07 février 2013 - 00:00 |

La Chronique Matières du Jeudi

Le Nouvel An Lunaire pèse sur les marchés

(07/02/2013)

Cacao. Le prix du cacao a terminé la période en baisse sur le marché de Londres, mais la tendance globale demeure très positive. L’impact d’une météo très sèche en Côte d’Ivoire continue d’inquiéter et mardi, la tonne de fèves a grimpé à son plus haut depuis la mi-novembre. En outre, le marché du cacao s’est ému du détournement ce week-end du pétrolier de la société française Sea Tankers au large d’Abidjan, même si les 17 membres d’équipage ont été libérés hier. Selon Hector Galvan, stratégiste de marché chez RJO Futures à Chicago, ”Tout élément d’instabilité dans la région est haussier.
Venant confirmer la perspective d’une campagne mondiale déficitaire, les arrivages aux ports de Côte d’Ivoire ont totalisé 854 000 t du début octobre au 2 février, contre 902 650 t sur la même période l’année dernière. De son côté, les exportations de Sulawesi, principale région de production cacaoyère en Indonésie, troisième exportateur mondial, ont chuté de 6,2% à 834 938 t en décembre, selon l’Indonesia Cocoa Association (Askindo).

Café. Après avoir atteint son plus haut en 3 mois mardi, à $ 2 088 la tonne, face à une demande forte en produit physique, les traders ont pris leurs bénéfices sur le marché du Robusta, tirant à la baisse les prix à Londres. Toutefois, sur 7 jours de marché, il a gagné 7% en valeur. Un marché relativement calme car le Vietnam commence à fêter le Nouvel an lunaire, les vacances courant du 9 au 17 février chez le premier exportateur mondial de Robusta. Une période qui fait habituellement chuter de 25 à 50% ses expéditions de café.
L’Arabica, quant à lui, est demeuré faible, ployant sous une offre abondante alors que les torréfacteurs détiennent suffisamment de marchandises en stock. En outre, de fortes pluies se sont abattues sur les régions de production au Brésil, renforçant encore les perspectives d’une récolte qui pourrait atteindre 53,2 millions de sacs de 60 kilos en 2013/14.
Sur les marchés aux enchères en Afrique cette semaine, les prix du café ont baissé en Tanzanie, en harmonie avec la tendance à New York : le prix moyen a été de $ 136,20 contre $ 139,48 la semaine précédente. Sur les 17 742 sacs offerts à la vente, 9 609 sacs on trouvé preneurs. A la vente précédente, 15 822 sacs avaient été vendus sur les 19 927 sacs proposés. Si les prix en janvier étaient plutôt fermes, les observateurs s’attendant à un mois de février plutôt maussade bien que les qualités demeurent belles, souligne le directeur général du TCB Adolph Kumburu. Rappelons que la Tanzanie qui cultive de l’Arabica et du Robusta, est le quatrième producteur africain derrière l’Ethiopie, l’Ouganda et la Côte d’Ivoire.
Sur le Nairobi Coffee Exchange, le prix du meilleur grade, le AA, est tombé à $ 330 le sac contre $ 342 la semaine dernière. A l’instar de la Tanzanie, l’activité a été maussade avec 21 600 sacs offerts et seulement 6 399 sacs trouvant preneurs.
Mardi, l’Organisation internationale du café (OIC) a légèrement révisé à la hausse ses prévisions de récolte 2012/13 à 144,5 millions de sacs contre 144,1 Ms estimés dans son rapport de janvier. Un volume en progression de 7,3% par rapport au niveau de production en 2011/12.

Caoutchouc. L’élasticité des cours du caoutchouc a été mise à rude épreuve cette semaine. Après avoir touché mardi un plus haut en 10 mois, à 337,8 yens le kilo, les prix se sont contractés aujourd’hui sur le marché de Tokyo, tombant à 333 yens, avec pour toile de fond un affaiblissement du yen et l’absence de nouvelles percutantes du marché, tant à l’offre qu’à la demande de caoutchouc.
Sur le marché du physique, cette récente hausse des prix n’a pas empêché la Chine de se porter à l’achat ces derniers jours de cargaisons de Thaïlande et d’Indonésie. Les opérateurs chinois n’ont pas voulu être pris au dépourvu alors que démarrent les festivités pour le Nouvel An lunaire. Notons que la Chine a importé 2,18 millions de tonnes de caoutchouc naturel en 2012, des volumes en hausse de 3,64% par rapport à 2011. Le pays représente 35% de la demande mondiale.

