09 mai 2008 - 15:58 |

Le Rendez-vous Matières du Jeudi

(08/05/08)

La semaine dernière, les marchés des matières s’étaient calmés avec notamment le rebond du dollar et des investisseurs moins tournés vers la spéculation. Le pétrole l’or et dans son sillage l’argent, les métaux de base mais aussi les céréales, à l’exception du maïs, ont perdu du terrain. Le 7 mai, le pétrole repartait à la hausse ainsi que les céréales, riz et soja, tandis que le café et le cacao reculaient. Selon plusieurs analystes, il est incontestable que quelques investisseurs et fonds se sont retirés des marchés des matières premières en prenant leur bénéfice.

CACAO Le marché est très volatile, il a perdu £80 en une journée la semaine dernière et à gagné £50 le 7 mai. Il est à la fois plat, souligne un coutier. Le 8 mai, tant à New York qu’à Londres, ont clôturé en hausse, le contrat juillet gagnant $27 à $ 2709 la tonne à New York et £ 17 à £1 483 la tonne à Londres.
Du côté de la Côte d’Ivoire, les arrivées aux ports de San Pedro et d’Abidjan demeurent en ce début mai au-dessus d’environ 10% par rapport à la campagne précédente à environ 1,1 million de tonnes entre le 1er octobre et le 4 mai. Mais, les exportateurs soulignent que les fèves sont petites ajoutant que les pluies ont été trop faibles pour une saine campagne intermédiaire.

CAOUTCHOUC Les cours du pétrole, à plus de $120 le baril, ont porté à la hausse les contrats à terme du caoutchouc à Tokyo. Ils ont progressé, le 7 mai, de 3% pour terminé à un pic de 9 semaines à 310 yens le kilo. Le resserrement des offres asiatiques dû à des pluies hors saison qui perturbent la récolte du latex soutient aussi les prix sur les marchés physiques. Cependant, le retour du beau temps devrait lever ce soutien.

COTON Les cours du coton ont continué leur volatilité avec des hausses et des baisses, mais ils demeurent fermes. Le marché était dans l’attente du rapport de l’USDA sur les chiffres mensuels de l’offre et de la demande et les premières estimations de la saison 2008/09 à paraître vendredi. Les cours étaient en hausse le 8 mai en clôture avec les achats des investisseurs : sur l’ICE le coton pour une livraison en juillet a pris 0,48 cent à 70,85 cents la livre ; La nouvelle récolte décembre a enregistré la même progression à 79,35 cents .
Les cours ont été dopés par des rachats de découvert et par la fermeté des autres marchés. Si le rapport de l’Usda est attendu, le marché s’intéresse aussi aux effets de la percée des cours des céréales sur les semis de cotton en Chine.

RIZ Vers une stabilisation des prix mondiaux ? Telle est la question posée dans le dernier rapport mensuel du marché du riz , Oisriz. Partricio Mendez del Vilar souligne « qu’en avril, les cours mondiaux ont poursuivi leur ascension dépassant pour les catégories de riz haut de
gamme le seuil historique des $1000 t FOB. L’offre des exportateurs reste encore faible, mais elle devrait s’améliorer avec l’arrivée progressive de la deuxième récolte asiatique entre mai et juin. Début mai, on observait déjà une relative stabilité, voire une baisse des prix à l’exportation, notamment en Thaïlande, Cette dernière tente de rassurer les importateurs qu’ils pourront acheter du riz à des prix raisonnables, tandis que d’autres pays exportateurs maintiennent les restrictions aux exportations jusqu’en juillet 2008 ».
En avril, l’indice Osiriz/InfoArroz (IPO) a fait un nouveau bond de 106 points ) à 370,6 points (basse 100= janvier 2000) contre 264,4 points en mars. Depuis le début de l’année, l’indice a progressé de 314 points. Début mai, l’indice IPO était à 450 points.
Sur le marché de Chicago, le prix du riz américain a atteint le 7 mai son maximum de hausse en une journée, suit au cyclone qui a touché Myanmar, détruisant 65% la production de riz. Le contrat de juillet a terminé à $21,60 le quintal.

SUCRE Le marché du sucre fluctue selon les soubresauts des cours du pétrole. Le 8 mai, les cours clôturaient pour le contrat de juillet à 11,46 cents la livre, en retrait de 0,27 cents
Lors du dîner annuel du Sugar Club le 7 mai, le directeur de Organisation internationale du sucre (OIS), Peter Baron, a estimé que les fondamentaux du sucre étaient clairement baissiers, mais les effets des investissements des fonds sont décisifs. «Les énormes flux de capitaux des institutions financières dans les marchés des commodités, alternatives aux secteurs affectés par la crise des subprimes, font pression sur les fondamentaux» concluant «Il est clair que les apports nets sur le marché à terme du sucre sont un élément fondamental aujourd’hui des prix mondiaux». De son côté l’économiste en chef de l’OIS, Sergey Gudoshnikov, a indiqué qu’un déficit de la production mondiale était attendu en 2008/09 mais que son impact serait limité compte tenu de des surplus massifs enregistrés ces deux dernières campagnes. Il s’établirait entre 1 et 2 millions de tonnes (Mt). En 2007/08, le marché a enregistré un surplus de 7,8 Mt. La production devrait chuter en Inde d’environ 15% en 2008/09 tandis que le Brésil devrait voir sa production de canne augmenter de 12% à environ 550 Mt. Pour ce dernier, «la question est de savoir comment se répartira ce record de canne à sucre entre la production d’éthanol et celle de sucre» ajoute S. Gudoshnikov, précisant que la part consacrée au sucre a diminué passant de 45% à 42,7%.

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