32 000 dongs ($ 1,38) le kilo de café. Les traders les ont commercialisés avec une prime de $ 200 la tonne de Grade 2 5% brisures et grains noirs sur l'échéance septembre cotée à Londres contre $ 200 à $ 220 la semaine dernière. En Indonésie, la prime pour le Robusta de Lampung a atteint $ 350 la tonne par rapport à l'échéance juillet à Londres contre $ 290 à $ 300 la semaine d'avant.

Une reprise salutaire des prix car avril n'a pas été bon pour l'Arabica. "Après avoir  grimpé de 25% en mars face aux craintes de ruptures d'approvisionnement d'Amérique latine, les prix de l'Arabica sont repartis à la baisse en avril", a souligné Ole Hansen, patron de la stratégie des commodités à Saxo Bank. La demande en Robusta est plus résiliente à la crise du Covid-19 que l'Arabica car davantage consommé à la maison.

Au Brésil, la récolte est légèrement en retard par rapport à la moyenne à cette période de l'année, mais de peu. Ainsi, 23% de la production 2020/21 ont déjà été récoltés au 2 juin contre 30% au même moment l'année dernière. En moyenne sur les 5 dernières années, on était à 25%. Un taux qui s'explique par l'impact du coronavirus qui est virulent au Brésil, mais aussi par l'ampleur de la production cette année. Selon Safras & Mercados, la production brésilienne cette campagne 2020/21 atteindrait 68,1 millions de sacs de 60 kg (Ms).

En Colombie, la production de café lavé a augmenté de 6% en mai par rapport à mai 2019, à 1,19 Ms. Toutefois, les exportations ont baissé de 15% à 871 000 sacs.

Les exportations au Honduras ont chuté de 20,9%, à 729 957 sacs, en mai par rapport à un an auparavant après que les producteurs aient réagi à la faiblesse des cours mondiaux en réduisant leur production mais aussi à cause de la sécheresse. Le Honduras s'attend à ce que les ventes à l'international régressent de 4,3% en volume sur l'ensemble de la campagne. Au Costa Rica, les exportations d'Arabica ont chuté de 13% au mois de mai et ont glissé de 3,5% sur les huit premiers mois de la campagne 2019/20.

En Indonésie, producteur de Robusta, les exportations de Sumatra ont décliné de 9% en mai, à 7 966 t, selon les statistiques officielles locales.

Côté entreprises, le néerlandais JDE Peet a levé € 2,5 milliards en offre publique de 71,4 millions d'actions à € 31,50 l'action. De son côté, le serbe Bambi Success (filiale 100% d'Agrofood International détenu à 100% par le bulgare Agri Kommoditu)  envisage d'investir € 2,9 millions dans la construction d'une usine de café à Pozarevac, à l'est du pays. Aux Etats-Unis, SCB Global Java a acheté White Tale Coffee qui est un producteur et un détaillant  en ligne.

CAOUTCHOUC

Le marché du caoutchouc a été dopé cette semaine par la confiance croissante des investisseurs sur une reprise de l’activité économique après la pandémie du Covid-19, tandis qu’un œil attentif est toujours présent sur la dégradation des relations sino-américaines. Après trois jours consécutifs de hausse, les cours du caoutchouc sur le Tokyo Commodity Exchange (Tocom) se contractés suivant le marché de Shanghai mais finissent la période sous revue en hausse à 154,4 yens ($1,412) le kilo hier à la clôture contre 153,5 yens vendredi dernier. Même évolution sur le marché de Shanghai, les cours passant de 10 165 yuans à 10 280 yuans ($1450,15) la tonne hier.

L’Association des producteurs de caoutchouc naturel (ANRPC) constate dans son rapport sur le mois de mai que les prix du caoutchouc naturel ont commencé à remonter depuis la dernière semaine d’avril tirés par le sentiment positif généré par l'assouplissement des mesures de confinement suite au Covid-19, la réouverture des activités économiques à travers les pays, l’évolution positive du marché du pétrole brut et la contraction substantielle de la production mondiale de caoutchouc naturel. La reprise devrait se poursuivre, bien qu'à un rythme lent. L’ANRPC a à nouveau revu à la baisse  les perspectives de la production mondiale de caoutchouc, estimant qu’elle chuterait de 4,7% pour atteindre 13,130 millions de tonne (Mt) en 2020. L’association considère que la production en Indonésie baissera de 12,6% à 2,9 Mt tandis que pour le premier producteur mondial, la Thaïlande, elle se contracterait de 0,9%.