Coton. Cette semaine, la plus longue hausse des prix du coton que le marché à terme de New York n’ait enregistré depuis deux ans a montré des accents de faiblesse. Les cours ont glissé en cours de session hier avant de se ressaisir à la clôture, mars terminant à 81,72 cents sur des achats de filateurs qui ont voulu profiter du fléchissement passager des prix. En définitive, le contrat sur mars a terminé à 81,72 cents la livre, en hausse de 0,3% et renouant avec la tendance haussière de ces derrières semaines. Depuis début janvier, la fibre blanche a gagné 10,5%.
Une hausse, donc, mise à mal mardi lorsque le marché a pris connaissance de stocks certifiés qui avaient gonflé pour atteindre leur plus haut volume en 20 mois. Mais, en parallèle, le prix du coton a été soutenu par la publication d’estimations du US Congressional Budget Office : les superficies cotonnières aux Etats-Unis cette année seraient les plus faibles. En effet, les agriculteurs américains préfèrent planter des céréales plutôt que du coton et les surfaces de fibre blanche devraient être les plus basses de ces deux dernières décennies.
Ceci dit, le département américain de l’Agriculture (USDA) estime que les stocks de fin de campagne 2012/13 seront records, à 82 millions de balles, la Chine en détenant la moitié dans ses stocks stratégiques.

Huile de palme. Les opérateurs s’attendent à ce que les stocks mondiaux d’huile de palme aient baissé en janvier, ce qui a conduit les cours sur le marché à terme de Kuala Lumpur à la hausse aujourd’hui. Mais les observateurs n’en tirent aucune tendance de fond car le fort ralentissement de l’activité en raison des fêtes du Nouvel an lunaire les incite à la prudence.
Toutefois, on peut s’attendre à ce que les stocks en Malaisie aient baissé en janvier puisque sa production a fléchi par rapport au niveau record atteint en décembre. Selon une enquête de Reuters, ces stocks auraient baissé de 2,9% à 2,55 Mt en janvier par rapport à décembre.

Sucre. Pour la troisième journée consécutive de marché, le sucre roux a baissé à la bourse de New York, terminant légèrement au dessus des 18 cents la livre. Un marché qui ploie déjà sous la marchandise et qui s’attend à une troisième campagne excédentaire en 2012/13. Une bonne pluviométrie au Brésil conforte les prévisions d’une récolte record de près de 600 millions de tonnes de canne à sucre, récolte qui démarrera en mars. Nombreux sont les traders, cette semaine réunis à Dubaï pour une conférence sur le sucre, à estimer que les prix s’inscriront sur une tendance baissière cette année.
Toutefois, la décision prise la semaine dernière par le Brésil de relever à compter du 1er mai le prix du diésel et de l’essence laisse penser que les automobilistes se tourneront davantage vers l’éthanol et que davantage de sucre sera consacré à en produire.
Au plan mondial, les transactions sucrières devraient être en baisse en 2013, estime Toby Cohen, directeur de la maison de négoce Czarnikow. En 2012, ces volumes avaient atteint des niveaux records et ce contre toute attente. Une des raisons avancées est que nombre de pays ont reconstitué leurs stocks.

Thé. Le prix moyen des thés aux ventes aux enchères de Mombassa s’est inscrit à la hausse, à $ 4,36 contre $ 4,32 le kilo la semaine dernière. Selon Africa Tea Brokers (ATB), les Best Broken Pekoe Ones se sont vendues à $3,80-$4,92 le kilo contre $ 3,84-4,80 précédemment. Les Best Pekoe Fanning Ones sont partis à $3,80-$4 contre $3,52-$3,91. Au total, 134 894 paquets ont été offerts à la vente et 15,7% sont demeurés invendus. Les acheteurs les plus actifs étaient du Pakistan et du Royaume Uni, les Egyptiens étant plus en retrait.

Publicité

Votre publicité sur notre site

En savoir +