08 juin 2015 - 07:45 |

Une hausse des émissions de gaz à effet de serre favoriserait des pluies au Sahel

Alors que se tient à Bonn, en Allemagne, du 3 au 14 juin, une réunion internationale préparatoire à la conférence de Paris sur les changements climatiques prévue en décembre, une nouvelle étude vient d'être publiée démontrant que l’augmentation des émissions de gaz à effet de serre a stimulé les précipitations dans le Sahel, atténuant les effets de la sécheresse, rapporte SciDevNet.
 
L’étude, intitulée “Dominant role of greenhouse-gas forcing in the recovery of Sahel rainfall” – Le rôle prédominant des émissions de gaz à effet de serre dans le regain de précipitations au Sahel -, a été publiée dans la revue en ligne Nature Climate Change . Elle a été menée par Rowan Sutton et Buwen Dong, respectivement directeur de la Recherche en climatologie et chercheur principal au Centre national des sciences atmosphériques (NCAS), à l’université de Reading, au Royaume-Uni.
 
Les chercheurs sont partis du constat que depuis la sécheresse des années 1970 et 1980 dans le Sahel, plusieurs indicateurs météorologiques ont changé dans la région, selon SciDevNet. Les températures à la surface de la mer se sont réchauffées, en particulier dans l'Atlantique Nord et dans l'océan Indien. Parallèlement, les concentrations de gaz à effet de serre se sont accrues.
 
Les changements enregistrés entre 1964 et 1993 et entre 1996 et 2011 révèlent une augmentation de 11% des émissions de dioxide de carbone, une augmentation de 18% du volume de méthane et une augmentation de 6% du volume de protoxyde d’azote.
 
Par ailleurs, des changements importants sont intervenus dans le volume des émissions de précurseurs d'aérosols anthropiques, y compris une baisse significative des émissions de dioxyde de soufre en provenance d'Europe et d'Amérique du Nord, parallèlement à une augmentation significative des émissions en provenance d'Asie.
 
Un phénomène localisé
 
Pour comprendre l'importance relative de ces facteurs, les chercheurs ont réalisé des expériences avec la composante atmosphérique d'un modèle climatique ultra-moderne. Lorsque ces trois facteurs sont modifiés, le modèle simule une augmentation des précipitations au Sahel de 0,23 mm, semblable à la variation observée de 0,26 à 0,31 mm. Le modèle de changement, similaire aux observations effectuées, montre une anomalie consistante à travers l'Afrique du Nord, dans la région de la zone de convergence intertropicale (ZCIT). Le réchauffement par effet de serre conduit l'air à contenir plus d'humidité, apportant davantage de pluies et provoquant le déplacement des vents, toutes choses susceptibles d'influencer la mousson.

Selon les chercheurs, les modèles de projection montrent qu’une hausse continue des émissions de gaz à effet de serre "est favorable pour le maintien et, potentiellement, l’amplification du niveau actuel des précipitations au Sahel."
 
Toutefois, ils estiment que les augmentations de niveau de précipitations observées relèvent avant tout d’un phénomène localisé et précisent que d’autres régions du continent sont confrontées à des problèmes variés résultant du réchauffement climatique, qu’il s’agisse de la désertification, des inondations ou de la montée du niveau de la mer.
 

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