La consommation mondiale de caoutchouc a été aussi révisée à la baisse à 12,904 Mt sur 2020, en diminution de 6% par rapport à 2019. Les importations de caoutchouc naturel par la Chine, le premier consommateur mondial, pourraient chuter de 5,1% par rapport à 2019 pour atteindre 4,8 Mt, tandis que la demande du deuxième consommateur mondial et  également un grand producteur de caoutchouc, l’Inde, devrait plonger de 21,3%, en partie à cause de l’arrêt de son industrie automobile pendant la pandémie indique l’ANRPC.

La Malaisie estime que la pénurie mondiale de gants médicaux due à une forte augmentation de la demande due aux coronavirus se poursuivra l'année prochaine. La consommation mondiale d'équipements de protection individuelle devrait augmenter de plus de 11% pour atteindre 330 milliards de pièces cette année, dont les deux tiers devraient être fournis par la Malaisie, a annoncé son association des fabricants de gants en caoutchouc (Margma). "Il est rappelé aux acheteurs que si le prix des gants a grimpé en flèche et que la demande est écrasante, l'offre de l'industrie est entièrement réservée jusqu'au début de l'année prochaine", a déclaré le président de Margma, Denis Low, dans un communiqué.

Le marché mondial des gants jetables était évalué à $7,6 milliards l'an dernier et devrait atteindre $11,8 milliards d'ici 2025, selon VynZ Research. Les économies développées, qui ne comptent qu'un cinquième de la population mondiale, représentent près de 70% de la demande de gants en raison de leurs normes médicales strictes.

COTON

Dans un marché quasi arrêté avec une demande à l’exportation très faible, les cours du coton se maintiennent à un niveau élevé et ont franchi le niveau des 60 cents cette semaine. Il faut remonter à mi-mars pour avoir un tel niveau. De 57,59 cents la livre vendredi dernier les cours ont clôturé hier à 60 cents la livre à New-York. Et pourtant, le regain de tensions entre la Chine et les Etats-Unis n’est pourtant pas de bon augure pour le marché du coton. Si pour l’instant Pékin semble s’être fixé sur l’arrêt des achats de soja et de porc aux Etats-Unis, des craintes existent pour que le coton s’ajoute à la liste. Or, les achats de coton américain par la Chine ont soutenu le marché de New York. Néanmoins, le dernier rapport du département américain sur les ventes à l’exportation montre une nette baisse du volume expédié mais aussi des annulations importantes. Selon un négociant, plusieurs milliers de tonnes de coton de la Chine  fin 2019 ont déjà fait défaut. Et d’autres pays pourraient suivre en particulier en Asie.  Le coton américain est aussi fortement concurrencé par le coton brésilien mais aussi indien, beaucoup moins cher.

Dans son dernier rapport, le Comité consultatif international du coton (ICAC) considère que les stocks de clôture en 2019/20 devraient atteindre leurs niveaux les plus élevés de ces cinq dernières campagnes à 21,75 millions de tonnes (Mt), soit près d’une année de consommation. La chute de la consommation – estimée à 11,3% par rapport 2018/19-  suite aux mesures de confinement prises pour contrer la pandémie du Covid-19 explique ce gonflement des stocks. Les baisses de consommation sont perceptibles dans le monde entier mais concentrées sur l’Asie et l’Asie du Sud avec des reculs de 12% en Chine et en Inde, 8% au Vietnam mais 25% au Bangladesh, pays friand de la fibre africaine mais aussi de 11% du Brésil et 8% en Turquie, etc. L’ICAC se montre guère optimise pour 2020/21 tablant sur une  reprise modeste et soulignant que pour revenir au niveau de consommation de 2018/19, il faudrait que la croissance de la consommation soit supérieure à 12%.  Or,  il anticipe une croissance de 3%. Ainsi, les prix du coton devraient demeurer sous pression. La moyenne de campagne de l’Indice A pour 2019/20 a été révisée à 71,8 cents la livre et pour 2020/21 elle est projetée à 58,8 cents.

