09 janvier 2009 - 00:00 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

La révision des indices matières influent les marchés

(09/01/09)

Les matières premières commencent plutôt bien l’année avec des hausses enregistrées sur plusieurs produits agricoles, dans le sillage de la fermeté du pétrole et de certains métaux. Une fermeté liée à des facteurs monétaires mais aussi à la révision aujourd’hui des pondérations au sein des indices de matières premières (voir nos autres nouvelles). Le Dow Jones AIG-Commodity, le plus important indice de matières premières, est ainsi revisité une fois par an. Ceci est d’une importance capitale depuis que les investisseurs institutionnels s’intéressent aux matières comme actifs financiers.
D’autre part, les matières pourraient offrir de bonnes opportunités d’achat car les cours ont fortement chuté au dernier semestre et les marchés financiers ne sont guère attirants. Enfin, l’année s’ouvre sur des fondamentaux plutôt bons s’agissant des matières premières car l’offre a beaucoup baissé ou devrait beaucoup baisser cette année dans de nombreuses filières.
Toutefois, une fois de plus la prudence est de mise car les perspectives ne sont guère lisibles et les acteurs ont été fragilisés. Cette semaine encore, un important torréfacteur en Espagne a dû cesser son activité. Le nombre d’intervenants sur les marchés se contractent comme peau de chagrin.

Café. Le marché du café démarre plutôt fermement l’année avec une relativement bonne activité. En effet, face à la baisse des cours au dernier trimestre, l’industrie avait différé ses achats ; certains contrats jusqu’à fin juin ne seraient donc pas couverts. On peut ainsi penser que l’activité pourrait être relativement bonne sur ce mois de janvier.
En outre, le marché du Robusta est dominé par le squeeze de janvier qui attire les cafés sur le marché à terme, avec $ 300 d’écart pour la livraison janvier par rapport à la livraison février. Le marché de l’Arabica est toujours dominé par les problèmes d’Arabica centraux. Toutefois, à l’exception du début de l’année, lorsque les fonds sont intervenus sur New York, les volumes échangés sur le terme à terme restent faibles.
En Côte d’Ivoire, le prix indicatif bord champ pour 2009 (du 1er janvier au 31 décembre 2009) est maintenu à FCFA 525 le kilo est maintenu pour la campagne 2009. Pourtant, a souligné le président du comité de gestion de la filière café-cacao, Ano N’guessan, la conjoncture internationale est défavorable, avec une augmentation du volume de production mondiale, des stocks report déclarés par les pays exportateurs, la chute du dollar et de la livre sterling et la crise financière mondiale. Rappelons que la production caféière ivoirienne n’a été que de 80 000 t en 2007/08, en très forte chute par rapport aux 300 000 t en 2000.

Cacao. Le cacao a été tiraillé cette semaine entre des chiffres témoignant, d’une part, de la baisse des exportations ivoiriennes et d’autre part de la chute de 17,2% des broyages allemands au quatrième trimestre 2008 par rapport au dernier trimestre 2007, à 87 576, selon les producteurs allemands BDSI. Sur l’ensemble de 2008, la baisse aura été de 2,9%, à 367 177 t. On attend les chiffres européens.
En Côte d’Ivoire, le prix indicatif bord champ de FCFA 700 fixé au mois d’octobre, au démarrage de la campagne 2008/09, reste de mise comme prévu jusqu’au mois de mars. Le président du comité de gestion de la filière café-cacao s’attend à une légère baisse de production par rapport à l’année dernière : la campagne intermédiaire ne devrait donner que 350 000 t, ce qui permettrait d’approcher mais sans atteindre les 900 000 t de la campagne dernière.
Les arrivages aux ports d’Abidjan et de San, Pedro ont chuté à 414 779 t au 14 décembre depuis le début de la campagne, contre 650 429 t sur la même période la campagne précédente. Entre le 8 et le 14 décembre, les arrivages n‘ont été que de 56 595 t contre 71 110 t la même semaine l’année précédente.

Caoutchouc. Les contrats à terme du caoutchouc ont progressé de 4,6% à Tokyo vendredi, dans le sillage des cours du pétrole, malgré des prises de bénéfice.
Toutefois, le caoutchouc reste sensible à la dégradation de la situation économique générale. Dans les entrepôts privés japonais, les stocks de caoutchouc étaient en hausse de 3,1% à 9 066 t au 31 décembre par rapport au 20 décembre, selon l’association japonaise de commercialisation du caoutchouc. Mais les stocks de la Bourse de Shanghai ont baissé de 7% par rapport à la fin de l’année dernière. Ils sont passés de 69.340 tonnes au 30 décembre à 64.165.
Dans le cadre de sa stratégie économique face à la crise, la Chine devrait acheter après son Nouvel An, fin janvier, 50 000 t de caoutchouc naturel afin de les stocker. Cette décision a été prise alors que le prix chinois du caoutchouc a chuté des deux-tiers depuis l’été dernier et que l’industrie nationale du pneumatique est fortement touchée par la crise mondiale. Rappelons que la Chine est le premier consommateur mondial de caoutchouc, la moitié étant importée.