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Le Mali a produit 700 000 tonnes de coton au cours de la campagne 2019/2020, soit environ 6,6% de plus qu’en 2019/20. La Compagnie malienne pour le développement textile (CMDT) s’est fixée pour objectif de produire 820 000 tonnes en 2020/21, selon une déclaration de son directeur général Baba Berthe.

Au Burkina Faso, le prix au producteur de coton a été fixé à FCFA 240 le kilo, y compris une subvention de l’Etat de FCFA 10, pour la campagne 2020/21, en recul de FCFA 25 par rapport à la campagne précédente. En revanche, les prix de cession des engrais et intrants ont été maintenus au même niveau qu’en 2019/20 (Lire : Le prix au producteur de coton fixé à FCFA 240 le kilo au Burkina).

En Inde, le gouvernement a relevé le prix d'achat du coton à fibres longues à 5 825 roupies ($77,1897) pour 100 kg contre 5 550 roupies par rapport à l'année précédente.

HUILE DE PALME

Le marché de l’huile de palme a terminé la semaine en hausse avec une clôture hier à 2326 ringgits ($543,84) sur la Bursa Malaysia Derivatives Exchange contre 2295 ringgits la tonne vendredi dernier. Sur le mois de mai, les cours ont gagné près de 10%. Toutefois, les cours ont évolué en dents de scie sur la semaine. Du côté des facteurs soutenant le marché, une reprise sensible de la demande, avec une hausse des exportations de la Malaisie de 8,4% en mai à 1,226 million de tonnes (Mt), selon AmSpec Agri Malaysia. Une tendance qui devrait se poursuivre avec la reprise des achats de l’Inde (voir ci-dessous). En outre, l’Indonésie et la Malaisie ont fixé leur taxe à l’exportation de l’huile de palme brute à zéro pour le mois de juin.  

Mais la demande de la Chine à ses grandes entreprises d’Etat de suspendre les achats de soja américain dans le cadre d’une reprise des hostilités entre la Chine et les Etats-Unis au sujet de Hong Kong a pesé sur le marché. "Il est trop tôt pour dire que l'arrêt de la Chine dans les achats de soja américain bénéficierait à l'huile de palme", ​​estime un négociant basé à Kuala Lumpur. Il a précisé que la baisse des prix de l'huile de soja nuirait à la baisse des prix de l'huile de palme, tandis qu'un rétrécissement de l'écart entre les prix de l'huile de soja et de palmier pourrait entraîner une perte de part de marché du palmier. En outre, les prévisions de CGS-CIM Research anticipe que la production d’huile de palme de la Malaisie en mai progresserait de 3% par rapport à avril et que les stocks pourraient bondir de 12% en glissement mensuel à 2,28 millions de tonnes.

En Inde, les importations d’huile de palme ont chuté de 53% en mai par rapport à la même période en 2019 pour atteindre 387 000 tonnes, selon des données provisoires publiées par la Solvent Extractors Association of India (SEA). Les importations d'huile de soja ont également baissé en mai à 187 034 (-19,38%), tandis que les importations d'huile de tournesol ont augmenté de 2% pour atteindre 133 438 tonnes. Globalement, la baisse des achats d'huile de palme, qui représentent généralement les deux tiers des importations totales, a fait chuter les importations d'huile comestible de l'Inde de 40% à 707 478 tonnes en mai, les importations les plus faibles du mois depuis 2011, selon la SEA. Les opérateurs tablent sur une reprise de la demande au mois de juin car si le confinement du pays en vigueur depuis le 25 mars a été prolongé jusqu’au 30 juin, certains restaurants, centres commerciaux et édifices religieux seront autorisés à rouvrir à partir du 8 juin. Ainsi, le directeur de la SEA, B.V. Mehta, estime que les importations d’huile végétale pourraient dépasser 900 000 tonnes en juin et 1 million de tonne (Mt) à partir de juillet. De sont côté, le président de l'Association des producteurs d'huiles végétales indiennes (IVPA), Sudhakar Desai, table sur 1,14 Mt en juin contre une moyenne mensuelle d'avril-mai de 865 000 tonnes, et entre 1,3 à 1,4 Mt par mois de juillet à septembre.

RIZ

Les prix à l'exportation du riz vietnamien ont atteint leur plus haut niveau en plus de huit ans, les commerçants ne parvenant pas à répondre à la forte demande. En Thaïlande, ils progressent aussi avec l’appréciation du bath tandis qu’ils reculent en Inde avec un ralentissement de la demande.

Au Vietnam, les prix du Viet 5% ont grimpé à un plus haut de 8 ans à $475 la tonne jeudi contre $450-$460  la semaine dernière. Les commerçants ont des difficultés à répondre à la demande croissante alors que l’offre est faible et que les fortes pluies ralentissent la récolte été-autonome dans le delta du Mékong.  "Les commerçants ont du mal à obtenir suffisamment de riz pour remplir leurs contrats signés avec des acheteurs en Malaisie et à Cuba", a déclaré notamment un négociant.

Le Vietnam s’est fixé pour objectif d'expédier 7 millions de tonnes (Mt) de riz cette année, soit plus que le volume de l'an dernier, a annoncé mardi le gouvernement. Le pays d'Asie du Sud-Est a entièrement repris ses exportations de riz en mai après avoir brièvement interdit l'expédition des céréales en mars et limité les expéditions d'avril à 500 000 tonnes. "Ce sera 400 000 à 500 000 tonnes de plus que l'an dernier", a déclaré Mai Tien Dung, chef du bureau du gouvernement. Il a précisé que le pays avait mis suffisamment de riz d côté pour son usage domestique, en stockant 270 000 tonnes de riz, dont 80 000 tonnes de paddy non décortiqué, pour assurer sa sécurité alimentaire. Sur les cinq premiers mois de cette année, les exportations de riz ont augmenté de 3,7% par rapport à l'année précédente pour atteindre 2,86 Mt, selon les données douanières du gouvernement.

En Inde, les prix du riz étuvé 5%  sont tombés à $368- $373 la tonne, contre $370-$ 375 la semaine dernière. Les importateurs en Afrique et en Asie ont ralenti leurs achats après s’être procurés de gros volumes en mai, estime Nitin Gupta, vice-président du commerce de riz d’ Olam India.

Le gouvernement indien a augmenté de 2,9% le prix auquel il achètera les variétés de riz commun de la nouvelle saison aux agriculteurs locaux, a déclaré lundi le ministre de l'Agriculture. Pour les grades de riz courants, le gouvernement a fixé le prix de soutien à 1 868 roupies indiennes ($24,75) pour 100 kg, a déclaré Narendra Singh Tomar. Stimulés par l'augmentation du prix garanti, les agriculteurs indiens devraient planter davantage de riz en juin et juillet. En outre, il est anticipé que les pluies de mousson seraient supérieures à la moyenne cette année, ce qui  devrait également stimuler les rendements des cultures. L'augmentation de la production obligera le gouvernement à acheter davantage aux agriculteurs locaux, augmentant ainsi l'approvisionnement local et ajoutant des stocks supplémentaires aux greniers déjà très bine remplis.

En Thaïlande, les prix du Thaï 5% ont augmenté à $490-$ 512  la tonne contre $489- $490 la semaine dernière. Une hausse attribuable à l’appréciation du bath. En outre, en dépit des récentes pluies, des inquiétudes persistent toutefois sur l'offre sur le marché intérieur du riz, ce qui contribue à maintenir les prix.

SUCRE

Le sucre roux  a terminé hier soir à 11,73 cents la livre (lb) sur la place financière de New York, parti de 10,91 cents à la clôture vendredi dernier. Un marché en net déport, la première échéance cotant quelque $ 20 de plus que la seconde, ce qui révèle une forte demande immédiate pour du sucre. De son côté, le sucre blanc s'est également très bien tenu : parti de $ 362,20 la tonne en fin de semaine dernière, il a terminé à Londres hier soir à $ 384,80.

"Personne ne s'attend à ce que les prix retrouvent leurs niveaux de la mi-février. Cependant, avec les fonds d'investissements qui sont plus actifs à l'achat, les producteurs sont sans doute impatients de voir si les prix grimperont encore davantage", a expliqué un négociant à Reuters.