Coton. La semaine s’achève sur une remontée des cours du coton sur le marché à terme de New York, stimulé par les bons chiffres américains à l’exportation après des mois de ventes anémiques : 226 000 bales de coton auraient été vendues la première semaine de janvier contre 67 900 la précédente. Les ventes américaines les plus fortes ont été à destination de la Chine, de la Turquie, du Bangladesh, de la Thaïlande et du Pakistan.
En outre, les perspectives sont haussières car la plupart des spécialistes prévoient une chute de la production mondiale cette année, à 24,1 Mt en 2008/09 selon l’ICAC contre 26,23 Mt en 2007/08 ! Les Etats-Unis devraient planter leur plus faible surface en 140 ans, à moins de 8 millions d’acres, contre 9,4 millions en 2008 ! Troisième facteur haussier, La Nina devrait faire son apparition, selon le Centre américain de prévision météorologique dans l’Océan Pacifique. A noter que les exportations mondiales de coton devraient baisser à 6,9 Mt en 2008/09, leur plus faible niveau en 6 ans, et ceci du fait de la baisse de la demande mondiale. La demande chinoise, en particulier, se contracterait de 10%, avec des importations projetées à 1,5 Mt en 2008/09, en baisse de 1 Mt sur l’année dernière.
Selon Cliff White, responsable chez Olam Etats-Unis, les cours devraient effectivement se redresser cette année suite à cette baisse de production dans de nombreux pays. Toutefois, les sombres perspectives économiques ont incité un certain nombre de pays producteurs, comme la Chine et l’Inde, à prendre des mesures pour maintenir les prix domestiques du coton. Ainsi, souligne-t-il, plus de 20% de la production chinoise pourrait être dirigé dans les stocks nationaux d’ici le début du printemps. Pékin a déjà annoncé acheter à ses paysans 12,5 millions de bales de 480 lb et l’Inde pourrait détenir ainsi jusqu’à 7 millions de balles. L’existence de ces stocks peut bloquer toute velléité de hausse des cours, note-t-il. Rappelons que de 92 cents la livre atteint au printemps 2008, la fibre a chuté à 48 cents environ actuellement.
A noter la tenue cette semaine de la conférence annuelle cotonnière Beltwide, au cours de laquelle les responsables de Monsanto ont confirmé que 9 000 ha (sur un total de 600 000 ha dédiés au coton) au Burkina Faso avaient été mis en culture en Novembre avec des semences OGM Bollgard II.

Huile de coprah. Les Philippines, premier exportateur mondial d’huile de noix de coco, devrait accuser une baisse de 0,7% de ses exportations cette année, à 835 000 t. Un million de tonnes avait été annoncé pour 2009 en novembre dernier par l’United Coconut Associations of the Philippine (UCAP). La raison ? Une plus grande utilisation domestique de cette huile pour les producteurs de biocarburants et pour regonfler les stocks.

Riz. En décembre, la tendance baissière des cours mondiaux du riz a commencé à ralentir, explique Patricio Méndez del Villar d’Osiriz, dans son rapport mensuel de marché publié le 8 janvier et on assiste à une certaine reprise des cours. En effet, si certains grands pays importateurs asiatiques pourraient réduire en 2009 leurs achats à l’international grâce à un accroissement de leur production nationale, la demande des pays du Golfe Persique et de l’Afrique Occidentale devrait rester forte en raison des prix plus attractifs. Déjà, début janvier, la demande d’importation du Nigeria a augmenté. Dans les mois à venir, on s’attend à une relance de la consommation mondiale de riz et à un marché mondial plus tendu.
En décembre, l’indice OSIRIZ/InfoArroz (IPO) a cédé 6,1 points à 230,9 points (base 100 = janvier 2000) contre 237,0 points en novembre. Sur l’ensemble de l’année 2008, l’indice a atteint une moyenne de 294,8 points contre 151 points en 2007.

Sucre. Comme les autres matières premières, le sucre a terminé la semaine en hausse.
La production de sucre au Kenya a chuté de 19,2% au troisième trimestre, essentiellement en raison de la météorologie et des fermetures d’usine pour entretien. Ainsi sur les 9 mois, à fin septembre, le pays aura produit 376 973 t, en baisse de 2,3% par rapport à la même période l’année précédente. Notons qu’il manque 200 000 t de sucre au pays pour satisfaire sa demande. Les coûts élevés de production et le manque de crédit pour financer les intrants sont des handicaps majeurs. Notons aussi que cinq compagnies sucrières sont sur le liste des entreprises à privatiser : Chemilil, Sony, Nzoia, Miwani et Muhoroni.

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