Mercredi, l'annaliste et courtier new yorkais FCStone a annoncé que le marché mondial du sucre basculerait d'une situation déficitaire à un léger excédent pendant la nouvelle campagne 2020/21 qui démarrera en octobre. En effet, la ceinture sucrière du centre-sud brésilien devrait produire cette année 40% de sucre de plus que la campagne dernière, à 37,4 Mt, ce qui est un record de tous les temps (lire La récolte record du Brésil conduira à un excédent mondial de sucre en 2020/21). En effet, la faiblesse des cours du pétrole et la chute de demande en carburant en raison des mesures de confinement ont conduit les raffineries de canne à se porter sur la production de sucre au lieu d'éthanol. Quant à l'Inde, sa production devrait se redresser en 2020/21 suite à la sécheresse cette année, FCStone estimant sa production à 30,2 Mt soit 11,9% de plus que l'actuelle campagne. En revanche, la production thaïlandaise, un autre gros acteur sur la scène sucrière mondiale, devrait enregistrer une deuxième année consécutive de baisse de production, avec 7,9 Mt en 2020/21 contre 8,5 Mt cette campagne et près de 15 Mt il y a deux ans.

Face à cela, FCStone estime que la consommation ne progressera que de 0,4% en 2020/21, soit un rythme moins soutenu que les années précédentes, non seulement à cause des mesures de confinement liées au coronavirus mais aussi parce que les industries fabricant des confiseries et des sodas ont réduit la voilure face à la guerre menée contre la consommation de ce type de produits pour des raisons de santé publique.

L'Organisation internationale du sucre (OIS), pour sa part, estime que le déficit mondial cette campagne 2019/20 sera le plus élevé depuis 11 ans ; il devrait atteindre 9,3 Mt, a calculé l'Organisation. Ceci dit, cela ne tient pas compte de l'impact du coronavirus sur la demande car elle ne dispose pas encore des chiffres pays par pays ; l'OIS estime à 2,1 Mt cette baisse de consommation liée au virus et ce, jusqu'au mois de mai. Elle s'attend à des pertes encore plus importantes lorsque les chiffres nationaux seront disponibles. Rappelons que les prix mondiaux du sucre roux avaient atteint 15,90 cents/lb en février,  un plus haut en 3 ans, mais avaient depuis perdu environ 30%. L'OIS estime la production en 2019/20 à 166,8 Mt, en baisse de 4,4% sur la précédente saison, face à une demande estimée à 176,1 Mt, en hausse de 1,3% par rapport à 2018/19 mais sans tenir compte du Covid-19....

Côté Afrique, l'Egypte a annoncé hier interdire pendant 3 mois l'importation de sucre roux et blanc sauf autorisation spéciale et utilisation pharmaceutique, et ce afin de protéger l'industrie locale. En effet, le prix du sucre importé  était tombé en dessous de celui produit localement.

La Tanzanie a lancé une vaste offensive pour démasquer les traders locaux de sucre qui ont fait grimper les prix sur le marché local dernièrement. La demande nationale est de 470 000 t, selon le ministre de l'Agriculture, Japhet Hasunga, alors que la capacité installée des cinq raffineries locales était de 378 000 t en 2019.

Côté entreprises, la coopérative française Tereos a annoncé mercredi ses premiers bénéfices annuels en trois ans, avec une hausse de 52,7% de son bénéfice d'exploitation ajusté annuel à la faveur d'une solide croissance dans tous les principaux segments de son activité. Ainsi, le n°2 mondial a réalisé un bénéfice net de € 2,4 millions sur son exercice à fin mars contre une perte de € 260 millions en 2018/19. Tereos s'est déclaré confiant sur l'exercice actuel malgré la Covid. Les prix européens du sucre étaient à € 375 en avril, souligne-t-il, contre € 370 à fin mars, soutenu par l'offre déficitaire dans l'union. La crise de la Covid-19 ne devrait avoir qu'un impact limité sur ses activités car il avait déjà contracté la plupart de ses volumes d'exportation au Brésil et ses ventes en Europe. Ceci dit, l'endettement du groupe demeure élevé à € 2,56 milliards contre € 2,63 millions la campagne dernière.

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